‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 370 sur 425 · DES POULES ET DU O · texte numérisé non relu

DES POULES ET DU O

Choix des espèces et des individus. Les poules qui méritent la préférence sous le rapport du prolit que l’on veut en tirer, sont les poules communes ; car leur chair est trèsdélicate, et elles sont d’une grande fécondité. On prétend que les blanches et les grises sont celles qui pondent le moins. Nous pouvons assurer que la couleur est inditïérente a cet égard. Dans tous les cas, voici comment elles doivent être pour réunir les conditions les meilleures sous le double rapport de la production et de la consommation de la table. Il faut qu’elles aient une taille moyenne, une constitution bonne, la tète grosse, les yeux animés, la crête rouge et

légèrement inclinée, et enfin les pattes de couleur bleuâtre. Un ne doit pas admettre, dans les basses-cours, les poules au\ longs ergots : farouches et querelleuses, elles pondent peu et ne conservent pas leurs œufs. Le produit moyen delà pondaison d’une poule est d’env iron cinquante-cinq œufs par année. Après quatre ou cinq ans, la fécondité diminue. L’époque de la stérilité se reconnaît à la rudesse de la crête et des

pattes. Ce sont des signes qui ne trompent pas. Indépendamment de la poule commune, on estime encore la poule huppée, dont la chair est très-délicate, et la grande jlandrine ou poule russe , qui donne de beaux poulets de vente et produit les poulardes de Normandie. Ces trois espèces doivent entrer dans la composition d’une basse-cour bien organisée.

Le coq se fait remarquer par son allure vive et provoquante, sa crête dressée et les belles plumes qui forment les arcs élégants de sa queue. Sa taille excède de beaucoup celle de la poule. C’est vraiment le maître, le roi de la basse-cour. Son harem peut-être composé d'au moins vingt-cinq poules. 11 peut suffire à la fécondité de tout ce personnel. Le coq doit être alerte, vif, et avoir toutes les marques physiques de la santé, et de la v igueur. C'est à trois mois que le coq commence à cocher les poules ; il cesse au bout de trois ou quatre ans.

Poulailler. C’est le logement des poules pendant la nuit, et le lieu où se font les pontes; il doit conserver, en hiver comme en été, une température moyenne, être exposé à l’orient ou au midi, et assez élevé au-dessus du niveau de la basse-cour pour ne pas être envahi par l’humidité. On doit le crépir de blanc, en dedans comme en dehors. On fixe à la porte une trappe à coulisse pour les sorties, et on ouvre sur la façade deux ou trois œils-de-bœuf, garnis d’un treillis- à mailles serrées.

Nourriture et soins. Les poules vivent de tout. On sait qu’elles grattent constamment la terre pour y faire la chasse aux vers et chercher des graines. Rien ne leur échappe dans cette minutieuse exploration. On pourrait donc, jusqu’à un certain point, se dispenser de leur donner régulièrement de la nourriture, puisqu’elles savent trouver partout de quoi manger. Voici cependant comment on les nourrira, surtout en hiver, cette saison où il y a si peu à butiner au dehors. On leur donnera des criblures de froment, de seigle, de l’orge pur, de l’avoine, de la graine de tournesol, du sarrasin, du blé de turquie concassé, de la vesce, des pois chiches, du marc de raisins, des fruits sains, ou même altérés, coupés par petits morceaux, du pain en miettes et autres débris d’office et de cuisine.

Il y a des soins de propreté à remplir pour le sol du poulailler, les juchoirs et les nids a ponte. Ils consistent a enlever toutes les matières qui pourraient créer une atmosphère vicieuse et amener des maladies. C’est toutes les semaines qu’on doit nettoyer complètement le poulailler et renouveler en entier la litière du sol et celle des nids à ponte. Il est très-utile d’y faire brûler du thym ou autres herbes odoriférantes pour neutraliser les mauvaises odeurs. Les œufs doivent être enlevés chaque jour; mais il ne faut pas oublier d’en laisser un dans le pondoir; sans cette précaution, la poule le déserterait. Quand on veut engraisser des poules, il faut choisir celles qui pondent le moins, c’est-à-dire celles qui sont ergotées, qui chantent et qui grattent comme le coq.

Produits. Il y a plusieurs sortes de produits dont profitent à la fois le commerce et la gastronomie. En première ligne se présentent les poulets gras ou les poulardes grasses;

on sait comment on les engraisse. Un lieu réservé, obscur, étroit, et une alimentation féculente, comme toutes les bouillies de graines, conduisent vite au résultat. Le défaut d’exercice est une condition essentielle pour leur faire acquérir en peu de temps un embonpoint considérable. On a l’habitude, et cette habitude est bonne, de mettre les jeunes poules à engraisser ou dans une cage ou dans un panier appelé mue. 11 est d’usage aussi de les nourrir à l’entonnoir pour les forcer à prendre la nourriture qui doit leur faire acquérir de la graisse. Ce sont des moyens que l’on a eu raison d’adopter; car l’expérience a prouvé qu'ils sont bons.

Les œufs sont un produit qui s’altère facilement. Lorsqu’ils sont frais et qu’on les regarde en les plaçant entre l’œil et la lumière, ils sont pleins; quand ils ont vieilli, ils laissent voir à l’extrémité un vide qu’on appelle couronne. II est difficile de s’opposer longtemps à la formation de la couronne; car il se fait, malgré les précautions, une évaporation quelconque à travers les pores de la coque. Toutefois, il convient de mettre les œufs le plus possible a 1 abri du iioid et de 1 humidité. On les place dans la cendre, pour les préserver de l’humidité, ou dans de la paille, pour les soustraire à l’influence du froid.

DE LA COXSRVATIOÎ* DES CEl'FS.

Voici maintenant un procédé simple et efficace pour conserver ces prodtits si utiles à l’alimentation. On dispose les œufs dans un panier d’osier, à claire-voie et à anse; on les tient plongés dans un chaudron rempli d’eau bouillante, pendant une minute environ. On les essuie et on les conserve dans un lieu sec, tempéré et obscur. Le résultat s’explique de la manière suivante : la chaleur, en coagulant la surface du blanc de l’œuf, bouche les pores, s’oppose à une évaporation rapide, et retarde, pendant un temps plus ou moins long, Information et les progrès de la couronne. On parvient aussi à conserver les œufs eu les plongeant dans une dissolution de chaux : l’enduit forme un vêtement subsidiaire qui diminue également la force de l’évaporation.

Procédé pour faire pondre les poules en hiver. Voyez, à

l’article Reproduction, les moyens d' obtenir des poulets en hiver.

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