UES TRUIES ET DU VERRAT
Choix des truies et du verrat. La truie doit avoir le corsage long, le ventre ample et large, les tettins longs, la tète grosse, le grouin court et camus, les oreilles grandes et pendantes, les yeux petits et vifs, le cou grand et gros, les jambes courtes et grosses, la soie épaisse et noire pour les pays froids, rare, au contraire, pour les pays chauds.
Le verrat doit être court et ramassé, plus carré que long; il doit avoir les fesses grandes et larges et le ventre avalé. Le verrat est entier et destiné à la multiplication. Un verrat suffit à dix truies; il n’est bon que depuis un an jusqu’à quatre ou cinq.
La truie produit depuis un an jusqu’à six ou sept; elle porte quatre mois, et deux fois l’année; elle donne chaque fois depuis dix jusqu’à quinze cochons.
Les cochons que l’on choisit pour être mangés (les mâles sont préférés aux femelles) doivent n’être ni trop jeunes ni trop vieux; on doit prendre le soin de les châtrer jeunes, c’est le moyen de les bien engraisser.
Toits à porcs. Le toit à porcs, ordinairement situé dans la basse-cour, doit être pavé, et son enceinte bien garnie de planches. Sa clôture consiste en une porte faite avec des barreaux de bois, distancés de 10 centimètres environ les uns des autres. Le toit sera entretenu propre et la litière fréquemment renouvelée.
Soins du porcher. Le porcher mènera de bonne heure aux
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champs son troupeau; il veillera les truies qui doivent mettre bas, soit pour les secourir au besoin, soit pour empêcher que les verrats ne les blessent. Quand il y a des petits, le porcher aura soin de mettre à part chaque truie avec ses petits. Un porcher peut conduire cinquante à soixante cochons de tout âge.
Nourriture et pacage. Tous les terrains, terres arables ou en friche, collines ou vallons, marais ou prés, bois ou lieux fangeux , sont également bons pour le pacage des cochons. On préfère cependant les bois, à cause des glands, des châtaignes et autres fruits sauvages que ces animaux y trouvent en abondance, et pour lesquels ils ont un goût prononcé. Les marécages et les terres fangeuses leur conviennent aussi beaucoup; ils s’y nourrissent de joncs , de roseaux et autres herbes aquatiques, et môme de vers. On les mène paître depuis le mois de mars jusqu’en octobre, deux fois par jour, le matin après la rosée, et l’après-midi jusqu’au soir. En hiver, on les nourrit avec toutes sortes de fruits de rebut, de feuilles de racines séchées que l’on fait bouillir, et que l’on môle avec du son. Il est bon, lorsqu’on les nourrit de pâturage, d'en corriger la crudité par l’usage d’un peu de grain. On veillera â ce qu’ils ne manquent jamais d’eau pour boire, en quelque saison que ce soit, mais surtout en été.
Engraissement des cochons. Les cochons que l’on veut engraisser doivent être châtrés. La castration se pratique comme pour les agneaux ; ou choisit de préférence, pour cette opération, le printemps ou l’automne. C’est ordinairement vers l’âge de six mois qu’on les soumet à cette mutilation. La manière la plus simple et la plus économique d’engraisser les cochons et d’en engraisser beaucoup à la fois, c’est de les mettre à la glandée dans les forêts. On les y conduit quand le gland est mûr et que les châtaignes et les autres fruits sauvages se détachent des arbres. Au retour du bois, on leur donne à boire de l’eau tiède mêlée d’un peu de son ou de farine d’ivraie. Avec ce régime, ils prennent graisse en moins de deux mois.
Si l’on n’a pas la ressource du pacage des bois, on les nour rit sous le toit, de grain pur ou de sou mêlé avec du petit-
luit, des choux et des glands ; ou encore on leur distribue de l’orge pendant cinq ou six semaines, et de bonne eau de son.
DE LA REPRODUCTION
On ne livrera pas la truie au mâle qu’elle n’ait au moins un an. La saison la plus convenable pour la faire souer est en février, mars et avril. Aussitôt que la truie est pleine, il faut la séparer du verrat; on lui donnera une nourriture abondante, surtout beaucoup de son, d’eau tiède et d’herbes
fraîches.
Lue truie donne, à chaque mise bas, autant de petits qu’elle a de tettins. On ne devra lui en laisser que huit ou neuf à nourrir; les autres seront vendus au boutde quelques jours. On gardera de préférence les môles; on ne conservera tout au plus qu’une femelle sur quatre.