‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 141 sur 425 · CONDUITE DES VIEUX ARBRES. DIVERS MOYENS DE LES RÉGÉNÉRER · texte numérisé non relu

CONDUITE DES VIEUX ARBRES. DIVERS MOYENS DE LES RÉGÉNÉRER

Lorsque les arbres plantés en espalier ont poussé jusqu’au haut du mur, et que les buissons et les quenouilles excédent la hauteur qu’ils doivent avoir, ou lorsqu’ils se couronnent et sont usés, il est necessaire de les iavalei, et de leur couper quelques principales branches, dans le gi os de la tige et près d’un nouveau jet , aiin de les îenouvolci et de

leur faire pousser du jeune bois.

Lorsque les pruniers , les cerisiers , les poiriers, les pommiers, les abricotiers et les amandiers ont passe leur v igueur , qu’ils ne produisent plus de grosses branches nouvelles et qu’ils ne rapportent plus que du iruit petit et 'iiain, ils sont sur le retour. On peut alors, en novembre, ou sur la fin de février, leur couper la têts à 50 ou 40 centim. au-dessus des premières fourches , et meme plus bas si le bois y est meilleur. On fait la coupe, autant qu’il est possible, du côté du mur et à l’ombre, parce qu’il y repousse plus facilement de nouvelles branches, lesquelles en deux ou trois ans, font

un arbre nouveau. Cette operation réussit moins sui le pécher; cependant elle est quelquefois suivie de succès, quand on la pratique vers la fin de février, et pourvu encore que l’écorce ne soit pas galeuse et que la tige soit maintenue dans l’ombre.

Si l’on a quelque vieil arbre qui ne rapporte pas de bon fruit, ou qui n’en produise pas facilement, quoiqu’il soit encore bien vif, on lui coupe la tète à des endroits propres à poser des greffes, que l’on prend sur un autre arbre portant de bon fruit. On taille ces greffes sur du bois de deux ans ; on ne leur laisse que trois yeux, et on greffe en fente. L’embarras et l’adresse consisteront à savoir contenir la grande fougue de cet arbre, qui, trouvant toute la force de ses racines et toute sa sève occupées à nourrir seulement quelques greffes, au lieu d’une grosse tête qu’il avait auparavant, fait toujours de fortes et nombreuses pousses qui causent de la confusion. Pour contenir la sève, il faut tenir l’arbre grandement ouvert, les branches bien étendues, tailler long celles qui sont nécessaires, et en laisser beaucoup d’inutiles. On taille môme quelques branches en moignon pour les faire brindiller ; c’est ce qu’on appelle faire des ventouses ou décharges de sève. Après la quatrième taille, quand l’arbre est tourné à fruit, on ôte peu à peu les ventouses, le faux bois et tout le reste du bois inutile; enfin, on le réduit à la taille ordinaire.

Si les arbres en plein vent ont l’écorce vilaine et couverte de mousse, il faut, en hiver, après la pluie ou pendant les brouillards, les frotter avec des bouchons de paille ou de chaume fort rudes, et gratter la mousse avec des couteaux de bois pour la faire tomber. On doit aussi, avec la serpe , ôter les vieilles écorces jusqu’au vif, d’autant mieux que les arbres, après avoir été ainsi nettoyés et déchargés, poussent avec une nouvelle vigueur, et rapportent leurs fruits plus beaux.

Pour renouveler les arbres, il est bon quelquefois de les fumer et de leur donner de l’amendement; mais, comme nous l’avons déjà dit, on doit attendre, pour cela, le moment extrême , car le fumier rend le fruit moins délicat. Quand il

est nécessaire de fumer un poirier, il faut, au mois de novembre, le déchausser de 15 à 18 centimètres de profondeur , et dégarnir les racines à un mètre et demi ou deux mètics autour de la tige, selon sa grosseur, de manière que les plus petites soient découvertes, pour y répandre ensuite, par-dessus un doigt de terre, du fumier bien gras et à demi pourri, de 50 centimètres de haut, et jusqu’à 50 centimètres seulement près de la tige ; car l’engrais ne peut pas profiter aux grosses racines, l’arbre ne tirant sa nourriture que des petites. Cela fait, on rejette le reste de la terre sur le fumier, afin qu’il se consomme pendant l’hiver.

Lorsqu’il est nécessaire de fumer les pommiers, les pêchers, ou les abricotiers entés sur le prunier, ou les poiriers greffés sur le coignassier, c’est assez de répandre le fumier sur la terre, de deux mètres de large autour de la tige, et de le couvrir de terre avec la bêche; car les racines de ces sortes d’arbres, courant à fleur de tête, ressentent aisément l’amendement.

Pour remédier aux inconvénients des chancres et de la pourriture qui, dans les vieux arbres, gagnent les branches et les tiges qui ont été coupées, c’est un excellent moyen que de crépir à chaux et à sable toutes cavités et toutes les surfaces dénudées d’écorce. Cette opération se fait tous les ans, en automne. Un ouvrier maçon peut crépir ainsi trois cents arbres en un jour. La chaux active si vivement les parties qu’elle touche, qu’il n’est pas rare,qu’après quelques années, des plaies larges et anciennes se cicatrisent complètement. Dans tous les cas, on obtient ainsi une prolongation treslongue de l’existence des vieux arbres.

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