DT 10 UC H EH
Los corps, mis en contact avec une partie quelconque de l’enveloppe cutanée, y causent une modification particulière, qu’on nomme le lad ou le loucher. La main est organisée de manière à ce que le toucher y soit plus délicat et plus complet. En effet, un grand nombre de ramifications nerveuses s’épanouissent dans sa partie concave; et puis sa division en doigts et son extrême flexibilité lui permettent de parcourir, d’embrasser toutes les inégalités d’un objet.
Le toucher' ne nous donne pas seulement la forme d’un
corps, mais sa consistance, sa pesanteur, sa température, etc.
Cette dernière qualité n’impressionne absolument que le sens du toucher. Pour que les notions des autres soient complètes,
il faut le concours d’un ou de plusieurs des autres sens. Ainsi, quoique le tact juge bien de la forme d’un objet, il ne pourrait en saisir toutes les variétés, tous les caprices, s’il ne s’é-
clairait de la vue.
Les parties les plus délicates de la peau sont celles que le toucher affecte le plus vivement. Voilà pourquoi les enfants sont impressionnés avec plus de force que les hommes adultes, ceux-ci que les vieillards. A la dernière période de la vie, les sens s’émoussent, non-seulement parce que le système nerveux perd de sa vitalité, mais encore parce que la peau prend de la rudesse et forme un obstacle, en quelque sorte maté-
riel, à l’exercice des impressions. Comme les femmes ont une délicatesse infinie du tissu, puisqu’à travers ce voile transparent on voit les ramifications bleuâtres des vaisseaux sanguins, elles possèdent aussi une sensibilité très-vive. Un corps dur heurte-t-il leur main? il la meurtrit, il la blesse.
Dans les pays méridionaux, où la vitalité réside à la peau, l’impressionnabilité du toucher est plus considérable que dans les pays froids, où toutes les forces sont refoulées dans
la trame intime des organes. On comprendra sans doute que, puisque, en règle générale, un organe se développe d autant plus qu’on l’exerce davantage, le tact peut devenir d’une extrême délicatesse à l’aide d’une gymnastique bien entendue. Les personnes qui sont assez malheureuses pour ne pas jouir de tous leurs sens, de celui de la vue, par exemple, finissent par suppléer à ce qui leur manque, en donnant à l’ouïe et au toucher un développement considérable, par un exercice soutenu et surtout attentif. Les aveugles qui reconnaissent la couleur et le numéro des cartes, au toucher de la main, sont en assez grand nombre pour qu il soit facile d en voir des exemples.
Par opposition, ceux qui ne peuvent ou ne savent pas taire l’éducation du tact, ou parce qu’ils s’occupent de travaux grossiers, ou parce qu’ils se soignent les mains de manièie à développer en elles une impressionnabilité beaucoup tiop vive, ceux-là, disons-nous, finissent par ne plus etre aptes à se servir de ce sens. Parmi les premiers, nous compterons une certaine classe d’ouvriers dont les mains calleuses sont 1ecouvertes d’une espèce de cuir qu il faudrait presque percer dans toute son épaisseur, pour éveiller une impression dans les extrémités nerveuses. Parmi les autres, nous placerons ceux
qui poussent à l’extrême les soins enervants de la mollesse, par une fausse direction de la mode et des mœuis. Les patiiciens romains, qui vivaient dans le siècle conompu des Ileliogabale, se plaignaient de la fatigue que le poids des bagues causait à leurs doigts. Ils avaient des bagues d hiver et tics bagues d’été. Quand ils s’endormaient, vêtus de leurs robes légères, sur leurs lits couverts de roses parfumées. de Pestum, l’impression des plis d’une feuille était pour eux une douleur. Heureusement que notre siecle n atteint pas cette
exagération qui prouve autant la décadente des foi ces du corps que le sommeil des facultés de I àme; il v a pouitant des femmes, dont la peau est si delicale, que î exeicieedu toucher l’irrite ou la fatigue.
Il y a des conditions particulières pour que le tact s’exerce convenablement : la peau doit avoir de la souplesse, une tem-
pérature
convenable et un certain état de moiteur. Les pa-
pilles nerveuses s’épanouissent à une chaleur humide, et elles se contractent par un froid sec. Pour conserver à la peau, non-seulement la souplesse, mais la moiteur et la température, il faut ne pas prendre l’habitude de la laisser exposée à l’air libre, surtout pendant la saison d’hiver. On connaît les inconvénients nombreux de l’exposition des mains à l’influence immédiate de l’air. L’épiderme s’endurcit, les doigts s’engorgent, des engelures se développent, des gerçures s’ouvrent; et on joint, à l’obtusion du tact qu’on ne manque pas d’acquérir, une coloration de peau et une forme d’organe qui, dans les mœurs actuelles, décèlent généralement une personne d’une condition inférieure. Nous ne disons pas ce qu’il faut pour guérir les gerçures et les engelures, il * ne faut pas en avoir, et on arrive facilement à ce résultat en prenant des soins de propreté, en ne s’exposant pas sans gants à une température froide, enfin en conservant à la main, soit chez soi, soit dehors, une température à peu près égale.
II y a des perversions du toucher qui proviennent ou de soins malentendus, ou d’un état particulier de la sensibilité résultant de son trop fréquent exercice. Des illusions se forment sous cette influence, on touche mal, ou on croit sentir ce qu’on ne touche pas. Le sens porte à l’esprit une impression fausse, et l’esprit porte un faux jugement sur la sensation illusoire qu'il a perçue. Les bains, les frictions, le massage, et autres pratiques de santé, de propreté ou de luxe, parmi lesquelles nous compterons celle des cosmétiques, ne sont pas pour la plupart avantageuses à l’éducation du tact, si on n’en use pas dans une mesure convenable; nous reviendrons là-dessus.