‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 3 sur 425 · DES TISSUS. DES VAISSEAUX ET TRACHÉES · texte numérisé non relu

DES TISSUS. DES VAISSEAUX ET TRACHÉES

Si Fou examine l’organisation intérieure du végétal, on y découvre un tissu membraneux, plus ou moins transparent, continu, formé de cellules ou de tubes, et percé d’un grand nombre de pores. Ce tissu forme deux divisions qui sont assez nettement tranchées : le tissu cellulaire -et le tissu tubulaire ou vasculaire.

\° Le tissu cellulaire se présente sous la forme de petites cellules communiquant ensemble par des pores; sa forme régulière est hexagone ou à six pans', comme les alvéoles des abeilles. Ce tissu constitue la moelle, l’enveloppe herbacée, la partie charnue des racines, des fruits pulpeux, etc. ; son peu de consistance fait qu’il se déchire quelquefois ; il laisse alors des vides qui portent le nom de lacunes ou cellules : celles-ci sont très-apparentes dans les plantes aquatiques et contiennent toujours de l’air. Le tissu cellulaire réunit deux propriétés essentielles : 1° celle d’absorber les liquides; 2° celle de se contracter par l’action de certains stimulants. Ces deux facultés servent h expliquer divers phénomènes de la vie végétale.

On a donné à la substance granuleuse qui s’observe dans les cellules, le nom de globuline ou (Te ehromulc. C’est elle qui colore les cellules, dont les parois sont toujours diaphanes.

Dans les couches ligneuses des dicotylédones et dans les filets ligneux des monocotylédones, on trouve un autre tissu cellulaire, qui représente une multitude de petits vaisseaux allongés, et qu’on connaît sous la dénomination d q tissu cellulaire allonge. Ce tissu paraît se composer de petits tubes

étranglés de distance en distance et laissant entre eux des intervalles qui ne contiennent que de l’air. Dans les rayons médullaires, les cellules sont très-petites, allongées et placées horizontalement au lieu d’ètre verticales. Le tissu cellulaire allongé constitue la partie la plus solide des végétaux et ne se détruit point dans l’eau. Les parois de ce tissu finissent par s’obstruer dans les anciennes couches des arbres, et se réunissent tellement les unes aux autres, qu’elles n’offrent souvent à l’œil nu qu’un seul filament. C’est cette circonstance qui avait fait appeler par quelques auteurs ce tissu fibre végétale.

2° Le tissu tubulaire ou vasculaire est la seconde division du tissu membraneux ; il se compose de cellules ou de tubes allongés qui se réunissent, par leurs extrémités, de mille

fluides nécessaires à son existence.

On distingue, dans les plantes, plusieurs espèces de vaisseaux, qui sont autant de modifications du tissu vasculaire ou tubulaire.

On nomme ponctués ou poreux, ceux qui offrent des séries transversales de points qu’on a considérés comme autant de pores ; ils abondent dans les couches ligneuses des tiges, des branches et des racines.

On appelle moniliformes, ou en chapelet, ceux qui sont coupés et resserrés de distance en distance et qui ressemblent à des grains de chapelet. On les rencontre à la naissance des feuilles et des branches; on les trouve aussi dans les bourrelets.

Lorsque les vaisseaux sont coupés de fentes transversales qui remplacent les pores, ils reçoivent le nom de vaisseaux fendus, ou fausses trachées, ils se rencontrent principalement, dans les bois d’un tissu mou.

Certaines tiges présentent une disposition particulière. Si on les divise en deux, dans le sens.de leur longueur, et qu’on écarte doucement les deux parties, on voit les tubes former des spires ou des tire-bouchons qui simulent assez bien les organes respiratoires des insectes, ce qui leur a valu le nom de trachées. On trouve plus particulièrement les trachées

autourde la moelle des dicotylédones et entre les filets ligneux des monocotylédones.

Les vaisseaux mixtes participent de la nature de tous les autres; ils sont alternativement poreux, fendus ou roulés en spirale.

Les vaisseaux propres n’ont ni pores ni fentes, et contiennent un suc propre ou particulier à chaque végétal ; ainsi, dans le pin, ils contiennent la résine, dans les pavots, un suc blanchâtre, etc. On désigne aussi ces vaisseaux sous le nom de réservoirs des sucs propres; ils sont solitaires ou fasciculaires. Les solitaires ne sont que des lacunes ou de longues cellules; c'est ainsi qu’ils se montrent dans les pins. Les fasciculaires sont formés par la réunion de plusieurs petits tubes accolés; ils se rencontrent dans le tissu cellulaire de l’écorce, où ils sont distribués avec plus ou moins de symétrie. C’est à cette division qu’appartiennent les vaisseaux propres du chanvre. La filasse qu’on retirede l’écorce de cette plante est formée par le déchirement longitudinal de ces pièmes vaisseaux.

Il arrive assez fréquemment que les tubes ou vaisseaux sont dans leur longueur alternativement percés de pores, fendus transversalement et découpés en spirale, ce qui prouve que ces différentes formes, dont on a fait autant d’espèces particulières de vaisseaux, ne sont que des modifications du tissu cellulaire, qui constitue en dernier résultat la base du végétal.

Les vaisseaux sont encore divisés, d’après la nature des fluides qu’ils renferment, en vaisseaux lymphatiques ou séveux, dans lesquels circule la sève; en vaisseaux des sucs propres (nous en avons parlé plus haut), et en vaisseaux aériens, dans lesquels on ne trouve que de l’air ou d’autres fluides gazeux.

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