‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 22 sur 425 · DE LA RÉCOLTE DES PLANTES MÉDICINALES · texte numérisé non relu

DE LA RÉCOLTE DES PLANTES MÉDICINALES

DE LEl'R DESSICCATION ET DE LEl'R CONSERVATION.

11 faut récolter les plantes dans le moment de leur plus parfaite vigueur; il importe donc de fixer ce moment d’une manière certaine. On distingue trois époques dans la végétation, savoir : celle qui est naissante, celle qui est en pleine vigueur, et celle qui est en parfaite maturité. Un végétal qui naît n’est encore qu’un tissu rempli de sève, laquelle n’a pas eu le temps de se convertir en suc propre, et a besoin d’une élaboration ultérieure pour fournir tous ses principes. Le médecin qui prescrit des sucs do plantes dans le moment où celles-ci ne font que de naître, ne doit pas compter sur leurs effets. C’est au moment où une plante est dans l’état voisin de sa floraison , c’est-à-dire lorsque les premiers rudiments de la fleur commencent à paraître, qu’elle jouit de toute sa vigueur: les feuilles sont pleines, chargées d’un suc bien élaboré, elles sont pourvues de tout leur extractif, de leur arôme et de leur huile essentielle. C’est alors qu’on peut la cueillir pour tous les usages auxquels on la destine ; elle fournira toutes ses propriétés. Le moment de la fleur arrivé , les feuilles de la plante ont déjà perdu de leur fraîcheur, de leur amplitude; tous les sucs propres se portent sur les organes de la fructification, pour faire arriver le fruit à sa maturité parfaite. La tige alors se durcit, et bientôt le végétal n’offrira plus qu’un squelette fibreux.

Cette connaissance du moment favorable pour cueillir les plantes n’est pas seulement importante pour l’herboriste, elle intéresse aussi l’art de la filature et celui des tisserands; elle contribuerait encore à fournir nos bêtes de somme et d’attelage une nourriture plus succulente et plus savoureuse. Si on ne laissait pas par trop longtemps sur pied notre

chanvre, notre lin, leurs écorces ne seraient pas si ligueuses, et nous aurions de plus beaux fils; si ou n’attendait pas que 1 herbe de nos prairies fut en graine pour la cueillir, nos

che\aux aui aient pour nourriture un foin plus tendre et plus odorant.

On peut poser pour principe que toutes les plantes qui contiennent beaucoup d eau de végétation, telles que les especes de laitues , les chicoracees, les basilics, et autres du meme genre, ne se conservent pas sèches; l’art du pharmacien y a suppléé, en les soumettant à la distillation, ou eu faisant des extraits de plusieurs de ces plantes, pour jouir de leurs propriétés dans toutes les saisons.

Les plantes qui contiennent le plus d’eau de végétation doivent être exposées à une température qui soit élevée, progressivement, depuis quinze jusqu’à trente degrés du thermomètre; il faut leur faire présenter beaucoup de surface, les remuer souvent, et les exposer à un courant d’air suffisant pour donner issue aux vapeurs humides qui s’élèvent pendant leur dessiccation.

Celles dont le suc est épais , visqueux ou mucilagineux, comme les borraginées, les malvacées, doivent être séchées le plus rapidement possible, autrement elles noircissent, ce qui annonce une altération. La température peut être graduée, comme ci-dessus, et être portée jusqu’à trente-cinq degrés.

Enfin les plantes aromatiques, dont la texture est plus sèche, n’exigent qu’une température de vingt à vingt-cinq degrés au plus. On doit avoir soin de ne les enfermer que lorsqu’elles ont été complètement refroidies. Les plantes visqueuses et mucilagineuses sont sujettes à attirer l’humidité de l’air ; il est nécessaire de les examiner souvent et de les exposer de nouveau à la chaleur, pour les maintenir constamment sèches et saines.

La dessiccation n’est pas une opération purement mécanique; c’est une véritable opération chimique, à l’aide de laquelle les principes qui constituent les végétaux tendent à se combiner d’une manière plus intime.

Nous terminerons cet article en faisant remarquer que la

dessiccation n’est pas le seul moyen dont on se serve pour conserver les plantes. Quelques-unes se confisent au vinaigre, telles sont l’estragon, la passe-pierre; d’autres se confisent au sucre, telles sont les tiges et les côtes de l’angélique, les fleurs de violette et les tiges tendres de Tache.

Si on brûle les feuilles et les tiges de la plupart des végétaux, on retire de leurs cendres des sels fixes. C’est ainsi que I on obtient les sels d’absinthe, de tamarin, de genêt, etc., ainsi que la soude et la potasse.

PLANTES ALIMENTAMES INDIGÈNES,

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