GROSEILLIERS
Il y a plusieurs espèces de groseilliers.
1° Le groseillier rouge commun, qu’on doit mettre en bonne terre grasse et en belle exposition, si l’on veut qu’il rapporte beaucoup, car cette espèce est sujette à couler. Depuis que la groseille de Hollande est en vogue, on néglige la commune. Il est pourtant bon de la cultiver toujours, comme la meilleure pour faire des confitures.
2° Le groseillier blanc commun , dont la grappe est plus grosse et plus ferme. On appelle la groseille blanche perlée, parce qu’elle est ronde et blanche comme une perle. Le groseillier blanc coule beaucoup. Il est nécessaire de le renouveler plus souvent que les autres.
3° Le groseillier de Hollande, ou à grosses grappes, qui donne le fruit le plus estimé de tous , produit beaucoup de grappes grosses et longues, qui ne coulent pas si on le met dans une terre forte et humide. Son bois est gros et ses feuilles sont larges.
La groseille blanche de Hollande est plus douce que la Hollande rouge, et ne coule pas.
4° Le cassis ou groseille noire, qui est de deux sortes : le commun, dont le fruit est petit et qui coule beaucoup, et celui de Hollande, dont le fruit est plus gros et se charge toujours. L’une et l’autre variété sont employées dans la composition d’une liqueur qui porte le nom du fruit, et qui a quelques propriétés stimulantes.
Toutes ces espèces de groseilliers se multiplient aisément de rejetons enracinés, ou de boutures de trente centimètres de long, qu’on coupe sur un peu de vieux bois, et qu’on fiche en terre. On les met ordinairement dans l’intervalle des arbres en buissons ou en quenouilles. On en fait aussi quelquefois de petits carrés ou des quinconces. On les plante au printemps ou en automne.
Quoique les groseilliers viennent bien à toutes les expositions, cependant, pour en avoir de bon fruit, il est nécessaire qu’ils reçoivent le soleil de tous côtés. Les groseilliers aiment
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un fonds humide, et, s’il ne l’est pas, on doit avoir soin de les bien arroser durant tout le mois de mai et le commencement de juin, jusqu’à ce qu’on commence à cueillir des groseilles. Il faut ne laisser qu’un seul montant à chaque pied de groseillier, et arracher tous les rejetons qui viennent au bas, car ils ne font qu’affamer le fruit de la lige principale, et servent de retraite aux limaçons; ils ont, en outre, l’inconvénient de favoriser le développement des orties, du chiendent et autres mauvaises herbes.
Les deux premières années, on ne doit pas tailler les groseilliers, ou on les taille peu, afin de conserver le jeune bois qui donne le fruit; mais, les années suivantes, il faut les tailler assez court, pour avoir du bois etdu fruit plus gros, et pour que la fleur coule moins.
Quand les groseilliers vieillissent, ou que les grappes commencent à couler, on les recèpe ras de terre. Il faut en replanter tous les ans de nouveaux pieds, parce que le bois du groseillier dégénère avec le temps; et, pour avoir des plants enracinés, ce qui vaut mieux , on doit butter dès le mois de mars les vieux pieds qui poussent beaucoup de rejetons ; deux ou trois doigts de terre suffisent.
Pour cultiver les grosseilliers en berceau , on les plante sur deux rangs distants l’un de l’autre de 2 mètres; on laisse un mètre d’intervalle entre deux pieds. Près de chaque tige on fiche une perche haute de 2 mètres, à laquelle on attache, dans une position verticale, les trois ou quatre branches principales de chaque tige. Lorsque ces branches ont atteint le haut des perches, on construit un berceau qui, en moins de six ans, est entièrement couvert.
Pour conserver des groseilles jusqu’aux gelées, on met du plant à l’ombre, entre deux buissons assez grands, afin qu il soit moins frappé du soleil, ou bien, quand le fruit est formé et qu’il commence à tourner, on lie et on couvre de paille tout le buisson.
5° Il y a encore la groseille à maquereau, qui est le fruit d’un arbrisseau épineux. On en distingue trois espèces. La première est la groseille verte ou jaune, qui donne deux variétés, l’une longue et l’autre ronde. Celle-ci est plus
grosse et meilleure; ou s’eu sert, au printemps, dans les sauces, au lieu de verjus. On l’emploie aussi pour en faire la première confiture du printemps. Les deux autres espèces de groseilles à maquereau, sont, l’une violette et l’autre rouge; la dernière est la plus grosse et brunit en mûrissant.
Toutes les espèces de groseilliers à maquereau se chargent beaucoup en fruits; on les multiplie de plant enraciné, et on les plante dans quelque endroit perdu du jardin. On ne taille que les branches qui s’échappent , et l’on se sert pour cela des ciseaux de jardinier.