‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 385 sur 425 · PIGEONS · texte numérisé non relu

PIGEONS

UES PIGEONS DE COI.OMfilEH.

Colombier. Le colombier, de quelque manière qu’il soit bâti , soit sur sol, soit sur piliers, doit être placé dans un lieu sec et élevé, et dominer les alentours. La porte doit donner sur la basse-cour, et la fenêtre être exposée au midi. Quelle que soit la forme du colombier (la forme ronde est généralement préférée), il doit régner à l’entour une corniche de 25 à 30 centimètres de saillie. Les murs doivent être unis, crépis avec soin et peints en blanc. Le (oit doit avoii assez de pente pour l’écoulement des eaux pluviales. L inleiieui doit être crépi avec autant de soin que l’extérieur, et le plancher doit avoir un bon carrelage. Tout le pourtour doit être garni de boulins ou nids, en nombre proportionné à celui des pigeons que l’on veut élever. On se sert, pour faire ces nids, de& petits paniers, ou bien on les construit avec des planches divisées par cases de 20 centimètres en tous sens, ou bien

encore avec des pots en terre cuite. Les boulins sont disposés par rangs, dont le plus inférieur doit se trouver à un mètre et demi au-dessus du plancher, et le plus élevé à un mètre de distance du toit.

Indépendamment de la fenêtre qui sert d’entrée et de sortie aux pigeons, on doit ménager deux autres ouvertures, opposées l’une à l’autre, pour aérer le colombier. Toutes ces ouvertures seront établies de manière à pouvoir être closes exactement. On devra toujours les fermer la nuit.

Manière de peupler un colombier. On peuple les colombiers au printemps. Il existe plusieurs méthodes; nous indiquerons seulement la plus simple et la plus usuelle. Elle consiste à mettre dans le colombier, à la fin de l’hiver, de jeunes pigeons d’un an, accouplés par paire. On les tient renfermés et on leur donne une nourriture suffisante jusqu’il ce qu’ils aient commencé à pondre. On accélère la ponte en leur distribuant de temps en temps du chènevis et du sarrasin. Aussitôt que les œufs sont éclos, on ouvre la fenêtre du colombier; les pigeons profitent de leur liberté pour aller chercher la nourriture nécessaire à leurs petits. Les pigeons que l’on préfère, en général, pour peupler un colombier, sont ceux dont les couleurs sont un peu foncées.

Nourriture et soins. Pendant toute la belle saison, les pigeons n’ont besoin de rien; ils trouvent leur nourriture dans les champs. Mais depuis le mois de novembre jusqu’en février, ainsi que dans les temps de pluie, il faut subvenir à leurs besoins. La vesce, l’orge, l’avoine, les lentilles, les pois, les féveroles, le maïs hâtif, les eriblures de froment et de seigle forment leur nourriture. On y joint du chènevis et du sarrasin pour les échauffer et hâter la ponte. On jette le grain aux pigeons le matin ou le soir, jamais à midi, c’est l’heure où ils dorment. 11 faut avoir la précaution de tenir aux environs du colombier de petites auges en pierre, toujours pleines d’eau claire et fréquemment renouvelée. On mettra dans le colombier du sel et du salpêtre que ces animaux aiment beaucoup. On devra toujours veiller à ce que la plus grande propreté règne dans le colombier.

Produits . L’éducation des pigeons donne pour produits les

pigeonnaux, la plume, et la eolombine ou excrément des pigeons. La plume et la eolombine sont utilisées, la première pour la literie , le seconde comme engrais précieux dans certaines circonstances.

Ponte et incubation. La ponte des pigeons de colombier se fait en mars et en août. Dans les pays méridionaux, il y a une troisième ponte entre ces deux époques. La ponte est de deux œufs chaque fois, et produit ordinairement un mâle et une femelle; elle a lieu en deux jours. Les pigeons n’ont besoin d’aucun soin particulier à cet égard. L’incubation dure de dix-sept à dix neuf jours. Le mâle'concourt, avec la femelle, à cette fonction. On peut se reposer entièrement des soins que réclament les petits sur la sollicitude instinctive du père et de la mère.

Manière de purger le colombier des vieux pigeons. Les vieux pigeons, c’est-à-dire ceux qui ont plus de quatre ans, incapables de féconder à l’avenir, cessent d’être utiles, et deviennent môme nuisibles dans le colombier. Yroici comment on s’y prend pour les reconnaître. A l’époque où l’on garnit le colombier, on a le soin découper à chaque pigeon la moitié d’une griffe. L’année d’après, à pareille époque, une visite générale est faite dans le colombier, et on coupe une seconde griffe à chaque pigeon , et les nouveau-nés sont successivement soumis chaque année à cette même opération, de manière à ce qu’on puisse compter le nombre de leurs années par le nombre de griffes coupées. A la quatrième année, on met à part pour les vendre tous les pigeons auxquels il manque quatre griffes, et ainsi de suite pour les années suivantes.

Page 1