PINCEMENT ET ÉBOURCEONNEMENT DES ARBRES FRUITIERS
On pince les arbres en coupant, à trois ou quatre yeux, une branche tendre et nouvelle. C’est ainsi qu’on arrête les branches qui, voulant s’allonger trop, ne pousseraient que du bois; tandis qu’étant pincées, elles fourchent et repoussent plusieurs petites branches inférieures, dont les unes sont bonnes à fruit et les autres à bois.
11 est toujours plus convenable de couper avec la serpette que de casser ou de pincer avec les ongles; l’arbre en est plus propre, et l’opération en vaut mieux.
Mais c’est particulièrement le jet des greffes que l’on pince et que l’on casse ainsi par le milieu, quand on voit qu’il s’élance trop d’un seul brin, afin de le faire fourcher et pousser des branches de côté.
Le pincement doit se faire en mai et en juin ; si on le faisait plus tard, les branches pincées ne donneraient au-dessous d’elles que des branches chiffonnes et infertiles pour l’année suivante, parce que la sève est alors occupée à fortifier les branches à bois et les branches à fruit venues de la taille de l’année, et le fruit lui-même.
Ébourgeonncr les arbres, c’est en ôter, avec la serpette, les branches inutiles et toutes celles qui font de la confusion, afin que les bonnes branches à bois et à fruit que l’on conserve se fortifient. En ébourgeonnant les pêchers, on abat ce qu’il y a de pèches de trop; oq fait de même aux abricotiers.
On ne commence à ébourgeonner les pêchers que vers le 15 juin, époque à laquelle on commence aussi à palisser. Si les pêchers étaient ébourgeonnés plus tôt, ils donneraient trop de nouveaux bourgeons qui ruineraient la sève de l’arbre et mettraient de la confusion dans les branches.
On n’ébourgeonne les poiriers, les pommiers et les pruniers qu’en août, après la canicule, lorsque la première sève est arrêtée, ce qui se remarque au bouton qui se forme au bout des branches; il n’y a plus de risque alors que les branches écourtées ou ébourgeonnées donnent de ces faux bourgeons tendres, mous et cotonneux, qui ne sont jamais propres à bois ni à fruit. Quand on ébourgeonne et quand on taille, on réduit à deux ou trois yeux, surtout dans le haut de l’arbre, toutes les branches inutiles qui ne servent point à lui donner sa forme; on n’excepte que celles qui peuvent remplir un vide dans le corps de l’arbre et qu’on taille plus longues, suivant leur force. Ces branches écourtées prennent le nom de branches-crochets ; il n’y reste qu’une sève modérée, capable seulement de grossir et d’arrondir les yeux pour se mettre à fruit.