‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 356 sur 425 · DE LA CHÈVRE ET DE BOUC · texte numérisé non relu

DE LA CHÈVRE ET DE BOUC

Choix des chèvres et du bouc. Une bonne chèvre a la taille grande, le poil épais et long, doux et uni, les mamelles grosses , le pis gros et long ; sa marche est ferme et légère ; ses cuisses sont fortes, ses jambes grosses et court-jointées. Les blanches passent pour avoir le meilleur lait. On préfère généralement celles qui n’ont pas de cornes, comme étant plus faciles à familiariser.

Les qualités d’un bon bouc sont d’avoir le corps grand, le cou court et charnu, la tète petite, les jambes grosses, le poil épais et noir, les oreilles grandes et pendantes, la barbe longue et touffue. On doit prendre les chèvres depuis un an jusqu’à cinq; le bouc ne doit pas passer quatre ou cinq ans. Après ce dernier âge, il n’est bon qu’à engraisser. Un seul bouc suffit à cinquante chèvres.

Espèces. Les meilleures chèvres nous viennent de l’Inde, comme les vaches et les brebis. Elles donnent deux ou trois fois plus de lait que les chèvres communes de France. Elles font ordinairement deux chevreaux, et on peut les tondre deux fois l’an. Un Provence, on appelle besons les chevreaux qu’elles produisent. Elles n’exigent ni plus de soins ni d’autre nourriture que nos chèvres communes , ce qui rend facile la multiplication de leur espèce.

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Étables. Les étables ne réclament aucune condition particulière ; on peut les construire de la même manière que les étables à bœuls. Les chèvres devront y rester renfermées en hiver, pendant les pluies et la neige.

Soins du chevrier. 11 mènera les chèvres deux fois le jour aux champs, pendant l’été; la première fois dès le point du jour, pour leur faire paître l’herbe pendant qu’elle est couverte de rosée; la seconde, vers trois heures après midi. On ne lui en confiera jamais plus de cinquante à la fois, à cause de leur extrême indocilité. Le chevrier les empêchera de paître dans les marécages. On les traira deux fois par jour, le matin et le soir. On peut commencer à traire les chèvres quinze jours après qu’elles ont mis bas.

Nourriture et pacage. Rien n’est plus aisé que de nourrir des chèvres; elles mangent non-seulement toutes sortes d’herbes et de feuilles fraîches ou sèches, mais même des épines et des ronces, bai hiver, on les nourrit avec de petites branches de vigne, d’orme, de frêne, de châtaignier ou même de toutes espèces d’arbres, ou bien avec des herbes séchées et des choux. En été, le pâturage leur suffit.

Quand on veut rendre le lait des chèvres abondant, on leur donne de l’herbe de quinte-feuille, on les fait boire soir et matin, et on les tient chaudement en hiver.

Produit. Celui des chèvres est considérable, surtout si on prend en considération le peu de dépense qu’elles occasionnent : leur chair, leur lait, leur graisse, leur peau, leur poil et leurs chevreaux sont autant de sources de prolit. Nous parlerons tout-à-l’heure de ces derniers.

Engraissement des chèvres. Pour engraisser les chèvres et les boucs, il suffit de les laisser paître à discrétion dans les lieux où ils se plaisent le plus , de leur donner de l’eau en abondance, et de les tenir chaudement. On obtient encore le même résultat en les nourrissant de choux, de raves, de navets et de sainfoin.

De la reproduction. Les chèvres sont en chaleur dans les mois de septembre , octobre et novembre ; elles portent cinq mois. Le bouc qui est destiné h les saillir doit être bien nourri. Lorsqu’il a sailli, on lui donne sept ou huit bouchées de

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sou et de foin, après quoi on le fait saillir une seeonde fois avec la même chèvre. Celle-ci, quand elle est bonne, donne quelquefois deux et même trois chevreaux d’une même portée. Le plus souvent, cependant, elle n’en donne qu’un seul. Un jour ou deux avant sa délivrance, et dix ou douze jours après, on la nourrit de foin. Il ne faut jamais lui laisser plus d’un chevreau à la fois à allaiter.

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