‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 223 sur 425 · DES LOCALITÉS · texte numérisé non relu

DES LOCALITÉS

Quand on est libre de choisir une localité pour l’habiter, il faut la prendre dans les conditions les meilleures pour la santé. Il vaut mieux que le lieu soit élevé. 11 est rare que les terrains qui sont au niveau des cours d’eau ne soient pas extrêmement humides, autant par les infiltrations de l’eau à travers les couches terreuses, que par les vapeurs, les brouillards, qui, nécessairement, doivent s’y condenser. Un plateau, élevé à une certaine hauteur au-dessus des vallées voisines, sera la meilleure place. Il faudra étudier aussi la nature du terrain , car il dépendra de la manière dont seront placées les couches perméables et imperméables, pour que le sol soit humide ou sec. Une couche imperméable à la surface d’un terrain donne des flaques d’eau ; il faut, pour que l’humidité disparaisse bientôt, que les couches supérieures soient perméables. On comprend que cette disposition constitue, pour ainsi dire, un appareil de filtration, qui produit la sécheresse parce qu’il écoule l’humidité.

Les vents, surtout ceux du nord, sont sains, parce qu’ils sont froids et qu’ils chassent, par leur impétuosité, les émanations miasmatiques; mais ils ont aussi leur côté fâcheux : ils suppriment rapidement, par la sensation de glace qu'ils font éprouver, la fonction transpiratoire; et cette suppression peut déterminer de violentes maladies. 11 faut donc avoir le soin de choisir un plateau dominé par des collines ou des montagnes, du côté d’où souffle le vent du nord. La manière dont on distribue les cultures autour de soi peut même donner les moyens de remplacer ce que ne fournit pas la disposition des lieux. On peut, par exemple, établir un rideau d’arbres, assez rapproches les uns des autres, pour opposer, comme une digue, aux invasions du vent.

On aime assez généralement à avoir, aux alentours des maisons de campagne qu’on construit ou qu’on habite, des masses d’eau plus ou moins considérables. On voudrait un lac pour y naviguer , et c’est un plaisir de plus parmi ceux de la campagne de pouvoir se promener en bateau ; mais les mares d’eau, rassemblée en étang ou en petit lac, donnent toujours, surtout si elles sont considérables, beaucoup trop d’humidité pour ne pas rendre l’air malsain. Ce qu’il tant, ce sont des eaux à courant, des eaux mouvantes qui agitent l’air et contribuent, par cela seul, à renouveler et à assainir l’atmosphère. Les environs de 1 habitation ne doLent pas être trop entourés d’arbres. Les masses épaisses dé verdure ont les mêmes inconvénients que les glandes masses d eau, elles engendrent l’humidité. 11 faut donc, poui la salubiitc du lieu! que les alentours en soient découverts. Les bois ou les forêts doivent être ou sur les cimes des montagnes ou le long des rivières, dans les vallees. Une condition ties-essentielle aussi à observer, avant de jeter les fondements d une habitation, c’est de bien niveler le sol; il ne faut pas se servir d’un accident de terrain pour économiser quelques mètres cubes de muraille. Si une partie du sol enta oit dans l’œuvre, elle pourrait contribuer à produire assez d humidité pour rendre inhabitables les appartements qui seraient dans son voisinage.

Quand on cherchera dans une ville un quartier, une iue, pour aller y habiter, il faudra n’arrêter son choix que dans les quartiers coupés par de larges voies, et où l’élévation des maisons ne sera pas assez considérable pour empêcher que le soleil n’éclaire le sol une grande partie de la journée. 11 faudra adopter la rue qui paraîtra la plus sèche, relatixement, parmi celles qu’on aura parcourues. Cette particularité, plus importante qu’elle ne le paraît de prime abord, prouvera que l’écoulement des eaux y est très-facile, et que l’air v circule avec liberté.

Le choix de la maison est encore extrêmement important; il y a telle maison d’une belle apparence, dont les cours sont étroites, dont l’escaüer est petit et tortueux, dont les plombs sont mal distribués ou mal entretenus. Or, il est impossible

que l’air soit sain dans un lieu où tout est fait pour produire et garder des émanations mauvaises. Les maisons dans lesquelles l’air est pur et sain, sont celles qui sont précédées par une grande cour, ou dont les corridors sont au moins spacieux, qui ont un escalier et des voies de communication pourvues d’une largeur suffisante, et qui n’exhalent pas cette odeur particulière qui est propre aux maisons trop populeuses et mal entretenues.

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