ES VASES MASSIFS DE VERDURE
On peut faire, avec tous les corps possibles, des massifs de verdure que l’on établit sur les cheminées. On recouvre d’un fourreau de molleton neuf une boule, une carafe, un corps triangulaire, etc., puis on hérisse le duvet du molleton au moyen d’une tête de chardon de bonnetier ou, à défaut, d’une brosse, et l’on jette par-dessus de la graine de millet, de roquette ou de cresson alénois. On place ce petit appareil sur une assiette ou une soucoupe remplie d’eau, afin de donner au molleton l’humidité nécessaire pour faire lever les graines et entretenir la végétation. Ori obtient ainsi des masses de verdure qui ont exactement la forme des corps qui leur servent de
moule. On renouvelle l’opération dès que les petites tiges commencent a s’allonger. Si l’on veut se contenter d’un gazon, on place un lit de coton dans un vase plat ayant la grandeur que l’on désire, on l’humecte avec de l’eau, et l’on y sème du blé, de l’orge, de l’avoine, des lentilles, etc.
DES GREFFES ET DES BOUTURES QUI PEUVENT SE PRATIQUER DANS LES APPARTEMENTS.
La greffe multiflore des géraniums, celle des œillets, celle des plantes grasses, et autres greffes curieuses ou bizarres dont nous avons parlé en traitant spécialement des greffes, peuvent se pratiquer dans les appartements; elles y réussissent parfaitement bien, pourvu que les plantes soient placées dans les conditions que nous avons prescrites pour le succès de leur culture.
La bouture étouffée réussit dans les appartements, aussi bien que dans les serres; celle des lauriers-roses, dans des bouteilles ou des carafes remplies d’eau, réussit également, soit sur les fenêtres, soit même sur les cheminées.
Lcsamatcursqui culliventles flcursdans les appartements, etqui voudront les multiplier par greffes ou par boutures, ou simplement se donner des distractions agréables, consulteront ce que nous avons dit dans ce volume , à l'occasion delà multiplication des plantes, sur les greffes et les boutures qui offrent le plus de singularité.
UE DIVERSES CURIOSITÉS D’HORTICULTURE A PRODUIRE DANS LES APPARTEMENTS.
Liqueur pour hâter la végétation ou la germination des plantes. Si l’on veut hâter la germination des graines que l’on aura semées, ou forcer la floraison des oignons de fleurs ou d’autres plantes, en hiver, il faudra prendre cent grammes de sel de nitre, vingt grammes de potasse, vingt grammes de sucre, et cent cinquante grammes d’eau de pluie. On fera fondre les sels dans l'eau, à une chaleur douce et dans un pot de terre vernissé ; la solution achevée, on y ajoutera le sucre, et on filtrera.
Celte liqueur se met à la quantité de huit à dix gouttes dans une carafe à fleurs, pleine d’eau de puits ou de rivière. On a soin de tenir ces carafes toujours pleines, et d’en renouveler l’eau tous les dix à douze jours, en y mêlant chaque fois une dose pareille de la liqueur. 11 faut placer les oignons sur la corniche d’une cheminée où l’on fait régulièrement du feu.
On peut encore hâter la germination ou la végétation des plantes, en arrosant la terre dans laquelle elles se trouvent avec une solution d’iode bien étendue d’eau.
Culture des plantes grimpantes dans l’intérieur des cheminées. 11 faut remplacer, au printemps, les cendres du foyer, par de la terre dans laquelle on place des plantes grimpantes, telles que cobéas, clématites, houblon, lierre, etc. Ces plantes s’élèvent jusqu’au faite, et y forment de jolies touffes. Une médaille d'or a été donnée, en Angleterre, à l’inventeur de ce singulier procédé.
Moyen facile d’obtenir de la salade de laitue en 18 heures, sans avoir de jardin. On fait macérer pendant 12 heures de la graine de laitue dans de l’esprit-de-vin, et on sème dans une terre mélangée de fiente de pigeon et de chaux vive; on arrose assidûment. Au bout de 48 heures, les jeunes plants pourront être coupés et arrangés en salade ; mais, comme on se l’imaginera
facilement, ils ont peu de durée, et sont lics-sensibles a la fraîcheur, même au grand air.
Culture des champignons dans les appartements , sans incommodité . Voici ce qui est enseigné à cet égard par M. le baron d’II&oghvorst :
«Beaucoup de personnes ont de très-jolis meubles servant à porter des pots de fleurs ; rien n'cmpêche que le-dessous de ces meubles serve à faire venir des champignons, et réunisse l’utile à l’agréable. L’expérience que j’en ai depuis dix ans lève à cet égard toute espèce de doute. J’ai fait faire des tiroirs en bois de sapin recouvert de couleur ; ils remplissent le vide qui se trouve sous les gradins portant des fleurs dans mon appartement, et moyennant bien peu de soin, et sans jamais la moindre odeur, j’ai le plaisir de récolter tout l’hiver beaucoup de champignons. Je n’emploie en celte circonstance que de la bouse de vache séchée, sans aucun autre fumier, et je la prépare de la manière suivante : après l’avoir fortement humectée avec de l’eau nitrée, je la fais tasser avec les pieds à l’épaisseur de 11 centimètres environ, toujours en y mêlant un peu de terre jetée à la main ; je sème ensuite le blanc, sans le briser trop, avec un peu de terre et de la bouse de vache, 5 centimètres seulement; après l’avoir .tassé, je couvre le tout de trois centimètres de terre.
«Il est possible que la hauteur de 19 centimètres que je donne ainsi à celte espèce de couche ne soit pas nécessaire, mais je ne l’ai pas essayée avec moins de hauteur. L’exemple que je viens de citer prouve que l’on peut avoir des champignons dans les cages d’escalier et surtout dans les cuisines, sous les tables destinées à les nettoyer avant de les mettre dans les casseroles. Lorsque les bacs ou tiroirs ont cessé de donner, on a soin de récolter le blanc qu’ils contiennent et qui s’y trouve en abondance : il est très-bon pour faire de nouvelle couches.
«Un local avantageux, pour avoir des champignons, est bien certainement une écurie, où la chaleur égale, douce et vaporeuse doit contribuer au développement du blanc. Le manque de place est l’obstacle que l’on rencontre le plus souvent; mais, par la manière simple et peu coûteuse que je vais indiquer, il y a peu d’écuries où l’on ne puisse établir une ou plusieurs séries de couches : je suppose une bibliothèque avec des rayons de la profondeur de 65 centimètres au moins, selon la place, les rayons séparés de 70 centimètres les uns des autres; une planche de 27 centimètres clouée, à la planche qui forme le rayon et figurant un petit bac de la profondeur de 27 centimètres, avec un jour au-dessus, de 43 centimètres. On remplit ce bac de 16 centimètres de bon fumier de cheval et de 8 centimètres de bouse de vache nitrée ; 3 centimètres de terre couvriront le tout. Le jour de 43 cen timètres environ est nécessaire pour soigner et arroser. L’appareil se trouve fermé par un rideau de grosse toile, se mouvant avec facilité sur une corde ou sur une tringle en fer. De cette manière, on peut avoir six couches à champignons dans une hauteur de 4 mètres 55 centimètres ; 65 centimètres étant la profondeur, et la largeur étant indéterminée. »
Culture des pommes de terre dans les caves, pour en obtenir en toutes saisons. Nous empruntons cet article au rédacteur du Mercure de Souabe.
« J’ai couvert, dit-il , le coin de ma cave d’une couche ayant un pouce d’épaisseur, et composée de deux tiers de sable fin du Danube et un tiers de terre ordinaire. J’y ai mis, au mois d’avril, trente-deux pommes de terre jaunes, dont la peau était mince. Je les ai posées seulement à la surface, sans les enterrer ni les couvrir. Elles ont germé abondamment de tous cô-
les, cl j'en ai recueilli, a la fin du mois de novembre suivant, plus d'un quart de boisseau des meilleures pommes de terre, dontun dixième était de la grosseur des pommes reinettes; le rcsle avait la grosseur des noix. La peau en était très-mince, la pulpe farineuse et blanche, le goût agréable, rendant les six mois qu’elles restèrent en terre, je n’ai donné aucun soin de culture à ces pommes de terre, et elles ont ainsi prospéré sans influence du soleil ni de la lumière. (Jet essai pourrait être avantageusement appliqué aux places fortes, aux hôpitaux, aux maisons de correction, et, en général, à tous les endroits où il se trouve des souterrains qui ne sont ni trop froids ni trop humides, et où il est important d’avoir une nourriture abondante et peu chère pour un grand nombre d’individus. »
Culture forcée des radis dans les caves, celliers et autres lieux. On prend de la graine de radis, on la fait tremper dans l’eau pendant 24 heures, et on la met toute mouillée dans un petit sachet qu’on exposera au soleil. Au bout de 24 heures, la graine germera. On sème alors dans une caisse remplie de terre bien fumée, et on arrose de temps en temps avec de l’eau tiède. En très-peu de jours les radis auront la grosseur de petites ciboules et seront bons à manger.
Si l’on veut avoir des radis en hiver pendant les plus fortes gelées, il faut scier une futaille en deux, remplir de bonne terre un des deux baquets ainsi obtenus, y semer la graine germée, recouvrir le tout du baquet vide; porter l'appareil dans une bonne cave, et arroser tous les jours avec de l'eau tiède. Au bout de 5 à 6 jours, on aura des radis bons à manger.
Cressonnière dans la salle à manger ou sur la terrasse. On sème du cresson de fontaine dans une caisse, un baquet, un tonneau coupé, ou tout autre vase qui ne laissera pas échapper l’eau ; on le remplira de terre jusqu’à 15 centimètres du bord, et l’on couvrira la terre d’eau à la hauteur de 10 a 12 centimètres. On fera en sorte dç maintenir celte eau à 20 degrés centigrades, et toujours à la même hauteur. En été, l’air de la terrasse est préférable ; mais, pendant le reste de l'année, il est indispensable de rentrer la cressonnière dans la salle à manger; on la placera alors aussi près que possible d’une fenêtre.
CALENDRIER Dü JARDINIER
INDIQUANT LES TRAVAUX A EXÉCUTER PENDANT CHAQUE MOIS DE L ANNÉE DANS LES JARDINS, VEUCKRS, SERRES, ETC.