DES FEMELLES ET DU MALE
Choix des espèces et des individus. On ne connaît que deux espèces de canards particulièrement destinées à la bassecour : le canard commun ou barboteuse, et le canard musqué ou de Barbarie ou des Indes. 11 sera question plus tard de ce dernier, en particulier. L’espèce de canard barboteux étant plus féconde, plus familière, et exigeant moins de soins et de nourriture, est celle que l’on choisit de préférence pour en peupler les basses-cours. 11 n’y a pas, du reste, d’autre choix à faire que de prendre les plus gros indhidus.
Logement. Les canards ne juchent point; leur logement, que l’on nomme canardié ou toit à canards, est couvert et fermé avec une porte garnie d’une trappe. On leur fournit de la paille fraîche deux ou trois fois par semaine; leur toit doit être nettoyé à fond de temps en temps.
Nourriture et soins. Les canards sont très-aisés à nourrir, car ils mangent à peu près de tout indistinctement : grains, légumes, pain, débris de substances animales de toute espèce, vers, limaces, etc., tout leur est bon. Ils cherchent de préférence leur nourriture dans les ruisseaux et les mares, où ils trouvent en quantité des vers et des insectes qu’ils mangent avec avidité. Si l’on craint qu’en les abandonnant à eux-mêmes ils ne trouvent pas assez de nourriture, on leur donnera, deux fois le jour, une quantité suffisante de pétée préparée comme celle des poules et délayée avec des lavu res.
Les canards ne se plaisent qu’à barboter; il convient, si l’on ne se trouve pas placé à proximité d’une rivière ou d’un étang, d’établir dans la basse-cour un réservoir ou bassin qui ne tarisse jamais.
Produits. Tous les canards, sans exception, sont engraissés et vendus pour la table. Les œufs ne sont guère vendus que pour les couvaisons. ( )n tire un assez bon parti de la plume et du fumier.
Lngraissrmeni . ha \oracité naturelle de ces animaux per-
met de les engraisser avec la plus grande facilité; il suffit pour cela de leur fournir une nourriture abondante. Cependant, si 1 on tient a les engraisser rapidement, on n’a qu’à les soumettre au régime des oies, c’est-à-dire à les enfermer sous une mue, et à leur donner une suffisante quantité de graines et de son gras avec un peu d’eau. Dans quelques pays on les gave aussi comme les oies.
DK LA REPROPl'CTION.
Ponte. La ponte des canes commence vers la tin de février et dure pendant les mois de mars et avril. Chaque cane peut pondre, durant ce temps, de cinquante à soixante œufs. Les canes pondeuses ont besoin d’être surveillées; car elles sont disposées à cacher leur ponte. Aussi fera-t-on bien de les enfermer, pendant le temps de la ponte, dans un espace clos. 11 faut avoir le soin d’enlever chaque jour les œufs, à l’exception de ceux que l’on veut faire couver, et de les mettre à part.
Incubation ou couvée. Quand la cane est suffisamment échauffée, ce que l’on obtient en laissant, à la place où elle pond, deux œufs que l’on renouvelle tous les jours, on peut lui donner jusqu’à douze œufs à couver. Il faut, pendant l’incubation, lui donner à boire et à manger à sa portée. Sa nourriture doit alors être moins copieuse et consister en quelques poignées d’avoine ou d’orge trempées d’eau. On aura le soin d’éloigner le male des canes couveuses. Si l’on a quelque difficulté à obtenir que les canes couvent leurs œufs, on peut les remplacer par des poules ou des dindes.