‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 142 sur 425 · MOYEN DE FAIRE POUSSER DES RACINES AUX ARBRES QUI EN MANQUENT · texte numérisé non relu

MOYEN DE FAIRE POUSSER DES RACINES AUX ARBRES QUI EN MANQUENT

11 arrive souvent que des arbres transplantés sont arrêtés dans leur croissance par le manque ou le mauvais état des racines, soit qu’elles aient péri depuis la transplantation, soit que le pivot se trouve endommagé ou dépourvu de radicules. Il faut alors arracher l’arbre en automne, couper les racines mortes près du tronc, ou la partie lésée du pivot; enfin, on

ne laisse aucune pourriture. Cela fait, on enveloppe d'un vieux morceau de tissu de laine la partie de l’arbre qui se met en terre, ensuite on le replante par la méthode ordinaire. Cette opération manque rarement son effet.

DIVERS MOYENS DE VAINCRE LA STÉRILITÉ DES ARBRES, OU d’aLC JIENTER LA RÉCOLTE DES FRUITS.

Lorsque la végétation des arbres est dépourvue d’activité, et qu’ils ne produisent pas de fruit , l’un des meilleurs moyens de les fertiliser, c’est d’arroser les racines, dans l’arrière-saison, avec du sang délayé dans de l’eau, ou avec une dissolution de colle forte, ou encore un bouillon d’os trèsconcentré. On laisse ouvert, jusqu’au printemps, le trou qui a été pratiqué sur les racines pour faire cet arrosement.

On réussit encore à activer la végétation des arbres languissants et à les faire fructifier, en leur lavant le tronc, du haut en bas, avec une brosse trempée dans l’eau pure , ou chlorurée, au moment où paraissent les boutons. On pratique cette opération cinq ou six fois la semaine.

Lorsqu’au contraire la sève surabonde dans un arbre, une tranchée ouverte au pied, la coupure de quelque racine profonde, et une direction horizontale donnée aux racines, accroissent considérablement le produit.

On obtient encore une récolte abondante sur des arbres jusqu’alors improductifs par excès de sève, en pinçant et cassant les jeunes pousses, sur la fin de l’automne, quand la sève est passée.

Les poiriers en quenouille sont presque toujours stériles, à cause du grand développement des bourgeons à bois. On réussit à les faire fructifier en courbant les rameaux, opération qui doit être faite lors de rébourgeonnement. Dès lors la taille d’hiver consistera simplement à couper les extrémités des rameaux courbés, et «à rattacher ceux dont les liens se seraient rompus. Cette conduite des quenouilles, en outre des produits en fruit, a encore pour résultat de remédier au dégarnissement du bas des tiges et à la trop grande extension qu’il est difficile d’éviter chez les arbres de cette forme.

J)es greffes d’un an, dont les pousses seront recourbées de cette manière, rapporteront des fruits dès l’année suivante.

Dans quelques contrées, pour donner une nouvelle vigueur aux vieux arbres, et surtout pour faire fructifier ceux qui sont stériles, ou les dépouille des couches extérieures de leur écorce, jusqu’au liber. L’épiderme, qui est doué d’une grande faculté de reproduction, ne tarde pas à recouvrir le tronc des arbres que l’on a ainsi dénudés. Un précieux avantage de cette opération , c’est, en outre , de faire tomber une quantité d’insectes et de chrysalides qui habitent les fentes des écorces et donnent souvent la mort aux arbres.

Les moyens que nous allons indiquer plus loin pour accélérer la maturité des fruits, sont encore de ceux qu’on emploie pour forcer les arbres stériles à produire, lorsque leur stérilité n’a pour cause qu’un excès de sève.

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