‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 214 sur 425 · DE L’ACTION DE L’HUMIDITÉ · texte numérisé non relu

DE L’ACTION DE L’HUMIDITÉ

L’air est plus ou moins chargé d’humidité ; depuis l’extrême limite de la sécheresse jusqu’à celle de la plus grande saturation de l’atmosphère par l’eau, il y a une infinité de degrés qu’un instrument spécial sert à constater ; cet instrument est connu, dans les cabinets de physique, sous le nom d’hygromètre. Le corps ne souffre pas d’une manière sensible quand l’atmosphère est chargée d’une petite quantité d’eau; mais quand le degré de saturation est élevé, les phénomènes qui en résultent prouvent que cet état de l’air n’est pas régulier. L’influence de l’humidité sur l’économie est différente, d’abord suivant le degré de saturation, et puis suivant l’élévation de la température. Ainsi les effets ne sont

pas les mémos quand ils sont produits par un air humide et chaud, ou par un air humide et froid.

Dans le premier cas, il y a énervation des forces du corps, besoin de repos et de sommeil. Si cet état de l’atmosphère persiste, il produit des catarrhes de poitrine, des flux de ventre, ou des maladies d’une nature analogue. Quand cette constitution particulière de l'air se complique de l’absence de la lumière solaire, comme cela se remarque dans les rezde-chaussée des quartiers pauvres des grandes villes, elle donne lieu aux maladies de caractère atonique, c’est-à-dire aux affections scrofuleuses, au rachitisme, à la chlorose, à Phydropisie et à toutes les dégénérescences qui ont pour origine le développement du tempérament lymphatique.

L’humidité froide produit aussi les affections de l’espèce dont nous venons de parler, mais elle développe, surtout en abolissant les fonctions de la peau, en frappant le tissu dermique d’une sorte d’engourdissement, des engorgements, des lésions graves des organes importants de l'économie, des diarrhées chroniques, enfin la phthisie, qui marche avec la plus grande rapidité, si on ne soustrait pas les malades a 1 influence funeste de cette constitution atmosphérique.

Cependant il est rare que les miasmes, que les causes d’infection se développent par un air humide et froid ; c’est par un air humide et chaud que les grandes maladies épidémiques naissent et étendent leurs ravages. Un abaissement subit de la température peut en arrêter le cours.

Le^i transitions que l’air éprouve dans ses degrés de saturation sont très -mauvaises pour la santé; c’est même une cause de maladies. Ainsi, il arrive qu’un passage subit du vent du midi au vent du nord fait perdre à l’air l’eau qu d tenait en suspension; il en résulte pour le corps les mo- < i beat ions suivantes : la peau, dont les pores étaient dilatés -mis ni, uenee ,1e l’air humide et chaud, se crispe au eonlact

f 1 T ( lumi,de « froid, et refuse passage à la transpiration. lu tte interruption brusque, d’une fonction qui se faisait sans obstacle et peut-être avec abondance, détermine les conques, les diarrhées, les rhumes, les fluxious de poi-

trine, et,. suivant les tempéraments et les circonstances, les vomissements ou les crachements de sang.

Il est sans doute difficile de se soustraire à l’humidité, mais on peut prendre des précautions qui en neutralisent l’influence. Il faut ne pas s’endormir en plein air par une constitution humide et chaude ou humide et froide. Dans l’un comme dans l’autre cas, il faut s’agiter, se donner du mouvement, faire usage des toniques. L’exercice et les toniques, par une constitution humide et chaude, donneront au corps une force de résistance qui lui permettra de repousser l’action énervante de l’air; par une constitution humide et froide, les memes moyens activeront la circulation, pousseront le sang du centre à la circonférence, et redonneront à la peau cette activité qu’elle semble ne plus avoir. SÏ la santé a déjà perdu son équilibre, si une maladie s’est développée , la connaissance de la cause du mal éclairera sur la nature des soins qu’il sera convenable de se donner.

11 y a des pays, il y a des villes dont la position topographique expose aux changements brusques de l’atmosphère. Les pays maritimes, les terres peu élevées et voisines de grandes masses d’eau sont dans cette catégorie. Il n’y a que la précaution suivante à prendre, pour résister aux transitions subites que l’hygromètre y marque : elle consiste à ne changer les vêtements d’hiver, pour les vêtements d’été, que lorsque la saison des chaleurs est bien établie, et à porter toujours de la flanelle.

Les femmes doivent surtout se mettre à l’abri des influences dont nous parlons; elles ont moins d’énergie que les hommes pour résister aux diverses constitutions atmosphériques. D’autre part, les habitudes de la mode livrent leur col et une partie de leurs épaules à l’impression directe de l’air; l’usage du caleçon étant peu répandu, elles lui présentent de plus toute la surface cutanée des membres inférieurs. La mode doit céder devant les exigences des localités et des vicissitudes de l’atmosphère, ou du moins elle doit se prêter de bonne grâce à les comprendre et à les remplir. Nous recommandons, par conséquent, aux femmes, les robes montantes, contre l’humidité froide ou chaude.

et surtout l’usage habituel des caleçons, si elles veulent se mettre à l’abri de cette incommodité à la fois si fâcheuse et si énervante, dont se plaignent, sans pouvoir y porter remède, tant de femmes des grandes villes; nous voulons parler des écoulements blancs,

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