‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 371 sur 425 · DES CHAPONS ET DES POULARDES · texte numérisé non relu

DES CHAPONS ET DES POULARDES

On donne le nom de chapon au coq que l’on prive de la faculté de se reproduire ; la poularde est une poule à laquelle, dans le meme but, on a enlevé l’ovaire. On leur pratique ces mutilations pour mieux les engraisser.

Manière de faire des chapons et1 des poulardes. L’opération, pour faire un chapon, consiste à faire au jeune poulet une incision au voisinage des parties génitales, à introduire le doigt dans cette ouverture, à saisir les testicules que l’on enlève d’un seul coup, en ayant soin de ne point blesser les intestins. On recoud la plaie, que l’on imbibe d’huile, et on coupe la crête à l’animal. L'opération faite, on le tient renfermé pendant quelques jours à l’abri de la chaleur, et on le nourrit avec une soupe au vin ou avec de la pâtée faite de caillé de lait, de son et de sel. On pratique ordinairement cette operation à trois mois; on choisit de préférence, poulies chapons, les poulets de grande espèce. L’opération par Jaquelle on enlève l’ovaire aux jeunes poules, pour en faire des poulardes, se pratique de la même manière, et réclame à sa suite les mêmes soins. On réserve aussi cette mutilation pour les poulettes de grande espèce. Les chapons et les poulardes sont tenus à l’écart des autres volailles.

Engraissement des poulets , chapons et poulardes. Trois conditions sont nécessaires pour obtenir un engraissement rapide de la volaille : une nourriture abondante, la privation de la lumière et le repos absolu. Il existe plusieurs méthodes à cet égard. Nous nous bornerons à indiquer celle que l’on suit au Mans, dont les poulardes sont, comme tout le monde le sait, les plus réputées. On choisit des poulettes de cinq à six mois, bien en chair; on les enferme sous une mue ou panier rond à poulets, que l’on recouvre d’une toile pour les garantir du jour. On leur fait une litière de fougère, qu’on renouvelle de temps en temps. On leur fait avaler deux fois le jour, jusqu’à ce que leur jabot en soit rempli, des puions de la forme d’une petite olive, composés d'un

mélange de farine de sarrasin, d orge et d fi\ oi n o ^ ctchauiïes dans du lait. La farine de sarrasin forme à peu près la moitié de ce mélange. Quelques personnes y ajoutent un douzième d’ivraie, d’autres un quart de citrouille bouillie. Lorsque la poulette a fini son repas, on lui fait avaler une petite cuillerée de lait tiède. Trois semaines de ce régime suffisent ordinairement pour un engraissement parfait. Dans les pays ou l’orge, l’avoine et les autres grains fiabituellement employés à cet usage sont rares, on peut les remplacer par la pomme de terre cuite et pétrie en forme de boulette. Le même procédé s’applique aux poulets cl aux chapons, ainsi qu’à toute espèce de volaille.

DE LA REPRODUCTION'

Ponte. La ponte commence en février dans les pays chauds, plus tard dans les pays froids. Les jeunes poules pondent toujours plus tôt que les vieilles. La ponte, à quelques interruptions près, dure jusqu’à la fin de l’été ; elle est suspendue pendant l’hiver et recommence au printemps. Pour accélérer et multiplier la ponte, on donne aux poules du chènevis, de l’avoine, du sarrasin et du millet commun.

incubation ou couvée. Toutes les poules ne sont pas également propres à la couvée. On préfère ordinairement celles de deux ans, d’une complexion forte; on les place dans la pièce à couverie sur les paniers destinés à cet objet, et on les couvre d’un linge qu’on n'ôte que pour leur faire prendre leur repas.

Les œufs destinés à être couvés sont choisis parmi les plus gros et ceux qui proviennent des poules delà meillcureracc; on les place a\cc soin dans les paniers à couver, entourés de sciure de bois. Ils peuvent être bons à couver pendant plusieurs semaines. Mais on doit toujours employer de préférence des œufs fraîchement pondus.

Le printemps est la saison la plus favorable à la couvée.

Pendant l’incubation, qui dure de vingt à vingt et un jours, la poule ne doit manger qu’une seule fois par jour.

Moyen* d'obtenir des poulets en hiver. On a proposé

plusieurs moyens de faire pondre et couver les poules en hiver. On y réussit en les enfermant dans une chambre chaude et claire, avec un coq jeune et vigoureux, et en leur donnant une nourriture abondante et composée spécialement de substances fortifiantes, telles que de la rôtie au vin, de la feuille ou de la graine d’ortie en poudre, des grains de sénevé, etc., que l’on joint à leur alimentation ordinaire.

Couvaisons artificielles . Le temps donné par les poules à la couvaison étant perdu pour la ponte, on a eu l’idée de chercher à les suppléer dans cette fonction par des moyens artificiels. En Egypte, on se sert, à cet effet, de fours analogues aux fours à cuire le pain. On a essayé chez nous diverses sortes de couvoirs artificiels dont les succès ont été variables. On préfère généralement se servir de dindes ou même de chapons que l’on dresse à cet usage.

Page 1