DES MALADIES DES BETES A LAINE
Les maladies les plus communes des bêtes à laine sont le coup de sang, la pourriture ou cachexie, la gale, les dartres, le tournis, la diarrhée, le claveau et le gonflement.
Le coup de sang frappe plus particulièrement sur les individus sanguins les plus forts et les mieux nourris. C’est surtout en été , pendant les fortes chaleurs, qu’ils y sont exposés. On le reconnaît à la difficulté que l’animal éprouve à respirer, et au sang qui s’écoule par les naseaux. Si l’on n’y porte promptement remède, l’animal baisse la tête, chancelle et tombe mort. Le seul moyen qu'on puisse opposer au coup de sang, c’est la saignée de la jugulaire.
La pourriture ou cachexie est produite par les pâturages gras et humides, par l’usage d’herbes imprégnées de rosée ou de pousses de seigle, de blé ou d’orge, lorsque cette nourriture n’est pas corrigée par de fortes doses de sel. Ses symptômes sont la tristesse, la pâleur des lèvres et des gencives,
le développement d’une bourse remplie d’eau, sous la ganache. Il faut mettre les animaux qui en sont atteints à un régime sec et tonique , leur donner des baies de genièvre, des pelures d’oignon et de l’avoine, et leur administrer des bols composés comme suit : gentiane, 25 grammes, quinquina en poudre, 100 grammes, et trois poignées de baies de genièvre en poudre; le tout incorporé dans de la conserve de genièvre.
La (jale et les dartres se traitent, à l’aide de frictions, avec l’onguent suivant : 500 grammes de graisse ou de suif, 250 grammes d’essence de térébenthine et 50 grammes d’onguent mercuriel. L’effet de ces frictions sera secondé par un régime fortifiant. On évite facilement la gale en maintenant la propreté dans la bergerie, en renouvelant souvent l’air, et surtout en séquestrant les animaux qui en sont déjà attaqués.
Le tournis est causé par la présence d’une hydatide (sorte de vésicule remplie de petits vers) sur le cerveau, ou dans les sinus frontaux. Les bêtes à laine qui en sont atteintes tournent continuellement sur elles-mêmes. Cette maladie se développe surtout sur les jeunes sujets d'un à deux ans; c’està-dire les plus vigoureux.
Le seul remède est la ponction sur l'un des pariétaux, pour têeher d’arriver jusqu’à l’hydatide. On comprend combien cette opération est chanceuse et qu'elle doit être rarement suivie de succès.
La diarrhée provient, le plus souvent , de l’usage immodéré des herbes fraîches. On l’évitera en donnant une nourriture sèche avant de conduire les bestiaux aux champs. Quelques poignées de feuilles de chêne suffisent ordinairement pour la guérir; dans le cas contraire, et si la diarrhée s'accompagne de fièvre , on pratiquera une petite saignée à la joue, on donnera des lavements émollients et des pilules composées de thériaque et de gomme de cerisier pulvérisée.
Le claveau (picote, petite-vérole ou clavelée) est la maladie la plus grave des bêtes à laine; elle a la même origine que la variole avec laquelle elle a la plus grande analogie.
Au commencement de la maladie, on donne du soufre en poudre à la dose de 15 grammes, mêlé avec de l'avoine et
«lu son, et, pour boisson, de l’eau salée. Quant les pustules sont ouvertes, on y fait tomber goutte à goutte du suif fondu.
Les bêtes atteintes de la clavelée doivent être séparées de celles qui sont saines, pour empêcher la communication de la maladie.
Le gonflement reconnaît pour cause l’usage inconsidéré du trèfle ou de la luzerne , ou le séjour dans des prairies submergées par la pluie ou des débordements. Cette indisposition est très-grave; elle cause la mort en dix ou douze minutes. Le remède le plus efficace consiste à faire avaler tout de suite une cuillerée à café de nitre, à plonger la bête à plusieurs reprises dans l’eau froide, et à la faire courir.