‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 233 sur 425 · DU TEMPERAMENT NERVEUX · texte numérisé non relu

DU TEMPERAMENT NERVEUX

Voici comment le grand physiologiste Halle décrit le tempérament nerveux. « Une grande vivacité dans les sensations, « une promptitude extrême dans les jugements, des déter- « minations précipitées mais peu constantes, une imagina- « tion vive mais mobile, des volontés absolues mais chan- « géantes servent à le caractériser. « C’est le tempérament des femmes, des enfants, des hommes délicats; c’est le tempérament transitoire des convalescents, dont la sensibilité s’exalte sous l’influence des plus petites causes. Ce tempérament est celui qui mérite les plus grands soins, car, chez lui, la santé peut s’altérer par les accidents les plus ordinaires de la vie ou de la température.

Les excitants du système nerveux viennent principalement par les sens c par la pensée. Ainsi, tous les travaux de l’intelligence, et les impressions qui aboutissent au cerveau sont . les excitants ordinaires de la sensibilité nerveuse. Cette sensibilité, qui, lorsqu’elle se développe sous une influence peu puissante, constitue déjà presque un état morbide, devient quelquefois très-vive chez les personnes qui se livrent à des excès répétés de travail intellectuel. Elles s’impressionnent en effet avec une facilité extraordinaire; elles ne supportent rien sans impatience; elles sont dans une souffrance continue, et finissent enfin par contracter des maladies nerveuses qui revêtent, en général, un caractère très-grave. Le moyen d’empêcher que l’irritabilité nerveuse ne prenne un développement aussi considérable, c’est de varier les occupations et de couper, par des alternatives de repos, le travail long et pénible auquel on se livre.

Parmi les excitants de la classe des médicaments ou des aliments, il y a des substances qui agissent avec une certaine

énergie sur le système nerveux, comme, par exemple, les éthers et autres composés volatils. Parmi ceux qui portent leur action sur l’estomac et qui produisent une influence plus ou moins puissante sur les nerfs, on doit compter en première ligne le café, les liqueurs alcooliques, les épices, les aromates. 11 faut donc, non pas en user médiocrement, ce ne serait qu’une demi-mesure, mais s’en priver entièrement, ce qui est plus sage.

Le régime alimentaire doit être nourrissant. En donnant de la vigueur au corps, il diminuera, ou meme empêchera le développement de l’irritabilité nerveuse. On ne doit pas oublier, comme principe, que l’irritabilité nerveuse est en sens inverse des forces, et qu’augmenter la puissance des unes, c’est affaiblir l’activité de l’autre.

L’air pur et froid est une excellente condition de santé pour les personnes nerveuses; il augmente l’énergie des fonctions digestives et produit des effets toniques sur l’enveloppe cutanée. Les transitions brusques de température sont toujours fâcheuses ; elles sont ressenties très-vivement, et l’impression qu’elles provoquent est quelquefois si forte, qu’elles déterminent de violentes maladies.

L’exercice modéré, l’exercice à cheval, les bains de rivière, les promenades, et surtout le séjour à la campagne amènent toujours d’excellents effets. Quand l’irritabilité survenue est très-vive, qu’elle constitue un état maladif plus ou moins marqué, comme on en voit tant dans les grandes villes, chez les femmes du monde, il ne faut pas l’air sec et pur, et il est important de s’interdire les bains froids; il n'y a qu’un air chaud et dense, et des bains dont on baisse successivement la température, qui peuvent agir favorablement sur la santé.

11 y a deux choses essentielles qu’il faut éviter, quand on est doué du tempérament nerveux, c’est l’abus des saignées quand on est malade, et celui des plaisirs énervants quand on se porte bien. L’un et l’autre abaissent considérablement le ton de l’économie.

Quand l’intelligence est très-fatiguée, quand le système nerveux est devenu d’une irritabilité considérable, on fait

disparaître quelquefois cet état si fécond en douleurs vives et en accidents multipliés, en se livrant à des exercices corporels qui exigent une certaine dépense de force, comme le labour, les travaux de jardinage, et enfin l’exercice d’un métier. Des hommes de lettres, fatigués par l’excès du travail, se sont occupés à tourner, à faire de la marqueterie, et ont vu leur santé s’améliorer sous l’influence de cette gymnas tique réparatrice.

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