‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 381 sur 425 · FAISANS · texte numérisé non relu

FAISANS

Les faisans, ne se familiarisant avec aucune autre espece de volatiles, doivent être placés séparément, dans un lieu écarté et loin du bruit. L’enclos qui leur sert de demeure, ou la faisanderie, doit avoir des murs élevés, être spacieux et bien fermé. Tout le pourtour est garni en dedans de petites loges d'un demi-mètre en carré, séparées les unes des autres par des cloisons et fermées d’un treillis. Chaque loge doit avoir ses

deux augets, l’un pour l’eau, l’autre pour la nourriture; elle doit être bien couverte , disposée de manière à être à l’abri de l’air; des nids devront y être préparés et garnis de bonne paille ou de foin. Une mue doit être placée au milieu de la faisanderie.

Pour peupler la faisanderie , il faut choisir de jeunes faisans d’un an , les prendre gros, vifs et bien emplumés. On doit avoir cinq femelles pour un coq. La femelle ne fait qu’une ponte par an, qui a lieu ordinairement en mars; elle donne jusqu’à vingt œufs par chaque ponte. 11 ne faut pas permettre que les faisans quittent leur loge pendant la ponte. Les œufs sont ordinairement donnés à couver aux poules. Les faisandeaux éclosent au bout de vingt-cinq jours. Leur nourriture se compose d'un certain pain de farine d’orge et de froment qu’on fait cuire et qu’on leur émiette ; jusqu’à six semaines ou deux mois, on les nourrit d’œufs de fourmis, de sauterelles ou de jaunes d’œufs cuits et mêlés avec du chènevis pilé. On les tient sous la mue pendant un mois ou cinq semaines. Avant de leur donner leur essor , il est bon de leur arracher deux ou trois des grosses plumes, pour qu’ils ne s’écartent point.

Les gros faisans doivent être nourris de froment mêlé d’orge et de millet, qu’on jette dans la faisanderie. On leur donne encore du blé sarrasin dont ils sont très-friands. Aussi en sème-t-on ordinairement auprès de la faisanderie.

Les faisans s’engraissent comme les chapons , dans des épinettes. Tout le monde sait combien leur chair est délicate et recherchée.

La maladie à laquelle ils sont le plus sujets est la pépie; on la prévient en leur donnant souvent de l’eau pure et saine.

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