‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 225 sur 425 · GÉNÉRALITÉS SUR L’ORGANISATION DE L’HOMME · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS SUR L’ORGANISATION DE L’HOMME

L’homme est un composé d’organes, dominé par une intelligence. Cette intelligence se décompose en un organe matériel qui est le cerveau , et en une puissance immatérielle qui est la cause première de tous les actes psycologiques dont l’homme donne le surprenant spectacle. Cet organe principal, qui domine par sa place tous les autres, le cerveau, est contenu dans une boîte sphérique et osseuse qui s’appelle le crâne. Le crâne, c’est la tête; et c’est au-devant de cette tête que se dessine le visage et que s’exprime la physionomie. C’est là qu’est le miroir de l'ânae , là que se trouvent ces signes particuliers qui décèlent l’intelligence, qui interprètent la pensée et donnent souvent le mot d’une destinée. Une cage osseuse constitue la poitrine où sont l’organe de la circulation (le cœur), et ceux de la respiration (les poumons). Audessous se trouve l’abdomen ; c’est là que sont placés les appareils de la digestion, des excrétions alimentaires, et de la reproduction. Une tige, la colonne vertébrale, qui est en même temps un prolongement du cerveau et un point d’appui , relie et soutient cet assemblage d’organes , et donne à l’homme cette position verticale qui, lorsque certaines passions animent sa physionomie, ajoute à son audace et à sa fierté. Sur les côtés de la partie supérieure de ce tronc, qui est couronné par la tête, se trouvent les membres supérieurs; à la partie inférieure sont placés les membres inférieurs. Les formes sont dominées par cet appareil musculaire qui préside aux mouvements, et obéit dans ses contractions et ses dilatations aux ordres de la volonté. Les masses charnues qui composent cet appareil se dessinent en lignes courbes, plus accentuées chez l’homme et plus gracieuses chez la femme. Chez l'un, elles traduisent la force, chez l’autre, elles caractérisent la beauté.

Un tissu blanc, le tissu cutané ou la peau, s’étend sur tout le corps, descend dans les enfoncements, se perd dans les ouvertures naturelles de la bouche, des fosses nasales, où il prend une couleur d’un rouge tendre, en allant se continuer dans les cavités du corps. La peau, par son mode de coloration, forme un caractère de race. C’est elle qui est le siège du sens qui occupe la surface la plus considérable, celui du loucher. Les autres sens sont placés près du siège où les sensations vont aboutir et se transformer en idées. Le <joiîl a le sien dans les papilles nerveuses de la muqueuse de la bouche; Y odorat , dans les cornets du nez ; la eue, au fond de ce globe à demi-recouvert par le double voile des paupières, qui remplit la cavité des orbites ; enfin, Vouïe, dans cet appareil irrégulier qui ouvre son pavillon aux deux cotés supérieurs de la tète.

Dans le cerveau se trouvent les facultés de l’esprit. Gall a formé comme une république fédérative dans cet organe. 11 l’a divisé en départements, sur chacun desquels il fixait une faculté ou une passion ; mais c’est au point de vue de l’ensemble qu’il faut considérer le cerveau. Il ne nous est pas donné d’y lire avec une certaine précision, car rien n’est plus problématique, plus mystérieux que la fonction métaphysique qui s’y passe. Il y a si peu de relation entre l'organe, qui n’est qu’une masse blanche et grise pfissée sur ellemême, et l’exercice si compliqué des facultés, des idées et des créations de l’esprit humain, qu'il sera toujours impossible de rendre compte des effets par l'instrument matériel, de lier étroitement les uns à l’autre. Il est clair, cependant, pour nous, que là se jugent les impressions, se font les idées, se formulent les raisonnements, se composent les théories. La philosophie a étudié ce mécanisme dans le monde de l’abstraction ; elle a établi la filiation qui existait entre toutes ces parties d’une même fonction, et on connaît assez bien maintenant le jeu, le mode d’action des facultés. Nous îi’énumèrerons pas les facultés, cela sortirait de notre cadre; mais nous dirons tout à l’heure les rapports de leur développement et de leur influence avec l’équilibre sanitaire du corps.

L’homme ne vit pas seulement comme intelligence, il vit encore comme animal. Il a un corps, et avec ce corps des tendances ou des répulsions, des mstmcls et des besoins. Ces instincts l’éclairent sur ce qui lui est nécessaire pour remplir les conditions, le but de son existence; brides par l’intelligence, ils n’outrepassent pas la ligne qu’ils doivent respecter; abandonnés à eux-mêmes, ils produisent les passions avec tout ce qu'elles ont d’entraînement criminel et de tristes conséquences. Les affections doivent être placées dans la catégorie des instincts; car elles se fondent sur ces répulsions ou ces attractions, sur ces antipathies ou ces sympathies qui réunissent ou séparent les êtres. Seulement les affections comme les instincts sont éclairés, chez l’homme, par la lumière de l’idée. Ils sont élevés les uns et les autres, par l'intelligence, à la hauteur de la dignité humaine.

Il y a encore, dans l’économie, un autre point de vue sous lequel il faut considérer l’existence. Celle-ci a d’autres conditions à remplir : les organes qui servent à entretenir les actes de la vie doivent accomplir, sans obstacle, leur fonction physiologique. Les uns sont à la disposition de la volonté, les autres fonctionnent par une disposition particulière, qui les fait agir et remplir leur but, sans que l’homme ait même la sensation de leurs mouvements mystérieux. Ces organes sont ceux qui ne pourraient s’arrêter, suspendre leur mouvement continu, sans déranger plus ou moins gravement l'acte complexe de la vie. Nous citerons, parmi ces or ganes, le cœur, le foie, etc.; les autres, ceux qui n’ont pas besoin d’un exercice constant, et qui remplissent en quelque sorte une fonction intermittente, sont aux ordres de 1 homme, il les fait agir quand il veut et comme il veut; ainsi de la voix, ainsi des organes générateurs, ainsi des mouvements généraux du corps qui nous transportent d’un lieu à un autre.

Après avoir fait cette énumération, et assigné dans l’économie une place à la plupart des principaux organes, nous allons faire connaître le mode d’action et les conditions d'exercice des sens, des facultés , des affections et des passions, et des mouvements.

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