‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 224 sur 425 · DES HABITATIONS · texte numérisé non relu

DES HABITATIONS

L’appartement qu’on habitera ne devra pas être nouvellement restauré. Les plâtres conservent longtemps, comme on le sait, l’humidite, et font contracter des maladies aux personnes qui s’endorment sans rideaux dans les chambres où cet inconvénient existe. Les peintures qui n’auront pas perdu leur odeur pourront donner des maux de tète, produire des syncopes, et déterminer peut-être des maux plus graves, s’il y a absorption des substances métalliques qui entrent dans leur composition.

Les d il fé rentes pièces d’un appartement présentent de bonnes conditions de salubrité, lorsqu’elles sc commandent les unes les autres, c’est-à-dire lorsque chacune a deux ou plusieurs portes en regard. Pour nous serv ir d’une expression vulgaire, mais qui a l avantage de la précision, les appartements qui tournent sont ceux qui ont la distribution la plus en rapport avec les préceptes de l’hygiène. Nous recommandons également les appartements couverts de parquet et non pas de carreaux. Les carreaux conservent une certaine fraîcheur qu’ils transmettent à l’air. Le parquet, au contraire, ne donne pus de sensation de froid aux pieds, quelque peu couverts qu’ils soient. On n’ignore pas d’ailleurs que le bois est un mauvais conducteur du calorique.

Les tapis ont l’avantage de former un vêtement de plus aux pieds pendant 1 hiver. I n pied chaussé d’une pantouHle et pose sur un épais tapis, est habillé en quelque sorte d’un double vêtement qui le garantit du froid, même sans qu’il soit nécessaire de i approcher du l'eu. Ce sont sans doute des

objets de luxe dont on peut se passer jusqu’à un certain point ; il n’y a que des habitudes de fortune et de bien-être qui les considèrent comme des objets de nécessité. Toutefois, ces petits tapis en carré long, connus sous le nom de descentes de lit, devraient être adoptés par tout le monde; et sous ce rapport la province devrait suivre les habitudes de Paiis. Rien n’est plus malsain en effet que de poser un pied chaud et nu sur un plancher froid , soit en se couchant, so;t en soitant de son lit.

La hauteur et la grandeur des pièces composant l’appartement, sont une condition essentielle de saïubiite. L aii ne peut pas circuler librement dans les petites pièces. 11 est rare, qu’avec une telle disposition, les qualités saines qui doivent constituer l'air rcspirable ne s'altèrent pas bientôt.

Les grandes croisées, et les croisées nombreuses, ont pour double avantage de renouveler facilement l’atmosphère et de donner beaucoup de jour. Or, on sait que 1 obscuiite favoiisc le développement des maladies de caractère atonique, et que la lumière agit d’une manière inverse, c est à-diie quelle s’oppose a leur formation, et que meme elle contiibue énergiquement à les guérir.

On a l'habitude à Paris, dans les appartements bien tenus, de garnir de bourlets tous h^ iutenalles qui existent dans le jeu des portes et des battants des cioisees, pour faire obstacle à la transmission des courants d air d une pièce à une autre, ou du dehors de la maison, dans les diverses pièces de l’appartement. Cette précaution hygiénique

empêche que la dépense de combustible ne soit en partie perdue, ce qui d'ailleurs n’est qu’une question d’économie de ménage, et détruit irrévocablement les vents coulis, ccs tyrans domestiques des femmes impressionnables, des malade^ , et des hommes de cabinet. Comme les vents couiis sont moins une chose fâcheuse qu’une cause souvent très-directe de maladie , il faut considérer la précaution des bourlets comme une des conditions les pl ns essentielles de 1 organisation hygiénique d’un appartement.

Quelque grandes ou quelque petites que soient les diverses pièces d’un logis, Pair s’y vicie promptement. Les per-

sonnes et les choses donnent en quelque sorte, à chaque instant, leur tribut d’émanations miasmatiques à cette atmosphère intérieure. Il est vrai que l’air se renouvelle , que l’atmosphère de la veille est remplacée par celle du lendemain, en supposant même qu’on n’ouvre les croisées qu’une fois toutes les vingt-quatre heures. Mais, pendant les froids rigoureux de l’hiver, on reste souvent plus longtemps, dans les maisons mal tenues, sans prendre cette sage et facile précaution. Les cheminées à fort tirage, dont il a déjà été question précédemment, suppléent eu partie à l’oubli ou à la négligence de la ventilation opérée par les moyens ordinaires. Celles qui sont connues sous le nom de cheminées à la prussienne, remplissent d’autant mieux cet office, qu’on peut augmenter et diminuer le tirage à volonté. On sait qu’elles ont un tablier mobile qui s’abaisse devant le foyer, cl qu’on peut fixer à toutes les hauteurs.

Les cuisines , les offices où l’on mange , les armoires où se tiennent les restes du repas, donnent des émanations qui se trahissent, dans certaines conditions de l’atmosphère, par une odeur fade et nauséabonde. 11 est inutile de dire que des aérations fréquentes, que des lavages réitérés chasseront Codeur et assainiront l’air. INous dirons la même chose pour les cabinets d’aisances ; mais, en ajoutant que si, malgré la bonne constitution des appareils, des gaz ou des exhalaisons méphitiques se développent, on a les moyens de les neutraliser en aspergeant le sol avec de l’eau vinaigrée , ou en faisant des arrosages avec le chlorure de sodium. C’est ordinairement par les temps humides et chauds que ces odeurs malsaines s’exhalent, et qu’elles pénètrent, malgré les précautions ordinaires, dans les appartements. Cet inconvénient se produirait plus rarement, si, dans la construction ou dans la distribution des maisons, on plaçait toujours au nord, et non au midi, les lieux d’aisances et les cuisines; et si, au lieu de les établir pour ne pas perdre un pouce de plancher , comme on le fait à Paris, côte à côte avec des pièces habitées, on les séparait de l’appartement par toute la distance d’un long corridor. Les appartements le plus à l’abri du double méphitisme des lieux d’aisances et des cuisines

sont ceux dont les pièces qui sont consacrées à cet usage sont établies de l’autre côté de l’escalier.

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