‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 341 sur 425 · DESTINÉES A L’USAGE EXTE UNE · texte numérisé non relu

DESTINÉES A L’USAGE EXTE UNE

Le Bain est l’immersion du corps ou d’une partie du corps dans un liquide préparé pour remplir un but médical. Les bains sont généraux ou locaux. Parmi ces derniers, on distingue les maniluves (bains de mains), les pédiluves (bains de pieds). Il y a des bains émollients, narcotiques, toniques, aromatiques : ce sont ceux qu’on peut préparer chez soi.

Les bains ordinaires sont composés d’eau simple ; leur température varie de 20° h 40° centigr., suivant qu’on peut les prendre ou presque froids ou très-chauds.

Les bains émollients se composent en faisant bouillir dans l’eau du bain deux ou trois kilogr. de plantes émollientes, ou en jetant dans le bain une décoction de deux ou trois kilogr. de tripes, ou encore en y incorporant une dissolution d’un kilogr. d’amidon.

Les bains narcotiques se préparent en faisant bouillir deux kilogr. d’espèces narcotiques dans l’eau du bain.

Les bains aromatiques se préparent de la meme manière, avec des espèces aromatiques.

Les bains toniques ou bains de mer artificiels se composent comme il suit : on prend d’une part un kilogr. de sel ordinaire, qu’on fait fondre dans une petite quantité d’eau; d’autre part, on fait dissoudre, douze heures à l’avance, dans un plat d’eau froide, un kilogr. de gélatine. On môle ces dissolutions à l’eau du bain, en commençant par le seh

Les bains, pour agir avec une certaine efficacité, doivent être pris à une température peu élevée.

Les bains locaux ont la même composition que les bains généraux, excepté néanmoins les pédiluves, qu’on prépare ou au vinaigre, ou à la graine de moutarde. La dose ordinaire est de 15 grammes de farine de moutarde ou d’un demi-verre de vinaigre.

Le Cataplasme est un médicament destiné à être appliqué sur la peau, et qu’on emploie à l’état de pâte. Les topiques de cette espèce sont ou émollients, ou toniques, ou astringents, ou suppuratifs, ou résolutifs, ou narcotiques, etc. Les farines ou les pulpes forment leur base. Il entre également dans leur composition des plantes, des onguents, des huiles et autres substances médicamenteuses plus ou moins actives.

lu Cataplasmes émollients. Ou délaie, dans une quantité suffisante d’eau bouillante, une quantité indéterminée de farine de graine de lin. Lorsque le mélange est devenu à demi consistant, on l’étend entre deux linges, et on applique sur-le-champ. — Autre. On fait bouillir une quantité suffisante de mie de pain dans un demi-litre de lait, et on ajoute de la farine d’orge jusqu’à consistance de cataplasme. On peut néanmoins se passer de l’addition de la farine d'orge. — Autre. Après avoir fait bouillir, le moins de temps possible, une quantité plus ou moins considérable de feuilles et de fleurs de mauve et autres herbes émollientes, on passe, on pile les herbes, et la pâte qui en résulte forme un cataplasme d’un excellent effet.

Cataplasme tonique. Dansundemi-litrcde gros \ in rouge, on fait bouillir une poignée environ de plantes aromatiques. Après l’ébullition, on ajoute de la farine d'orge pour former le cataplasme.

5" Cataplasme astringent. On fait bouillir, également dans un demi-litre de gros vin rouge, une quantité plus ou moins considérable de roses de Pion ins. On n’interrompt l’ébullition qu’après réduction de la masse en une pâte de consistance de cataplasme. On laisse refroidir avant d’appliquer.

•1” Cataplasme suppuratif. 11 n’y a qu’à incorporer CO grammes d’onguent basilicum, ou 50 grammes d'onguent de la

mère dans un cataplasme ordinaire de larine de lin. — En voici un autre, qui produit aussi de très-bons effets. On fait cuire des quantités égales de feuilles d’oseille et de poirée; on égoutte, on forme le cataplasme, et on incorpore 15 ou 20 gr. de saindoux.

5" Cataplasme résolutif. Faites un cataplasme de farine d orge, en délayant la farine dans de l’eau blanche (eau de (îoulard), et appliquez froid. — On peut aussi le préparer de la manière suivante : on délaie 75 à 100 grammes de savon blanc dans un demi-litre d’eau, et on forme le cataplasme avec une addition suffisante de farine d’orge.

6° Cataplasme narcotique. Sur un cataplasme ordinaire, répandez trois cuillerées de laudanum de Sydenham, ou, ce qui est plus actif, 6 ou 8 grammes d’extrait d’opium dissous dans une suffisante quantité d’eau. — Ou bien, encore, formez-le avec les espèces narcotiques, après ébullition.

Les Cérats sont formés d’huile et de cire. C’est leur base principale; mais, en y ajoutant des substances différentes, on leur fait contracter des propriétés très-variées.

Le cérat simple se prépare en faisant fondre, au bain-marie, une partie de cire blanche pour trois parties d’huile fine ou d’huile d’amandes douces. On laisse refroidir, puis on bat dans un mortier jusqu’à ce que la pâte soit homogène; pour aromatiser, on ajoute, pendant l’opération, une eau distillée, comme celle de roses ou de jasmin.

Le cérat saturné ou cérat de Goulard se prépare par l’addition de cinq à six gouttes d’extrait de saturne pour 50 grammes de cérat simple.

Le cérat opiacé se prépare en ajoutant 1 gramme d’opium brui, à l’état de poudre, pour 50 grammes de cérat ordinaire ; on peut remplacer l’opium par une grande cuillerée de laudanum de Sydenham, pour les circonstances qui n’exigent pas une grande puissance narcotique.

Les Emplâtres sont des médicaments destinés à l’usage externe et d’une consistance assez solide et assez adhérente pour se fixer sur les points où on les place. Ils sont composés de cire, de gommes, de résines, de substances métalli-

ques, suivant les propriétés qu’on. veut leur donner. Les pharmaciens seuls peuvent en faire la préparation.

Les Fomentations , lotions et affusions. Les fomentations sont des médicaments à l’état liquide, qu’on applique par l’intermédiaire de linges ou de flanelles. Les lotions et les affusions ne sont que des manières différentes d’appliquer, sur les diverses parties du corps, ces liquides médicamenteux. Ainsi le mot lotion signifie laver certains points de la surface du corps au moyen d’un linge, ou plutôt d’une éponge imbibée d’un de ces liquides. Les affusions consistent à faire affluer ou tomber en douches des liquides médicamenteux sur certaines parties. La composition de toutes ces préparations étant absolument la même, il suffira de nous occuper de celle des diverses fomentations; ce sera faire connaître en même temps les autres. On emploie, suivant le but qu’on se propose de remplir, des fomentations émollientes, calmantes, astringentes, résolutives.

1° Fomentation émolliente. Elle consiste dans le produit de l’ébullition d’une certaine quantité de graine de lin ou de racine de guimauve dans une quantité d’eau proportionnée. C’est dans cette eau qu’on trempe un linge plié en plusieurs doubles, pour l’*étendre sur la partie malade. A la place de la graine de lin ou de la racine de guimauve, on peut employer tout autre émollient; les effets sont les mêmes.

2° Fomentation calmante. Elle consiste dans le produit de l’ébullition de deux ou trois têtes de pavots, et de feuilles de morelle et de jusquiame dans une certaine quantité d’eau.

5° Fomentation astringente. On fait dissoudre, pour obtenir cette fomentation, 50 grammes de sel ammoniac dans un litre d’eau (1,000 grammes).

4° Fomentation résolutive. On l'obtient en faisant fondre 50 grammes de savon blanc dans un demi-litre d’eau-de-vie, ou en mêlant 15 grammes d’extrait de Saturne dans 250 grammes d’eau. Les fomentations astringentes et résolutives doivent être administrées froides.

Les Fumigations consistent dans l’administration de substances médicamenteuses sous forme de vapeurs. Elles sont dnectcs ou indirectes. On les dirige ou sur le corps ou dans

les cavités du corps d’un malade, et alors elles sont directes; ou on les dirige dans l’atmosphère qui l’entoure, l’air de la chambre par exemple, afin d’en modifier la composition, et, dans ce cas, elles sont indirectes. Nous allons faire connaître comment se composent celles qui sont les plus importantes à connaître.

1° Fumigation relâchante ou [émolliente. On l’obtient en faisant évaporer de l’eau dans laquelle on a fait bouillir des substances émollientes, comme la mauve, la guimauve, etc. On peut s’en servir avantageusement contre les rhumes de cerveau, les irritations de poitrine, les maladies inflammatoires du fondement, les inflammations vaginales, etc.

2° Fumigations calmantes. On emploie maintenant des cigares de substances calmantes , comme le camphre , par exemple, contre les affections spasmodiques des poumons ; L’action de fumer produit la fumigation. La fumée du tabac est une fumigation narcotique. L’opium, que les Chinois fument avec tant de passion , est également une fumigation narcotique, mais il agit avec une trop grande énergie.

Les Liniments sont des médicaments onctueux qui servent à frotter, à frictionner les parties du corps , et dont la consistance tient le milieu entre l’huile et la graisse. Voici des exemples des liniments en môme temps les plus simples et les plus utiles.

1° Liniment calmant. On l’obtient en faisant dissoudre un demi-gramme d’extrait d’opium dans 80 ou 100 grammes d’huile d’olives ou d’amandes douces. On peut le préparer aussi en dissolvant 4 grammes de camphre dans un jaune d’œuf, en ajoutant à ce mélange 4 grammes de laudanum de Sydenham, et, enfin, en incorporant le tout dans 60 grammes de graisse.

2° Liniment excitant. Voici la formule d’un excellent lîniment contre les rhumatismes chroniques. On fait dissoudre comme précédemment, 5 grammes de camphre dans un jaune d’œuf; on mêle avec 100 grammes d’huile, et on ajoute douze ou quinze gouttes d’huile essentielle de romarin.

o° Liniment contre la brûlure. On môle, par portions éga-, les, de l’eau de chaux et de l’huile d’oliye, et on bat jusqu'à

ce que le mélange ait acquis une certaine consistance. On renouvelle ce Uniment d’heure en heure pour obtenir des effets prompts et efficaces.

Les Onguents sont des médicaments qui servent à oindre les parties malades, et dont la composition varie suivant la nature de l’affection ou le but que l’homme de l’art se propose d’atteindre. Les onguents ne peuvent être préparés que par les pharmaciens.

Les Pommades diffèrent des cérats en ce qu’elles ont la graisse au lieu de l’huile pour base. Les pommades médicales doivent être composées, sans exception, sur ordonnance de médecin. Ce n’est pas ici le lieu de traiter des pommades cosmétiques.

Les Sparadraps sont des bandes de toile ou de soie, ou même de papier, recouvertes d’un enduit glutineux assez adhérent pour se fixer solidement sur la peau. Ils sont très-utiles pour les pansements, car ils servent à tenir rapprochés les uns des autres les bords des plaies ou des solutions de continuité. Nous allons dire comment on prépare le sparadrap ordinaire, le sparadrap papier ciré et le sparadrap taffetas d’Angleterre.

1° Sparadrap ordinaire. On fait liquéfier au bain-marie 60 grammes de cire blanche, 50 grammes d’huile d’amandes douces, 4 grammes de térébenthine. Quand la liquéfaction est terminée, enfin, que la matière est homogène, on l’étend au moyen d’un pinceau sur des bandes de toile fortement tendues. On fait sécher à l’étuve; ou roule sur du papier, et on enferme le sparadrap dans un lieu sec et à l’abri de la chaleur.

2° Sparadrap papier ciré. On fait liquéfier parties égales de cire vierge, d’huile de baleine, et de térébenthine pure; on mêle exactement. Pour l’application sur papier, on agit, mais avec plus de précaution , comme pour le sparadrap ordinaire.

5° Sparadrap taffetas d’Angleterre. On fait fondre au bainmarie 60 grammes de colle de poisson dans 250 grammes d’eau, et on laisse réduire jusqu’à moitié de la masse. Alors on passe, et on applique par couches légères, en donnant à

la surface cette uniformité d’épaisseur qui distingue le taffetas bien préparé.

On peut aromatiser ces divers taffetas avec de l’essence de rose, dont on jette quelques gouttes sur la matière des dernières couches.

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