DE L’ADOLESCENCE
Si l’adolescence se fait sans effort chez les jeunes gens, il n’en est pas ainsi chez les jeunes filles. Nous avons parlé précédemment des difficultés du changement physique qui s’opère en elles et des soins que cet. état exige; nous n’avons donc plus à y revenir.
Chez la jeune fille, la surveillance, le patronage maternel doivent continuer avec plus de zèle encore. A mesure que les années s’écoulent, que l’instruction se fait, que l’esprit se développe, elle voit des nuages se dissiper successivement devant ses yeux. Pour elle, l’horizon s’agrandit; et ce qu’elle ne sait pas, son intelligence le devine. Sa timidité l’empêche de paraître curieuse, et, .pour suppléer aux questions qu’elle ne peut faire, son tact s’exerce et finit par lui donner de la finesse et de la pénétration. C’est alors que la mère doit chercher à lire dans le cœur de sa fille; et si elle lui explique ce que celle-ci cherche à savoir, ce ne serait peut-être ni une aveugle complaisance ni une faute grave; car, au moins, la jeune fille n’irait pas demander à d’autres de l’initier à de tels secrets. C’est quand la mère possède les pensées de son enfant qu’elle a sur elle une grande influence. La confiance est un excellent moyen pour imposer, en maître, non pas redouté, mais aimé, les pratiques faciles, comme les privations dures d'une bonne éducation.
Il y a des caractères qui exigent peut-être une éducation
d'une autre nature. Les esprits calmes ne doivent pas être traités comme les esprits impatients. S’il faut régler et modérer ceux-ci, on peut abandonner, sans aucune crainte, les autres à eux-mêmes. C’est chez ces derniers qu’on trouve cette fraîche pureté, cette naïveté d’enfant qui forme l'attrait le plus puissant d’une jeune fille.
Il n’en est pas ainsi pour le jeune homme; il a un surcroît d’existence dont il croit ne jamais épuiser la riche énergie; il la dépense sans compter, sans songer à cet avenir qui est trop loin pour lui donner la moindre inquiétude. Mais cette vie d’action donne souvent des habitudes désordonnées. C’est par là que commencent les vices. La surveillance du père, ses leçons et ses exemples sont nécessaires pour éviter le mal. Jl faut d’autant mieux enseigner aux jeunes gens que la vie n’est pas un trésor inépuisable, que trop s’amuser jeune c’est amasser des souffrances pour les années de l’àge mûr, et que souvent la jeunesse même la plus brillante a son triste cortège de maux.
Il y a d’abord ces maladies que le vice prédominant de la jeunesse fait contracter; puis l’excitation de la masse du sang qui produit des maladies inflammatoires des principaux organes et surtout celles de la poitrine; enfin, la phthisie, qui est souvent le fruit d’une vie de plaisirs qui n’a duré que quelques années.