‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 245 sur 425 · HABILLEMENTS · texte numérisé non relu

HABILLEMENTS

L’homme a besoin du secours" des habillements pour se mettre à l’abri des influences de la température; sa constitution particulière l’exige. Chez lui, la nature n’est pas prévoyante, mais elle lui a donné l'intelligence pour prévoir. Elle a tissu la toison ou la fourrure qui couvre les animaux, mais elle a laissé à l’homme le soin de trouver lui-même son vêtement. Les habillements se tirent des trois règnes de la nature. Si le règne minéral n’entre pas pour beaucoup dans notre garde-robe, il sert du moins à la confection des étoffes qui la composent.

Les vêtements les plus chauds sont ceux qui sont faits en étoffe de laine. La raison physique de celte propriété, c’est que la laine est un marnais conducteur du calorique. Étendez un rideau de laine devant une masse de charbons incandescents, il laissera passer moins de chaleur que si, à la place du rideau, vous aviez mis une plaque de fer. On sait que, pour conserver la glace, on l’enveloppe d’une étoffe de laine. C est une cloison imperméable, qu'on établit entre elle et l’air extérieur, dont la température ne tarderait pas, -sans cette précaution, à la réduire à l’état liquide. Ainsi donc pendant

l’hiver, c’est-à-dire quand l’atmosphère est plus froide que le corps de l’homme, qui jouit de trente-deux degrés de chaleur, le drap isole la chaleur du corps de l’influence extérieure, il la fixe en quelque sorte à la surface de !a peau.

Les draps épais sont, les meilleurs isolants. Ceux qui sont garnis d’ouates, de coton, de fourrures, ou qui imitent, comme les draps actuellement à la mode, les draps épais des matelots ou des habitants du nord, isolent d’autant plus le calorique dans le corps de 1 homme, qu’ils ne se laissent pénétrer, à cause de l’épaisseur de leur masse, qu’avec une extrême difficulté. En partant du principe que nous avons posé, on comprend que les vêtements de drap doivent être très- utiles, quand l’atmosphère a une température plus élevée que celle du corps. Dans ce cas, ils protègent le corps contre la chaleur de l’air ambiant, au lieu de le protéger contre le froid. Cela explique l’excellente habitude des habitants des quelques régions méridionales, qui ne s’exposent jamais sans manteau aux brûlantes ardeurs du soleil. C’est au fond de l’Espagne qu’a pris naissance cet adage, à savoir ; que ce qui défend du froid défend aussi du chaud.

Les vêtements épais, ceux qui s’aèrent le plus difficilement, sont ceux qui retiennent le plus longtemps les mauvaises émanations du corps; il faut les battre, les exposer à l’air, les faire nettoyer, les laver quelquefois au chlore, et surtout les couvertures et les laines, par exemple, qui servent au coucher ; c’est une excellente précaution contre les influences nuisibles qui pourraient en résulter.

La couleur des vêtements influe beaucoup aussi sur la température. Le blanc réfléchit, rejette la chaleur, et par conséquent refroidit; le noir, au contraire, absorbe la chaleur, et par conséquent réchauffe. On peut se convaincre soimême de ce fait, en passant une couleur blanche sur un foyer de cheminée enduit de noir; il y aura, après cette opération, une différence notable dans la température de l’air de l’appartement. On peut aussi faire l’exp'ricnce suivante : si on étend un drap noir sur de la neige exposée au soleil, et qu’à côté on étende un drap blanc, la neige couverte par le drap noir sera plus tôt fondue que l’autre.

Ces faits expliquent pourquoi les Orientaux s’attachent de préférence aux couleurs claires. Les burnous arabes sont généralement blancs. On a tort de croire que c’est seulement par goût pour les couleurs éclatantes. C’est plutôt à raison d’une sensation de bien-être qu’ils ont éprouvée et dont ils ne se rendent compte qu’ instinctivement. Dans les pays tempérés, le blanc est devenu le vêtement de l’été, surtout pour les lemmes; mais c’est encore l’instinct qui dirige le goût dans le choix de cette couleur; généralement, on ne s’explique pas ses effets. Le chapeau blanc, qui se porte en été, a, d'après ces théories, un avantage sur le chapeau noir; il échauffe moins la tète.

Les vêtements qui se portent immédiatement sur la peau sont assez multipliés dans nos habitudes modernes. 11 va

d’abord le col et la cravate, chez les hommes, qui ont pour résultat de produire une sorte de constriction sur le cou, souvent incommode et quelquefois nuisible. Les personnes d’un tempérament sanguin assez prononcé doivent porter une cravate légère et lâche. Celles de tempérament lymphatique feront bien de conserver une cravate épaisse et chaude. 11 faut se débarrasser de sa cravate quand on travaille d’intelligence surtout. La constriction que cet objet d’habillement fait éprouver au cou a souvent donné lieu à des congestions sanguines vers la tète, et même à des apoplexies.

Les femmes ont l’habitude d’avoir le cou découvert; cependant, elles feront bien de continuer à faire régner la mode de ces cravates légères dont elles s’entourent pendant l’hiver.

La chemise, ce vêtement nécessaire, est d’une très-grande importance. Les chemises de coton sont excellentes pendant 1 hiver, parce qu’elles sont chaudes, tandis que les chemises de toile portent avec elles une certaine fraîcheur toujours désagréable à certaines époques de l’année. Cependant celles-ci sont préférables, surtout si on a l'habitude d’en changer souvent, car autrement on sait qu’elles refroidissent la sueur, et qui; garder une chemise de toile quand on est en transpiration , c est vouloir se donner un rhume ou une fluxion de poitrine.

C’est à cause de ce dernier inconvénient, et principalement pour maintenir la transpiration insensible dont la peau est toujours le siège, qu’il est bon de porter de la flanelle sur la poitrine. Les femmes, comme les hommes, doivent en adopter l’emploi. Mais il y a une précaution à prendre : il ne faut pas négliger de renouveler cette flanelle, qui, chargée des produits qui émanent de la peau, pourrait provoquer de fâcheuses éruptions sur les points avec lesquels elle serait restée trop longtemps en contact.

Cette recommandation que nous faisons est plus importante qu’on ne pense. Il est probable que les maladies de la peau, si communes à l'époque où la chemise n’était pas connue, devaient leur existence à l’action immédiate des vêtements de laine sur le tissu dermique. Les Romains ne devaient la conservation de la normalité de cette enveloppe si délicate, qu’à l’usage multiplié des bains de toute sorte, qui étaient devenus pour eux moins un besoin hygiénique qu’une coutume pleine de volupté. On n’ignore pas combien la France fut affligée de maladies de la peau et surtout d’éruptions de lèpre, du temps de saint Louis ; c’était à tel point, que ce genre de maladies constituait l’affection dominante; les hôpitaux portaient le nom de léproseries. Sans doute, la chemise n’a pas fait seule cesser tout le mal; il y a d’autres causes, non moins puissantes que celle-ci, qui ont contribué au résultat. Mais les soins de propreté que son usage a introduits, et puis l’obstacle qu’elle porte aux froissements e( à l’action immédiate du vêtement de laine, doivent compter pour une grande part dans l’heureuse révolution hygiénique que nous venons de signaler.

Un vêtement qui est aussi d’une certaine importance, c’est le caleçon. Le caleçon empêche chez l’homme l’action immédiate du pantalon sur la peau. 1! n’est pas d’une absolue nécessité pour lui; mais il est au moins une condition de propreté, et il entretient dans les membres inférieurs une certaine égalité de température.

Chez les femmes, il en est autrement, le caleçon est plus qu’utile, il est généralement presque nécessaire. C’est à son absence que sont dues la plupart de ces flueurs blanches, si

communes dans les grandes villes et surtout à Paris. Nous avons remarqué que. l’adoption du caleçon les faisait quelquefois disparaître comme par enchantement, môme lorsqu elles n’avaient pas voulu céder à des remèdes; d’un autre côte, l’action immédiate de l’air sur le tissu cutané des membres inférieurs, et môme sur une partie du tronc, peut provoquer, dans certaines occasions, de brusques suppressions de transpiration et déterminer de violentes maladies, (.es influences et leurs suites sont bien moins à craindre quand on fait usage du caleçon.

Les bas, qui sont le vêtement de la jambe, ne doivent pas être d’une trop grande finesse. Il ne faut pas seulement orner la jambe, il faut encore la couvrir. Quand les femmes chaussent des bas de luxe, elles feraient bien, ce qui se pratique d’ailleurs dans la société élevée de Paris, de ne les chausser que sur un autre bas. L’élégance n’a rien à perdre à cette précaution sage, car la couleur de chair du maillot fait complètement illusion.

Nous ne saurions trop recommander l’habitude hygiénique de placer les jarretières au-dessus du genou ; les constrictions faites au-dessous de l’articulation de la jambe favorisent le développement des varices, en faisant obstacle à la circulation.

Le vêtement des pieds, la chaussure, mérite beaucoup de soin. Les hommes commencent à renoncer aux bottes; les tiges ne paraissent être faites que pour ballonner le pantalon, et elles nuisent évidemment au jeu de l’articulation de la jambe avec le pied. Les souliers, les souliers-guêtres favorisent beaucoup mieux les mouvements; ils sont préférables aux bottes.

Les femmes portent généra’ement une chaussure très-légère. Elle paraissent tenir moins au soin de leur santé qu’à l’élégance de leurs pieds. Les chaussures fourrées, les socques peu lourds, les semelles de liège ou enduites de caoutchouc, les chaussons de Strasbourg avec des semelles de peau de daim mettent à 1 abri, soit du froid, soit de l’humidité, soit des chutes su i la glace. Nous les conseillons, suivant l’occurrence, aux hommes comme aux femmes, car une impression

prolongée d’humidité ou de froid produit les résultats les plus funestes. Les fluxions de poitrine et les apoplexies ne sont dues bien des fois qu’a cette cause.

Le vêtement de la tête mérite que nous nous y arrêtions un peu. Les chapeaux à ballons, qui forment la coiffure disgracieuse de l’homme, ont pour avantage de ne toucher la tête que par quelques points. La masse d’air qu'ils renferment est un intermédiaire très-sain entre la tête et le tissu qui la couvre. Mais il arrive que la transpiration échauffe singulièrement cette atmosphère , surtout pendant l’été; on la renouvelle en se découvrant de temps en temps.

Il y a des personnes qui ont l’habitude de garder chez elles la tête couverte ; cette habitude est mauvaise, surtout si on se livre aux travaux de cabinet. L’excitation du cerveau s’augmente, en effet, de la chaleur supplémentaire provoquée par la coiffure. D’autre part, il est maintenant d’une obligation presque populaire de politesse , de ne rester jamais couvert quand on visite quelqu’un. 11 faut donc qu’une habitude contractée chez soi ne devienne pas nuisible par l'impossibilité de la suivre chez les autres.

La nuit, il faut aussi se couvrir légèrement la tête. Le madras en été, le foulard en hiver, sont les coiffures les plus convenables pour le sommeil. La chaleur du lit peut déterminer des congestions cérébrales, et l’on comprend qu’elles deviennent d'autant plus faciles et d’autant plus promptes que la tète y est plus prédisposée.

Les femmes ont la tête couverte par la masse de leurs cheveux; c’est une première coiffure. Aussi, celle qu’elles emploient est, en général, faite avec des étoffes d’une grande légèreté, et qui ne donnent guère de chaleur. La manière dont elles disposent leur chevelure peut occasionner des maux de tête qui, une fois provoqués, peuvent se répéter d’une manière régulière, et établir une maladie périodique souvent très-difficile à guérir, quand son existence a une certaine durée. On amende ou on détruit l’effet en faisant disparaître la cause, c’est-à-dire en se coiffant de telle sorte que les cheveux ne oient pas tendus, tirés, et qu’ils ne donnent pas,

parleur position irrégulière, une sensation de pesanteur ou

de douleur. f

Nous donnerons aux femmes les mêmes conseils qu’aux

hommes pour la toilette nocturne de la tête. Une légère coiffe, avec une seule épaisseur d’étoffe , suffira pour garantir la tète de l’impression du froid.

Nous voici parvenus à un point extrêmement important , le plus peut-être, des habitudes de la femme relativement à son habillement ; nous voulons parler du corset, de son usage, et surtout de ses abus.

11 est malheureusement reçu qu’une femme manque de distinction et de grâce, si sa taille ne tient pas dans les quatre doigts des deux mains. Cependant, la nature n’a pas construit la femme de manière à satisfaire cette bizarie exigence. La Vénus de Médieis, ce chef-d’œuvre féminin, ce type des types, est loin de présenter ces conditions: mais la mode, et surtout les habitudes contractées le veulent ainsi. 11 n’y a donc rien à dire. Nous devons donc nous borner seulement à faire les observations nécessaires pour que < etle piatiquc soit aussi peu nuisible qu’il sc pourra. D abord, pour se faire une idée du mal que peut produire le corset, il faut qu’on sache qu’il agit en sens inverse des formes naturelles.

Ainsi, la poitrine d'une femme, prise dans la totalité, représente à peu près la figure d’un cône, dont la pointe serait à la taille et la base entre les deux épaules. Eh bien ! c'est précisément le contraire, quand on examine la taille d’une femme que le corset n’a jamais serrée, ou même celle d’une

de ces magnifiques créations de marbre que 1 antiquité nous a

laissées; on remarque que la pointe du cône est en haut et que sa base est en bas. Les poumons sont d'ailleurs plus larges à la base qu’à la pointe, c’est-à-dire au bas de la poitiine qu’à son extrémité supérieure; d autre part, la légion du foie correspond à la taille. C’est donc précisément la partie de la poitrine qui a besoin de plus de développement qui est la plus serrée.

Comment remédier à des inconvénients que la mode ne consentira pas à faire disparaître, et qui sonl la cause la plus ordinaire de la phthisie , par défaut de développement de

l'organe pulmonaire , et d’affections du cœur par 1 obstacle qu’ils opposent à la marche de la circulation? En recommandant un grand soin et un choix éclaire dans 1 adoption des corsets. Il faut qu’une mère consulte un médecin sur la forme et sur la force de celui dans lequel elle se dispose a emprisonner la taille de sa tille ; il taul qu’elle s’enquiere auprès de lui du degré de constriction qu’elle pourra donner ci ce vêtement devenu nécessaire, sans produire de fâcheux effets; enfin, si la mère est réduite à se diriger elle-même, voici quels sont les préceptes qu'elle suivra. Si l’enfant n’est affecté d’aucune déviation de la taille , il ne faudra lui donner de corset qu’à l’époque où la menstruation sera entièrement établie. Alors, le sang a pris son écoulement naturel, et les perturbations dans sa libre circulation sont beaucoup moins à craindre. 11 sera nécessaire que le corset comprime d’une manière uniforme les parties sur lesquelles il sera applique. On obtient ce résultat, en adoptant ceux qui n’ont dans leur construction ni fer ni baleine. Les corsets élastiques sont les moins défavorables à la santé : ils maîtrisent les mouvements sans les gêner. 11 faut encore faire attention à ménager les parties les plus faibles; on évitera de faire porter sur elles 1 el fort de la constriction ou du point d’appui. On n’oubliera pas également une chose très-importante, celle de diminuer la pression habituelle du corset à cette époque périodique de lourdeur et de souffrance qui précède et accompagne le flux menstruel. Si on ne prenait cette précaution, on rendrait peut-être l’apparition de l’écoulement difficile et douloureuse; et on sait que de cette difficulté qui se prolonge, a une suspension, ou à une privation, il n'v a, pour ainsi dire, qu’un pas. En suivant ces préceptes, et surtout en surveillant de près la toilette de sa fille, une mère pourra protéger une santé qui, sans cette prévoyance quotidienne, contracterait bientôt peut-être de profondes altérations.

L’ampleur des vêtements favorise l’exercice des fonctions de la peau, ainsi que le mouvement régulier de la circulation Toute gêne dans les habits est un obstacle à l’accomplissement de ces conditions physiologiques de la santé. Nous parlions tout-à-l’heurc du corset qui développe désaffections

du cœur et comprime le jeu de l’organe pulmonaire : nous pourrions attribuer des effets à peu près semblables à ces habits pinces qui boutonnent pour ainsi dire en corset, et à ces pantalons qui , tendus sur le ventre a\ec force, présentent une barrière sans élasticité au développement de l’abdomen. Qu'un habit soit boutonné de manière à marquer la taille, qu'un pantalon soit fixé de telle sorte qu'il ne se fronce pas en plis irréguliers, cela se conçoit et n'a pas le moindre inconvénient; mais il y a loin de là à cette exagération de la mode qui semble vouloir refouler les formes, à force de travailler à les rendre sveltes et élégantes, et qui force celui qui vient de prendre un repas trop substantiel d’ouvrir son habit ou de relâcher l’ouverture antérieure de son pantalon.

Nous avons déjà parlé des constrictions de la cravate et des jarretières, et de leurs effets sur le corps ; et nous ne devons pas oublier de dire que rien ne fatigue la tète comme de porter un chapeau trop dur dans son contour, ou trop étroit dans son ovale. Il faut surtout que la coiffure soit aussi légère qu’aisée; c’est le moyen de ne pas ajouter une cause de plus à celles qui peu\ent développer les maux de tète; c’est une chance d’enlevée à l'une des douleurs que notre organisation supporte avec le moins de patience.

Les enfants doivent avoir des vêtements amples , et qui ne gênent pas la liberté de leurs mouvements. Quand ils viennent de quitter le maillot qui les protège, à une époque où ils sont encore trop faibles et trop délicats, on doit immédiatement adopter pour eux celte excellente pratique. Nous ne recommandons pas l’adoption de l’éducation à la Jean- Jacques Rousseau, dès l'instant où l’enfant a vu le jour; mais il est nécessaire, pour que le corps puisse se développer, pour qu'il ne prenne pas l'habitude vicieuse de vêtements qui en soutiennent la faiblesse, il est nécessaire, disons-nous, que l’ampleur des vêtements lui permette une certaine liberté.

Cette recommandation s’applique également à la coiffure, qui ne doit pas seulement être large, mais encore légère. Le cerveau de l’enfant est un cerveau très- actif, plus actif qu’on ne le pense ; et c’est assez de l'état naturel pour y faire

affluer les humeurs ; il serait imprudent de les y appeler en excès.

On doit également ne pas chausser les enfants de chaussures étroites; c’est faire contracter à leurs pieds une délicatesse de forme qui peut finir par ne pas être en harmonie avec la taille et la pesanteur du corps. Les pieds trop petits pour la grandeur de la taille ou la force de l’embonpoint donnent lieu à cette marche incertaine et presque boiteuse, chez les femmes qui se font remarquer par cette disproportion.

Les toiles de fil sont les plus saines, celles de coton sont saines, mais chaudes. Toutes les étoffes peuvent être mises à contribution pour l'habillement de l’enfant, mais il faut les changer souvent, car la santé dépend en grande partie, dans le jeune âge, des soins réguliers et minutieux de propreté.

Il y a un vêtement commun à l’homme, à la femme, à l’enfant, et qui est revêtu, si l’on peut s’exprimer ainsi, pendant une grande partie de la révolution diurne; ce vêtement, c’est le lit. 11 se compose de rideaux, de couvertures, de draps, de coussins, et d’un appareil de lits de plumes et de matelas qui forme une épaisseur considérable.

Les draps de lits en fil sont plus amis de la peau que les draps en coton. Ceux-ci sont plus doux et plus chauds; mais ils dé\eloppent une excitation qui devient quelquefois trèsconsidérable. Il y a des personnes qui ne peuvent dormir dans des draps de coton. Les couvertures sont en laine ou en coton, suivant la saison d’hiver ou d’été ; nous n’avons aucune observation à faire là-dessus, si ce n’est qu’il faut les aérer souvent, car elles peuvent s’imprégner, et elles s’imprègnent réellement d’émanations miasmatiques qui entretiennent de mauvaises odeurs.

Le drap sur lequel on repose doit être tendu sur un matelas non pas en laine, mais en crin; la laine est plus chaude, mais le crin est plus sain. Cette dernière substance s’imprègne moins que l’autre des produits de la transpiration. C’est au-dessous du matelas qu’il faut placer le litde plume; il doit être assez séparé du corps pour qu'il ne produise pas une influence énervante, ou qu’il ne contribue pas à déter-

miner, pur sa molle chaleur, ces spasmes, ces excitations particulières qui troublent ou interrompent brusquement le sommeil.

Le lit de plume repose ordinairement sur une vaste toile remplie de paille, qui elle-même est placée immédiatement sur le cadre du lit. Cette disposition est bonne et ne fait qu’augmenter les conditions de douce élasticité qu’on aime à trouver dans l’ensemble des pièces qui composent le couchage.

L’industrie, qui quelquefois est d’accord avec l’hygiène, et qui fait du reste tous ses efforts dans notre siècle pour respecter et même pour appliquer les lois de cette science, l’industrie a remplacé l’ancien matériel de la literie par une pièce unique, connue sous le nom de sommier élastique. C’est une pièce où des ressorts métalliques jouent le rôle de la laine,

de la plume et du crin réunis; elle a l'avantage de conserver toujours son élasticité, sans avoir les inconvénients de cette chaleur énervante que provoquent les lits disposés d’après 1 ancien système. Les sommiers élastiques nous paraissent

devoir obtenir la préférence.

Les oreillers de plume dont on s’entoure la tète, prédisposent aux congestions; on devrait plutôt adopter les oreillers de paille d'avoine. Les édredons développent une chaleur telle, que de graves inconvénients peuvent résulter de leur usage, surtout, par exemple, si on se couche avant d’avoir terminé la digestion de son dernier repas, ou si on est doué d’un tempérament à la fois sanguin et irritable. On a mi des apoplexies en résulter.

Les rideaux sont très-utiles en ce qu'ils s'opposent au passage des vents-coulis; mais il n’y faut habituer ni la jeunesse ni l’enfance ; pendant ces deux premières périodes de la vie, on doil, pour plusieurs raisons, dormir à découvert.

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