DES FLUIDES VÉGÉTAUX
Les racines, à l’aide de leur chevelu, attirent continuellement à elles* l’humidité delà terre, tandis que les feuilles absorbent par leurs pores les fluides répandus dans l’atmos-
phère. Ces divers éléments subissent dans la plante plusieurs élaborations et donnent naissance à trois fluides principaux, savoir, la sève ou la lymphe, le cambium et les sucs propres.
1° La sève ou la lymphe existe, dans tous les végétaux, beaucoup plus abondante que les autres fluides; elle circule constamment d’une extrémité à l’autre de la plante. C’est une liqueur simple, sans couleur, sans odeur, et, en apparence, peu différente de l’eau.
Mais la sève n’est jamais entièrement pure ; l’eau qui en constitue la base tient en dissolution de l’oxygène, de l’azote, de l’acide carbonique, des sels minéraux et quelquefois des sucs propres.
2° Le cambium diffère de la sève par sa qualité inucilagineuse et par sa saveur, assez semblable à celle de la gomme. On peut le considérer comme une sève épaissie; il n'est ni coloré ni odorant, caractère qui, réuni à la saveur fade, le distingue des sucs propres. Il n’est point contenu dans des vaisseaux particuliers et transsude entre l’écorce et l’aubier. C’est surtout au printemps et à l’automne que la sève et le cambium se rencontrent en plus grande quantité. Le cambium est la partie essentiellement organique du végétal; il produit des couches d’écorce et d’aubier qui se forment chaque année, et il existe partout où il y a des organes.
5° Le suc propre est. ainsi nommé parce qu'il varie suivant les espèces de végétaux. C'est une liqueur composée, qu’on reconnaît à sa couleur, à son odeur et à sa substance. Ce suc est contenu dans ces vaisseaux, qu'on appelle vaisseaux propres, et dont la direction est longitudinale. Ordinairement il a la couleur de l’eau ; il est quelquefois coloré; il est blanc comme du lait dans la laitue, le figuier, jaune dans la chélidoine, vert dans la pervenche, gommeux dans le cerisier, le prunier, résineux dans les pins et les sapins. Observons que la gomme et la résine sont des sucs propres de nature différente; l’un se dissout dans l'eau, l’autre n’est soluble que dans l’esprit de vin.
C’est dans le suc propre que résident la saveur et la vertu des plantes. Celles qui ont peu de suc propre qjit peu de vertus. Le suc’propre coule plus abondamment dans les
grandes chaleurs que par un air frais, et son cours est comme suspendu pendant les temps froids.
Outre les fluides dont nous venons de parler, et qui sont les fluides aqueux, il en est un autre d’une nature différente, non moins nécessaire à la vie des végétaux qu’à celle des animaux ; c’est Vair, qui circule dans des vaisseaux élastiques et roulés en spirale, que nous avons appelés trachées. Plusieurs botanistes pensent que ces trachées ne contiennent absolument que de l’air, et qu’elles servent comme de poumons aux plantes; d’autres supposent qu’elles contiennent quelquefois des liqueurs. Il est probable que l’air contenu dans les végétaux s’y introduit par leurs pores, entraînant avec lui l’humidité des rosées et les vapeurs de l'atmosphère.
Maintenant que nous avons considéré la stiucture anatomique et analysé les parties élémentaires du végétal, nous allons en étudier les parties organiques. Elles sont partagées en deux classes : 1° celles qui servent à puiser dans le sein de la terre les substances nécessaires au développement de la plante, et qu’on appelle organes de la nutrition ou de la végétation; tels sont la racine, la tige, les bourgeons, les feuilles, etc.; 2° celles qui servent à la reproduction de l’espèce, et qu’on nomme organes de la reproduction ou de la fructification; tels sont la fleur, ses différentes parties, et If fruit qui leur succède.