‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 5 sur 425 · DE LA RACINE · texte numérisé non relu

DE LA RACINE

La racine est la partie du végétal située à son extrémité inférieure, ordinairement cachée en terre, qui croit en sens inverse de la tige, c’est à- dire qui tend toujours à descendre perpendiculairement, et ne se colore jamais en vert par Faction de l’air et de la lumière.

II existe, entre la tige et la racine, une ligne de démarcation qui n’est pas toujours tranchée. On la désigne sous le nom de collet, ou de nœud vital, à cause de son importance pour la vie du végétal, qui périt presque toujours si on le coupe dans cet endroit. Immédiatement au- dessous du collet, on trouve le corps de la racine d’ou partent les nombreux filaments appelés radicelles , fibriles ou chevelu. Leurs extrémités sont armées d’un suçoir à la faveur duquel la tige reçoit de la terre, par aspiration, les sucs séveux propres à la nourriture de la plante.

Le plus généralement les racines sont fixées en terre, mais il en est quelques-unes qui sont fixées sur d’autres plantes, tels que le gui, dont la racine adhère à la tige du chêne, du pommier, et l’hypociste, qui adhère surtout aux racines du ciste. Les plantes de ce genre sont appelées parasites, parce qu’elles s’alimentent aux dépens des autres.

Il n’est point d’obstacles que les racines ne surmontent pour se procurer leur nourriture. Rien ne saurait les arrêter ; elles s’allongent, s’inclinent, se recourbent pour suivre la double pente d’un fossé; elles percent et renversent des murs, elles pénètrent dans les fentes des rochers, et parviennent même à les écarter.

Les fonctions des racines ne consistent pas seulement à puiser dans le sol les matériaux de la nutrition ; elles ont encore pour but de fixer les plantes dans les terrains qui leur ont été réservés, et, suivant plusieurs physiologistes, de sécréter des fluides particuliers.

Presque toutes les parties du végétal peuvent produire des

racines. Les filets pendants des branches du figuier des pagodes tombent jusqu’à terre, s’y enracinent et forment des arcades de verdure. Dans la tige comme dans la racine, il existe un corps central qui. se divise en branches et en rameaux. Sa grosseur, presque uniforme pour l’un et pour l’autre, varie cependant dans quelques cas.; c’est ainsi que les palmiers, dont la cime s’élève dans les nues, n’ont que des racines faibles, horizontales et peu étendues.

La ressemblance des fonctions est frappante entre les racines et les tiges. Comme celles-ci, elles sont composées d’une écorce, d’une matière pulpeuse ou charnue, et d’un méditullium qui devient ligneux avec le temps. Dans le nombre des racines il en est même dont la texture est naturellement presque sèche ou solide. A l’exemple des tiges qui perdent leurs feuilles pendant l’hiver, les racines se dépouil-

lent d’une partie de leur chevelu. On peut encore remarquer que les branches et les racines ont la propriété de produire des boutons; mais s’il existe des analogies aussi marquées es tre ces deux parties, on doit aussi signaler quelques différences importantes. Jamais les racines ne verdissent lorsqu’elles sont exposées au contact de l'air ; elles n’ont point de canal médullaire comme leurs tiges, et leurs sucs présentent souvent des propriétés étrangères aux tiges et bornées aux seules racines. Dans le végétal, la racine est la • première partie qui se développe; son accroissement trèsrapide, surtout dans les terrains meubles, a lieu principalement en automne. Dans cette saison, le soleil ayant moins de force et l’air étant plus chargé d humidité, les sucs se condensent dans les parties inférieures de la plante et les nourrissent; mais sitôt que le froid se fait sentir, la végétation s’arrête ; c’est par cette raison qu’on doit cueillir en hiver les racines qui ont des propriétés médicinales.

La durée de la vie des végétaux est subordonnée à celle des racines. L’existence de celles-ci est tantôt bornée à un au, tantôt à deux, quelquefois à un nombre d’années indéterminé; de là leur division en annuelles, bisannuelles, vivaces et ligneuses.

On tire aussi de la fructification des renseignements

exacts sur la durée des végétaux. Il en est qui ne portent qu’une seule fois des fruits, et qui meurent après leur maturité (monocarpiques). J Va uires donnent plusieuis lois des fruits (polycarpiques). Ces derniers se subdivisent en végétaux dont la tige porte plusieurs fois des fruits sans périr 'caulocarpiques), et enfin ceux dont la tige meurt après avoir fructifié, mais chez lesquels une tige nouvelle vient remplacer chaque année celle qui a péri précédemment (rhizocar piques).

La chaleur exerce une grande influence sur la duree des plantes. Le ricin, qui, dans les pays chauds forme des arbres ligneux, est annuel dans notre climat. Nos plantes potagères, transportées dans les contrées méridionales étrangères, y deviennent vivaces, et ne peuvent plus être mangées.

Les racines présentent des formes variées qu’on peut presque toutes ramener aux suivantes : Pivotantes, traçantes, fibreuses, tubéreuses ou tubérifères et bulbeuses ou bulbifèrcs.

Les pivotantes s’enfoncent perpendiculairement en terre : elles sont simples ou rameuses, et n'appartiennent qu’aux plantes dicotylédones ; ex. le frêne, la rave.

Les traçantes sont celles qui s’allongent horizontalement, tels sont le chiendent, la réglisse, etc.

Les plantes monocotylédones n’ont que des racines fibreuses, c'est-à-dire formées de jets longs et filamenteux, simples ou ramifiés; ex. les graminées.

Les racines tubéreuses ou tubérifères reçoivent leur éty-

mologie du mot latin luber, en français, truffe ; elles présentent des tubercules ou corps solides, charnus et remplis de fécule amylacée ; dans leurs enfoncements on voit les titrions qui plus tard se développeront et reproduiront la plante. On peut considérer les tubercules comme des bourgeons souterrains destinés à protéger, pendant l'hiver, les rudiments de la tige, et à lui fournir, au printemps, les matériaux de son développement ; ex. la pomme de terre, les orchis.

La racine bulbilere est formée d’une sorte de tubercule mince et aplati, qu’on nomme plateau , dont la partie inférieure produit des radicelles, et dont la partie supérieure

porte un ognon ou bulbe ; e\. l’ail, le lis et les plantes dites bulbeuses.

Il est encore d’autres variétés de forme, que l’on désigne

par des termes particuliers. Ainsi, l’on dit qu’une racine est fusiforme, c’est-à-dire en fuseau, la carotte; napiforme ou eu toupie, le navet ; conique ou en cône renversé, la betterave; noueuse ou fdipendulée, quand elle offre, à certaines distances, des noeuds ou renflements qui la font ressembler a un chapelet, la filipendule ; grenue ou granulée, quand elle présente un amas de petits tubercules garnis d’yeux propres à reproduire la plante, la saxifrage grenue; fasciculee ru composée de radicelles nombreuses, simples ou peu rameuses, comme celle de l’asphodèle (celle de renoncules se nomme griffe); articulée, quand elle offre de distance en distance des articulations, la gratiole; contournée, ou courbée en divers sens, la bistorte; didymeou tcsticulée, c’est-à-dire composée de deux tubercules, dont l’un mou, ridé et plus petit, renfermait le germe de la tige qui s'est développée, et dont l’autre, ferme, solide et plus gros, contient le rudiment de la tige qui se développera l’année suivante. Cette môme racine est dite palmée quand les deux tubercules sont fendus jusqu’à la moitié en lobes écartés, comme les doigts de la main ; enfin, on la nomme digitée quand les tubercules sont partagés presque jusqu’à leur base, les orchis.

DK LA TIGE,

La tige est cette partie du végétal qui sort du collet de la racine, et tend en général à s’élever dans l’air; elle sert de support aux feuilles, aux fleurs, aux fruits.

On distingue cinq espèces principales de tiges : le tronc , le stipe , le chaume, la souche et la tige proprement dite.

1° Le tronc appartient à la belle tribu des arbres dicotylédones. Sa force est souvent prodigieuse. Il s’élève verticalement, et se divise, à une certaine hauteur, en branches et en rameaux; il s'accroît en hauteur et en épaisseur par de nouvelles couches qui s’ajoutent extérieurement aux couches concentriques dont il est composé.

2° Le stipe est particulier aux arbres monocotylédones, comme les palmiers, et à quelques végétaux dicotylédones, tels que lezacuia et le cycas. 11 est formé par une sorte de colonne cylindrique aussi grosse au sommet qu’à la base, quelquefois même plus renflée au milieu qu’aux extrémités, rarement ramifiée, et terminée par un bouquet de feuilles, d’où partent les pédoncules des fleurs. L’écorce, quand elle existe, est peu distincte du reste de la tige.

5° Le chaume est une lige simple, souvent fistulcuse ou creuse dans son intérieur, rarement pleine et ramifiée, séparée de distance en distance par des nœuds ou cloisons d'où partent des feuilles alternes et engainantes, c’est-à-dire naissant seule à seule et roulées en gaines, autour delà tige, par leur partie inférieure. L’intervalle qui sépare les nœuds se nomme entre-nœuds. Le chaume est propre aux graminées.

4° La souche, qu’on a longtemps considérée comme une racine, est la tige souterraine et horizontale des plantes vivaces. Cette espèce de tige coule entre deux terres, et il poussé de son extrémité antérieure de nouvelles tiges, à mesure que son extrémité postérieure se détruit, comme dans l’iris; c’est ce qui l’avait fait nommer par quelques auteurs racine progressive.

5° Les tiges proprement dites sont celles qui ne peuvent entrer dans aucune des divisions précédemment établies. On ne doit pas confondre, avec la véritable tige, la hampe et le pédoncule radical; la hampe se rapproche beaucoup de la tige, mais elle ne rapporte pas de feuilles; elle est terminée par une ou plusieurs (leurs, comme dans la jacinthe, le narcisse, etc. Le pédoncule radical se distingue de la hampe, en ce qu’au lieu de naître au centre de feuilles radicales, il sort de l’aisselle d’une de ces feuilles, comme dans les plantains.

La tige manque dans quelques végétaux. Il eu est beaucoup où les feuilles et les fleurs naissent de la racine même ; •mais il est certaines plantes où la tige, inaperçue au premier coup d’œil , n’est véritablement que rabougrie ; elle est alors concentrée dans le collet de la racine, et la culture peut facilement la développer. On appelle acaules les plantes sans tige apparente.

Considérées sous le rapport de leur consistance, les tiges sont herbacées lorsqu’elles sont tendres, molles, qu’elles contiennent beaucoup d’eau de végétation et quelles meuient tous les ans au commencement de l’hiver; telles sont celles de la consoude, de la bourrache, etc. Toutes ces plantes, en général, sont appelées herbes; elles sont sous-ligneuses quand la base en est dure et persiste pendant l’hiver; telles sont certaines plantes vivaces, comme la rue (elles reçoivent aussi le nomàe sous-arbrisseaux). On appelle ligneuses les tiges qui se convertissent en bois, comme celles de l’oranger, du chêne, végétaux à tige ligneuse se divisent en arbustes , arbrisseaux et arbres.

11 devient souvent difficile de distinguer les arbrisseaux des arbustes et des arbres, parce qu’ils se confondent, dans une foule de cas, par des nuances insensibles. On peut cependant établir, comme règle assez générale, que l’arbuste se ramifie dès sa base et ne porte pas de bourgeons en hiver, tels que les bruyères ; que l’arbrisseau s#ramific aussi dès sa base, comme le noisetier, le lilas, mais qu il est pourvu de bourgeons ; que l’arbre a le tronc simple et nu inférieurement, qu’il se ramifie surtout vers sa partie supérieure, Les comme l’ormeau, le peuplier, et qu’il porte, en hiver, des bourgeons comme l’arbrisseau.

Les tiges peuvent encore être considérées sous bien des rapports différents quant à leur consistance. La tige est solide ou pleine, lorsqu’elle est sans cavité intérieure : tel est le tronc des arbres en général ; elle est spongieuse, lorsqu’elle estforméed’un tissu élastique, compressible comme 1 éponge, la massette; fistuleuse, lorsqu’elle est creuse intérieurement, l’oignon, l’angélique; médulleuse, lorsqu’elle est remplie de moelle, comme le rosier ; molle ou tombante, comme dans le mouron; ferme et roide, comme dans la bistorte; souple et flexible, comme dans l’osier; fragile ou cassante, comme l’herbe à Robert; sèche, comme dans le smilax; charnue, comme dans le chou. La tige charnue est quelquefois lactescente ou pleine de lait. Ce suc laiteux est doux, comme dans la laitue, le pavot; il est âcre dans les tithymales, jaunâtre dans la chélidoine.

La forme de la tige est extrêmement variée. Elle est cylindrique, lorsqu’elle a la forme d’un tube ou d’un cylindre; comprimée, lorsqu’elle est aplatie sur les deux côtes opposés; triangulaire, quand elle offre trois angles; quadrangulaire, si les quatre angles sont égaux ; angulaire, quand le nombre des angles n’est pas déterminé avec précision ; noueuse, lorsqu’elle a de distance en distance des nœuds ou renflements; articulée, lorsqu’elle est en forme d’articulations réunies bout à bout; géniculée, lorsque les articulations font un angle. Souvent les jeunes pousses d’un arbre présentent des formes très-différentes de celles qu’elles prennent en vieillissant. Celles des lauriers-roses sont triangulaires, celles des érytliroxilum sont aplaties; mais toutes deviennent cylindriques avec l’Age.

La surface des tiges est aussi fort curieuse à considérer. Elle est unie, lorsqu’elle n’a ni aspérités ni éminences; elle est glabre, lorsqu’elle est dépourvue de poils; rude, lorsqu'elle offre au ta* des aspérités; verrugueuse, ou chargée de petites excroissances calleuses; tubéreuse, ou de la nature du liège ; crevassée, ou à fentes inégales et profondes; striée,

ou marquée par de petites lignes longitudinales et saillantes ; sillonnée, à sillons plus ou moins profonds et longitudinaux ; pubescente, ou garnie de poils mous très-fins et rapprochés; poilue, à poils longs, mous et peu nombreux; velue, à poils longs, mous et très-rapprochés ; laineuse, à poils longs, crépus et rudes comme de la laine; cotonneuse, à poils blancs et doux au toucher comme du coton; soyeuse; à poils longs, doux, non entremêlés et luisants comme de la soie; tomenteuse, à poils courts, entremêlés, imitant les tissus, comme du drap; aiguillonnée, lorsque la superficie est armée de piquants qui ne tiennent qu’à l’écorce; épineuse, lorsque les piquants naissent du bois et y sont adhérents; fouillée , ou garnie de feuilles; aphylle, lorsqu’elle est privée de feuilles; écailleuse, lorsque les feuilles ont la forme d’écailles; ailée, quand elle est garnie longitudinalement d’appendices nombreux venant presque toujours des feuilles.

Sous le rapport de la direction, la tige reçoit encore des noms différents. On nomme sarmenteuse, celle qui s’élève.

au moyen d’appendices qu’on appelle vrilles, sur les corps voisins, ou se roule autour d’eux, la vigne; grimpante, celle qui monte en s’attachant au moyen de racines particulières, le lierre; volubile, celle qui s’entortille en spirale autour des corps environnants. Les spirales sont toujours dirigées du meme côté dans la meme espèce, de droite à gauche dans le liseron, le haricot, de gauche à droite dans le houblon et le chèvrefeuille. Si l’on veut changer cette direction, la plante la reprend bientôt, ou elle languit et meurt.

On dit de la tige qu’elle est couchée, lorsqu’elle s’étend sur la terre sans s’y enraciner, la mauve; rampante, lorsqu’étant couchée sur la terre elle s’y enracine par tous les points de son étendue, la nummulaire; traçante ou stolonifère, lorsqu'il pousse du pied principal de petites tiges latérales, grêles, nommées stolons ou coulants, qui s’enracinent et produisent de nouveaux pieds, le fraisier.

Organisation des tiges dicotylédones. Lorsqu’on observe la coupe transversale d’un végétal ligneux, on remarque, de dehors en dedans, trois parties principales : V écorce, le corps ligneux et la moelle.

1° L’écorce est la partie extérieure du végétal; elle ne lui sert pas seulement d’enveloppe pour le protéger contre les influences de l’air ou contre les attaques des insectes; elle a encore des propriétés physiques bien importantes, qui contribuent essentiellement à la perfection de la végétation et à l’accroissement des plantes.

L’écorce comprend V épiderme , le tissu cellulaire sous épidermoïque ou enveloppe herbacée , les couches corticales utriculaires et le liber.

L’épiderme est produit par le dessèchement des cellules extérieures du tissu herbacé et forme une membrane composée de libres qui se croisent en différents sens. L’épiderme enveloppe l’écorce de toutes les parties du végétal exposées à l’air. Dans les vieilles tiges, l’épiderme se détache par plaques et par lambeaux. Vu au microscope, on aperçoit que son tissu ressemble assez bien à un réseau dont les mailler sont extrêmement fines et rapprochées; et on en tire l’induction que celte espèce de surpeau est destinée par la nature

à recevoir les premières impressions fies corps extérieurs et à protéger l’extrémité des ramifications des vaisseaux aei ions, qui reçoivent de l’atmosphère une partie des lîuides necessaires à l’accroissement du végétal. L’épiderme est quelquefois vert; il doit cette couleur aux substances qu'il recouvre. C’est un des tissus les moins altérables du végétal, et celui qui se renouvelle le plus facilement.

Le tissu cellulaire sous-épidermoïque ou enveloppe herbacée est une lame de tissu cellulaire, qui unit l'épiderme aux couches corticales , et peut être considérée comme la moelle de l’écorce ; elle recouvre les tiges, les rameaux; dans les jeunes pousses, ses vésicules sont remplies d’un principe colorant vert ; elle se sépare facilement dans les végétaux ligneux, mais non dans les plantes annuelles. Ce tissu, trèsdéveloppé dans une espèce de chêne, forme ce qu’on appelle le liège. L’enveloppe herbacée joue un rôle extrêmement important dans la vie du végétal, puisqu’elle décompose l’acide carbonique que les plantes absorbent dans l’air. Cette décomposition n’a lieu qu’autant que le végétal est exposé au soleil; il retient alors le carbone, tandis que l’oxygène mis à nu se dégage.

Les couches corticales n’existent pas dans tous les végétaux, ou du moins elles y sont quelquefois si peu développées qu’on ne les distingue pas du liber. Elles sont très-apparentes dans le lagetto ou bois dentelle : quand on les étend elles présentent l’aspect d’un tissu, qui ressemble parfaitement à de la gaze ou à de la dentelle. La seule différence observée entre les couches consiste en ce que les mailles du réseau de chacune sont plus grandes à mesure que la couche esl plus extérieure, et vice versa.

On donne le nom de liber aux couches les plus intérieures de l’écorce. Si on fait macérer dans l’eau chaude une écorce d’arbre, les couches du liber se séparent les unes des autres comme les feuillets d’un livre, d’où lui vient le nom qu'il a reçu.

11 est utile d’observer que l'écorce de plusieurs plantes procure de grands avantages dans les arts; les fibres corticales du lin, celles du chanvre servent à faire de la toile. Le

liber d’un assez grand nombre de plantes sert à faire du papier. Avec d’autres on fait des étoffes. L’écorce du tilleul se tord pour fabriquer des cordes. Le quinquina fournit à la médecine des secours précieux. La cuisine emploie la cannelle, enfin c’est avec l’écorce du chêne, ou du sumac que se fait le tan, etc., etc.

2° Le corps ligneux se compose du bois proprement dit et de Y aubier. On l’aperçoit lorsqu’on a totalement enlevé

l’écorce. C’est un corps solide, qui donne delà consistance et de la force aux arbres. 11 doit son existence à des paquets de fibres longitudinales, étroitement unies et agglutinées par le tissu cellulaire qui s’y interpose.

Le bois proprement dit est comme la charpente du végétal ; il est formé de couches qui s’enveloppent et se recouvrent les unes les autres. Ces couches sont très-apparentes dans l’arbre coupé transversalement, et d’autant plus dures et plus serrées qu’elles s’écartent d’avantage de l’écorce. On les appelle couches annuelles , parce qu'il s’en forme une nouvelle tous les ans, et que leur nombre fait connaître par conséquent l’âge du végétal. On les nomme aussi couches concentriques , parce qu’elles ont toutes le même centre et qu’elles ressemblent à peu près à des cii conférences de cercle tracées les unes dans les autres.

L’aubier est une jeune couche ligneuse, qui n’est encore qu’un bois imparfait, destiné à devenir bois parfait lorsque, par une succession de temps, de nouvelles couches l’auront enveloppé. C’est cette partie tendre que les charpentiers enlèvent lorsqu’ils équarrissent les poutres ; c’est cette même partie que les insectes attaquent et rongent. L’aubier n’est très-apparent que dans les arbres dont le bois est très-dur ; il est moins apparent dans les bois blancs, tels que les saules, les peupliers, etc.

5° La moelle est une substance spongieuse, renfermée dans le centre du bois, comme dans un tube. Elle est un composé de vaisseaux très-lâches et d’utricules très-larges. Toutes læ plantes, dans leur jeunesse, commencent par avoir de la moelle. Elle est très-abondante dans les plantes herbacées; on la trouve dans les arbres en plus ou moins grande quantité.

Il y en a peu dans l’orme, le chêne, le pommier, un peu plus dans le frêne, beaucoup dans le sureau, le figuier. Elle disparaît insensiblement dans les arbres : le tuyau ou canal qui la contient se rétrécit ; pressée par les couches ligneuses, elle tend à s’échapper, parvient jusqu’à l’écorce et forme alors des lignes que Ton aperçoit sur un arbre coupé transversalement, et qui ressemblent aux rayons d'un cercle ou bien aux lignes d’un cadran horaire. LY lui médullaire a pour usage de contenir la moelle; ses parois tapissent la couche la plus intérieure du bois, et sont formées de vaisseaux qui suivent une direction parallèle dans toute la longueur de la tige.

Organisation des tiges monocotvlédones. La tige des végétaux monocotylédones est d’une structure beaucoup plus simple que celle des dicotylédones. Dans ces végétaux, toutes les parties ont la tendance la p!us marquée à s’élever perpendiculairement. 11 est très-rare que la tige des monocotylédones soit divisée en branches et rameaux. Si l’on examine la coupe transversale d’un palmier, on ne trouve plus d’écorce, d’aubier, découches concentriques, de canal et de prolongements médullaires. Toutes ces parties paraissent confondues les unes dans les autres ; on n’aperçoit qu’un grand nombre de vaisseaux ou de filets ligneux dont les intervalles sont remplis par la moelle, et qui deviennent d’autant plus serrés et plus durs qu'ils sont plus rapprochés de la circonférence.

En prenant un palmier à sa naissance, on observe que les feuilles se déploient en formant un faisceau circulaire qui naît du collet de la racine. L’année suivante il en naît de nouvelles du centre des anciennes, alors celles-ci se dessèchent et tombent ; mais leurs bords se soutiennent et meurent un anneau solide qui est l’origine de la tige. Chaque année de nouvelles feuilles se développent, les anciennes tombent et forment un nouvel anneau qui s’ajoute à ceux qui existaient déjà.

Le stippe du palmier ne s’accroît que très-peu en épaisseur, parce que la base persistante des feuilles est bientôt assez endurcie pour résister a la pression du bourgeon qui

tend à l’élargir; aussi, des tiges de palmier de quarante mètres de hauteur ont-elles à peine trente centimètres d’épaisseur. L’âge du palmier se compte par le nombre des anneaux qui se sont formés tous les ans.

Les stipes des dracœna, des yucca, des aloës, se développent par les fibres longitudinales et par celles de la circonférence. Les bananiers croissent par un allongement de leur bulbe, qui représente assez exactement un stipe, mais dont il diffère en ce que les bases des feuilles ne sont pas soudées les unes aux autres. Le chaume n’a point d’écorce; il se distingue par ses nœuds solides, dont les intervalles sont creux, et de chacun desquels naît une feuille engainante. Les chaumes n’ont pas de branches dans les climats tempérés, ils en produisent ordinairement sous les tropiques.

Quelques végétaux appartenant aux monocotylédones, tels que le fragon, le smilax, etc., se rapprochent des dicotylédones par leur écorce distincte, leur double végétation et leurs rameaux; ils semblent marquer le passage de l’une de ces deux clauses à l’aulre.

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