‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 374 sur 425 · DINDES · texte numérisé non relu

DINDES

DES POULES D’iNDE ET DU DINDON OU CO() D’iNDE.

Choix des individus. On doit généralement préférer les noirs; ils ont la peau plus blanche, la chair plus fine et plus savoureuse. Les mâles de cette couleur sont plus volumineux et les femelles plus fécondes. Les uns et les autres devront avoir les pattes courtes et le corsage grand. On ne doit pas les prendre trop jeunes.

Logement. Les dindons juchent volontiers en plein air, on dispose à leur usage, sous un hangar, des juchoirs élevés de deux mètres, mais on ne les laisse jucher ainsi qu’après l’âge de trois mois. Jusqu’à cet âge, on les tient enfermés dans un poulailler particulier, vaste et aéré, construit de la môme manière que celui des poules, et tenu avec une grande propreté.

Nourriture et soins. On peut, après la récolte, et jusqu’au mois d’octobre, conduire les dindons dans les guérets, les prairies et les vignes, ou dans les bois, après la chute des glands. On leur donne deux fois le jour, le matin et à une heure du soir, un supplément de nourriture composé de tourteaux ou marcs d’huile de noix, de lin ou d’amandes douces, que l’on fait bouillir, et auxquels on ajoute des herbages, de l’ortie grièche, du persil, du fenouil, et généralement de toutes les plantes à propriétés toniques, et encore de la farine d’orge ou de maïs, le tout bien cuit et réduit en pâte. 11 faut se garder de leur donner ou de leur laisser prendre de la vesce, des pois cassés, de la laitue, qui sont pour ces animaux autant de poisons pernicieux.

Produits. Ils consistent dans leurs œufs, qui s’emploient aux mômes usages que ceux des poules, dans leurs plumes, dans leur fiente, qui forme un bon engrais, et enfin dans leur chair, qui mérite d’être recherchée des gastronomes.

Engraissement. L’engraissement des dindons se fait comme celui des poules. On peut les engraisser sans les priver de leur liberté et de la lumière; il suffit de leur fournir en abondance une nourriture substantielle. Gomme il leur

faut une quantité considérable d’aliments, on les nourrit principalement de pommes de terre, que l’on môle avec de la farine de sarrasin, de maïs, d’orge ou de fèves.

DE LA REPRODUCTION

Ponte. La dinde fait ordinairement deux pontes par an : l’une en février, l’autre en août. Elle pond de deux jours l’un, quelquefois tous les jours. Chaque ponte est de quinze jusqu’à vingt œufs. Lorsque les poules d’Inde annoncent le besoin de pondre, il faut les tenir dans le poulailler et leur préparer des pondoirs dans chacun desquels on met un œuf artificiel. Il faut veiller à ce que le coq ne soit pas auprès des femelles quand elles pondent.

Incubation ou couvée. Les dindes sont très-bonnes couveuses ; pour les mettre couver, il ne faut pas d'autre préparatif qu’un peu de paille sur la terre, dans un lieu tranquille et retiré. On doit avoir le soin de les placer à une certaine distance les unes des autres, pour les empêcher de se voler réciproquement leurs œufs. On ne doit pas laisser à chacune plus de douze à treize œufs de son espèce, et une quinzaine d’œufs de poule.

Il faut lever la dinde chaque jour de dessus sa couvée , pour lui faire prendre son repas, qui consiste en orge et en eau fraîche.

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