‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 218 sur 425 · DES CEI, MATS CHAUDS · texte numérisé non relu

DES CEI, MATS CHAUDS

Les climats chauds sont situés entre les tropiques. On peut comprendre aussi sous cette dénomination les contrées méridionales de l’Europe. Les jeunes habitants des pays chauds ont le pouls vif et une circulation rapide. Cette précocité de la vitalité use vite; et si la jeunesse n’est pas tardive dans ces régions, la vieillesse l’est encore moins. Les méridionaux n’ont pas l’appareil respiratoire actif : son activité est l’apanage des régions froides. L’abondance de la transpiration diminue les forces musculaires : personne n’est plus faible, comme on le soit, que les habitants des zones les plus chaudes. Ce manque d’énergie fait contracter une sensibilité puissante, une grande mobilité au système uer- \enx. Cela explique cette passion pour la danse, pour les spectacles, et tout ce qui frappe vivement les sens et impres-

sionne avec une certaine énergie.

En tel «caractère conduit à toutes les conséquences qui doivent naturellement en découler. Les méridionaux, vivant sous l'influence de leur sensibilité particulière, de l’activité capricieuse de leur système nerveux, se font remarquer par une grande tendance à la rêverie, au travail de l’imagination, à l’enthousiasme, à l’exaltation. De là des passions qui s’éteignent vite, mais qui vont à l’extrême : l’amour, la vengeance, le fanatisme religieux passent à l’état de fu-

reur.

L’affaissement des forces physiques qui résulte de l'exaération de la transpiration, et celui des forces intellectuelles,

qui résulte de l’extrême activité du système nerveux, empêchent les grands efforts de l’esprit et les énergiques déterminations de caractère. Les méridionaux sont inhabiles à créer de ces œuvres remarquables qui restent dans l’histoire, car ils n’ont pas cette durée de volonté qui fait concevoir,

faire et terminer les grandes productions de l’esprit humain.

Il existe, chez les peuples des diverses régions méridionales, des teintes plus ou moins brunes de la peau, qui établissent des caractères de races si tranchés, qu’on a cru pendant longtemps que le nègre, par exemple, n’avait pas eu primitivement la même origine que le blanc. Sans entrer dans des détails et dans des discussions qui certainement nous conduiraient trop loin, nous dirons que le soleil, qui est l’agent modificateur le plus actif dans ces contrées, est la cause directe de toutes ces altérations. 11 est à remarquer que dans toutes les nuances, même dans les plus foncées, il se mêle une teinte ictérique, c’est-à-dire une teinte jaune, qui provient de l’exagération des fonctions de l’organe biliaire.

On comprend que cette activité toujours fixée vers la peau, que cette irritabilité toujours en jeu conduisent de l’innervation à la passion érotique. Cette passion se développe et cherche à se satisfaire dès la sortie de l’enfance; de ht vient une si grande facilité de mœurs dans les deux sexes, que ï’un doit être très-jaloux de l’autre, et se servir de sa puissance physique pour le dominer et le séquestrer.

Un tel abus des plaisirs de l’amour contribue puissamment à rendre la jeunesse courte; les muscles deviennent fiasques presque au sortir de cet Age qui dure longtemps dans les climats tempérés; tous les organes contractent une mollesse considérable, car des rides plissent prématurément la peau, et les cheveux ne tardent pas à tomber. Chez les femmes, la vieillesse fait des progrès plus prompts encore : les mamelles s’y flétrissent de bonne heure, et elles ont perdu leur forme même avant d’avoir nourri un premier enfant.

Pour que l’Européen puisse s’acclimater dans les pays chauds, il faut qu’il perde de la vigueur, de l’abondance et de la richesse de son sang, il faut, par conséquent, qu’il

abandonne le régime nourrissant auquel il était habitue. C’est le moyen pour lui de résister à tous les maux qui pourraient résulter de la continuation de ses habitudes, comme les mouvements de sang vers la tète, les hémorragies et les maladies inflammatoires des viscères abdominaux.

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