DIVERS MOYENS DE GARANTIR LA FLEUR DES ARBRES DE LA GELÉE
Les pêchers, les abricotiers et les pruniers sont en fleurs peu de temps après la taille : c’est pourquoi, pour les garantir de la gelée, des vents roux et autres intempéries, il faut les couvrir de paillassons, qu’on met devant les arbres , et qu’on y laisse jusqu’à ce que les pèches soient grosses comme le bout du petit doigt. On observe toutefois de relever les paillassons tous les deux ou trois jours , lorsque le temps le permet. Aux espaliers qui ne reçoivent le soleil que vers les dix heures du matin, la gelée étant fondue avant que le soleil y paraisse, les paillassons sont inutiles, surtout ceux que l’on roule, et qui, d’ailleurs, ont l’inconvénient de gâter les arbres et d’abattre du fruit.
Pour préserver la fleur des arbres de la gelée, outre les procédés qui consistent à couvrir les espaliers de paillassons, ou à les garantir du froid au moyen de rideaux de différentes matières , il en est un plus simple. On recueille en automne des tiges d’asperges, de persil, et d’autres plantes semblables. Quand les arbres sont sur le point d’être en fleurs, on forme de toutes ces tiges des espèces de petits balais plats, longs de 50 à 75 cent., et de la grosseur du poing.
On les attache au mur, soit au moyen île clous, soit au moyen d’os de pieds de mouton qu’on y a fait planter pour cet ugage. Ces petits balais doivent recouvrir en grande partie les fleurs des arbres. Outre l’avantage qu’ils ont de garantir les fleurs du froid , ils empêchent que le soleil du matin ne vienne agir sur elles avec trop de force et ne les brûle. Cependant, comme ils sont très-clairs, ils laissent le soleil pénétrer dans leurs intervalles, et s’opposent seulement à ce que son action soit vive et permanente. On peut les laisser jusqu’à ce que les gelées ne soient plus à craindre.
C’est encore un moyen de garantir les fleurs de l’action de la gelée, que d’arroser les arbres avec de l’eau froide, pour faire tomber les glaces avant que l’action du soleil levant désorganise les jeunes fleurs.
Si l’on veut obtenir du fruit d’un arbre dont la floraison trop précoce est détruite par la gelée, il faut déchausser le pied de l’arbre, en hiver, pour procurer du froid aux racines, et par là retarder la trop prompte ascension de la sève dans les branches. Déjà plusieurs horticulteurs du midi ont fait usage de ce moyen , et s’en sont bien trouvés à l’égard des amandiers, des abricotiers, des pêchers, etc. De cette manière, la floraison a été retardée de plus de quinze jours, et les gelées tardives n’ont pu avoir aucune action sur elle.
Voici un autre procédé pour les espaliers : on plante les arbres à l’est et au nord, et on les fait passer au travers d’un mur, dans la direction opposée; de sorte que les racines ont la fraîcheur qui leur convient, et les fleurs une chaleur constante.