‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 145 sur 425 · SOINS NÉCESSAIRES POUR CONSERVER LES FRUITS SUR L’ARBRE · texte numérisé non relu

SOINS NÉCESSAIRES POUR CONSERVER LES FRUITS SUR L’ARBRE

Nous avons déjà indiqué les divers moyens que l’on emploie pour garantir la fleur des arbres de la gelée ; nous n’y reviendrons pas; mais il est encore d’autres moyens de conservation que nous devons faire connaître.

Quand les fruits sont noués, il faut les éplucher et décharger l’arbre de ce qu’il en a de trop. Ce soin sert non-seulement à faire grossir les fruits qui restent et à les rendre meilleurs, mais encore à conserver la force de l’arbre, qui userait sa sève et se ruinerait en peu de temps, si on ne proportionnait pas la quantité du fruit à sa vigueur. Cela est nécessaire principalement pour les pêchers et les abricotiers, les grosses pommes et les grosses poires d’hiver, parce que ces fruits ont besoin d’une nourriture plus abondante.

On décharge les abricotiers et les pêchers au mois de mai,

et les fruits d’automne et d’hiver, au mois de juin ou de juillet. On abat doucement les abricots et les péchés avec lu main, mais on coupe les poires et les pommes avec des ciseaux, par le milieu de la queue; on confit les abricots que Ton abat ainsi.

On doit laisser peu de fruits sur les branches faibles, et sur les bonnes n’en conserver qu’à proportion de leur force ; on ne retient qu’une poire ou deux de chaque bouquet. On n’abat pas les espèces de poires qui tombent d’elles-mêmes; on ne décharge pas non plus les fruits d été.

Aux mois d’avril et de mai, on visite les poiriers pour en ôter les chenilles et les punaises qui piquent les poires et les rendent contrefaites, particulièrement celles de bon-chrt-

tien.

Lorsqu’à la fin de juillet, et pendant le mois d’aout, la chaleur est forte et la sécheresse continue, que les arbres languissent et que le fruit tombe en grand nombre, il convient de jeter aux pieds des arbres, surtout aux pêchers, un seau ou un demi-seau d’eau, afin d’entretenir la sève. Pour cela, on fait un cercle, autour et à quelque distance du pied de l’arbre, pour retenir l’eau, et l'on remplit cette cavité de feuilles ou de paille.

11 arrive souvent que les arbres portent fruits des la première année de leur plantation. Quelques personnes suppriment ces fruits dans la crainte de fatiguer et d’altérer 1 arbre qui les porte : c’est une précaution inutile. Si le terrain est bon et qu’on ait eu le soin d’arroser les arbres pendant le cours de leur végétation, ce n’est pas quelques fruits qui peuvent fatiguer un arbre; on peut donc, sans danger, profiter de cette jouissance anticipée.

Pour que les fruits prennent un beau coloris et avancent en maturité, il faut, lorsqu’ils ont acquis toute leur grosseur, enlever les feuilles qui les couvrent. Cela convient surtout dans les terres froides et humides. Mais on se garde bien d’effeuiller tout à coup, car on nuirait aux yeux ou bourgeons qui tiennent aux pédoncules des feuilles ; on commence donc dès le mois de juin à rompre par la moitié les feuilles qu’il conviendra d'enlever plus tard. Les pêches hà-

tives et les abricots se découvrent quinze jours seulement avant leur maturité, autrement le fruit serait couronné, c està-dire frappé et brûlé jusqu’au noyau. Les pèches tardives se découvrent dans le même temps, pour les accoutumer au soleil.

Quelques amateurs, pour donner de la couleur au fruit, emploient des seringues pour l’arroser deux ou trois fois par jour, pendant que le soleil le frappe. Ces arrosements donnent, à la vérité, de la couleur au fruit; mais ils en diminuent la qualité et le goût.

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