‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 140 sur 425 · MANIÈRE DE CONDUIRE UN ARBRE MAL TAILLÉ · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE CONDUIRE UN ARBRE MAL TAILLÉ

Les fautes que l’on commet en taillant les arbres leur sont très-préjudiciables et souvent sont sans remède. Il serait cà désirer que ceux qui se mêlent de tailler voulussent prendre la peine d’observer ce que la nature fait, afin de ne pas s’exposer cà la contrarier dans ses dispositions.

Lorsque les branches fortes sont laissées trop longues à l’arbre qu’on taille pour la première fois, il n’en pousse que deux autres cà leur extrémité ; si , au contraire, on les coupe plus courtes, il en sortira des branches plus nombreuses qui seront placées plus bas, et pourront garnir le pied de l’arbre s’il en est besoin. Les branches faibles, étant aussi coupées trop longues, s’en affaibliront de plus en plus; si elles en poussent d’autres à leur extrémité, cela indiquera qu’on aurait pu les couper plus courtes, et le bois qu’on y aurait attendu n’aurait pas empêché le fruit de venir au-dessous.

Sien taillant l’arbre, la seconde et la troisième année, on n’a pas laissé les branches moins longues que la première année, elles cessent d’être en proportion avec leur force. C’est ainsi que l’on voit un arbre de trois ou quatre ans s’af-

faiblir de plus en plus, et périr bientôt, sans qu’on puisse, le plus souvent, y remédier.

Il est difficile de rétablir entièrement un arbre mal taille, quand il est trop vieux. Tout ce qu’on peut faire, c est de lui couper les grosses branches aussi bas que possible, pounu qu’il y ait quelque apparence qu’il en puisse repousser d autres; c’est-à-dire qu’il doit se trouver, immédiatement au-dessous de la coupe, quelques branches plus jeunes, que, dans ce cas, l’on taillera courtes.

manière de conduire un arbre «oui pousse plus d’un côté que de L’autre.

Si un arbre en buisson pousse plus d’un côté que de l’autre, ce qui s’appelle un arbre épaulé, il faut, du côté fort, taillei les branches mères plus longues, afin quelles poussent moins, restant chargées à bois et a fruit. A l’égard du cote faible, on le taille court, afin de lui donner de la force, jusqu’à ce qu’il ait regagné l’autre. On retranche toutes les brindilles, on ne laisse que les fortes branches, et on continue de la sorte jusqu’à ce que les deux côtés se soient égalisés.

S’il s’agit d’un arbre en espalier, il faut en outre courber en arc la branche la plus forte, et l’attacher au mur : cette situation la retarde. On laisse libre la branche plus faible jusqu’à ce qu’elle ait regagné l’autre en hauteur et en force.

DIVERSES manières DE faire naître des branches la ou il n’v en a pas.

On fera développer des branches dans la partie de l’arbre où il en manque, en pratiquant une incision transversale à 5 ou G millimètres au-dessus d’un œil, et deux verticales à 10 ou 12 millimètres du même œil, dont une de chaque côté. On aura le soin d’enlever un peu de bois avec l’ecorce pour assurer le succès de l'opération. On comprend que la sève ascendante étant ainsi arrêtée à l’endroit de l’œil (car elle ne peut ni le dépasser, ni se jeter à droite ou à gauche), il en sortira nécessairement une branche.

Pour remplacer sur un arbre les branches qui manquent, on greffe, par approche, avec des rameaux de l’année, du

môme arbre, depuis le moment où la sève se met en mouve ment jusqu’à ce que ce mouvement cesse. On peut greffer ainsi dès le mois de mai, alors avec des rameaux de l’année précédente. Dans l’espace de deux à trois mois, la greffe est soudée et fait corps avec la branche; mais il est prudent de ne la sevrer qu’un an après.

N. Turlure a soumis à la Société d’horticulture de Paris les expériences qu’il a faites sur une variété de greffe de côté, pour produire une branche sur la tige d’un arbre où il y a vide à remplir. Son procédé consiste à greffer un œil terminal, au lieu d’un œil latéral. Voici comment on procède : On prend l’extrémité d’une branche munie d’un bon œil ; on la coupe à 2 ou 5 centimètres au-dessous de cet œil; on aiguise cette longueur en bec de plume, et l’on fait sur le sujet l’incision en T comme pour un écusson ordinaire; on y introduit la greffe, et on maintient les écorces de la plaie par quelque tours de lil de laine, selon l’usage. Cette opération se fait en juillet, août et septembre.

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