‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 6 sur 425 · DES BOURGEONS · texte numérisé non relu

DES BOURGEONS

Les bourgeons sont les premiers rudiments des feuilles et des fleurs des végétaux; c’est un prolongement de la couche corticale, qui vient saillir au dehors.

En examinant les bourgeons pendant tous les mois de l’hiver et au commencement du printemps, on aperçoit que les parties qui y sont contenues se développent insensiblement, et se disposent à paraître lorsque les bourgeons s’ouvriront.

Les bourgeons se distinguent en bourgeons proprement dits , en bulbes , en tubercules , en bulbilles , en caïeux et en lierions .

1° Les bourgeons proprement dits sont des petits corps arrondis, un peu allonges, qui naissent en été sur les branches des arbres etdes arbrisseaux, aux aisselles des feuilles. Ils sont composés d écaillés ou d'espèces d’éca i I les creusées en forme de cuillers, serrées les unes contre les autres, et formant

une espèce de berceau qui met les jeunes parties de la plante

à l’abri des rigueurs de l’hiver.

Les bourgeons sont toujours en contact avec la moelle; aussi naissent— ils à l’extrémité de la tige dans les monocotylédones, et à l’extrémité des rayons médullaires dans les dicotylédones. Cette situation doit déjà nous indiquer qu’ils sont plus nombreux dans cette dernière classe de végétaux que dans la première.

Dans les plantes monocotylédones, le bourgeon, presque toujours solitaire, est placé à l’extrémité de la tige, soit que cette tige s’élève comme le stipe des palmiers, soit qu elle reste souterraine et rabougrie comme les bulbes. Dans les dicotylédones, il existe non-seulement un bourgeon terminal à l’extrémité de chaque branche, mais on en observe encore autour de ces branches, tantôt disposés en spirale, tantôt épars sans aucun ordre, ou bien opposés, deux à deux, selon la disposition des feuilles à l’aisselle desquelles ils naissent toujours. Le bourgeon prend d’abord le nom d’œil, alors qu’il vient de se former en été, et qu'il est encore à peine visible; puis on le nomme bouton lorsqu'il commence à se développer, en automne ou en hiver.

On distingue trois espèces de boutons, savoir : le bouton à bois ou à feuilles, qui ne doit produire que du bois et des feuilles; il est ordinairement mince, allongé, pointu; le bouton à fleurs ou à fru its, qui renferme les rudiments d'une ou plusieurs Heurs ; il est plus gros, plus court que le bouton à bois; il est moins pointu, presque carré, et ses écailles sont plus renflées et plus velues en dedans; le bouton mixte,

qui doit donner en meme temps des fleurs et des feuilles.

2° Les bulbes se rencontrent particulièrement sur les monocotylédones et sur quelques racines vivaces. On les désigne dans le premier cas sous le nom d 'oignons. Tantôt les bulbes sont formées d’écailles engainantes qui se recouvrent complètement les unes les autres; tantôt, comme dans le safran, les écailles s’unissent et donnent à la bulbe l’aspect d’une masse charnue, solide. Dans le lis, les écailles sont imbriquées, c’est-à-dire qu'elles sont distinctes et disposées comme les tuiles d’un toit.

Quelquefois une seule écaille de bulbe suffit pour régénérer la plante entière. Cette disposition existe également dans les boutons h feuilles.

Les bulbes fournissant à la jeune tige les matériaux de la nutrition, elles s’épuisent pour elles; leurs écailles se dessè client, se flétrissent, et finissent souvent par disparaître.

Le bouton central du palmier se développe absolument comme la bulbe; il peut être considéré comme une sorte d’oignon supporté par une tige.

5° Les tubercules sont des organes particuliers qui peuvent se séparer de la plante qui les porte, et produire de nouveaux individus. Ils ont les plus grands rapports avec les bourgeons, et n’en diffèrent qu’en ce qu’ils peuvent se détacher de la plante qui les produit. Les tubercules présentent un ou plusieurs rudiments de plante, que l’on peut comparer à des bourgeons enveloppés par un tissu cellulaire plus ou moins abondant. Ils se rencontrent sur les plantes dicotylédones et sur les monocotylédones.

L’accroissement des tubercules qui appartiennent aux monocotylédones ayant lieu à l’intérieur, il en résulte qu’on ne peut les diviser sans les détruire ; dans les dicotylédones, au contraire, les tubercules croissant à l’intérieur, et leur vie n’étant pas concentrée en un seul point, on peut souvent les partager en plusieurs morceaux , et en obtenir autant de plantes. On profite de cette disposition pour les multiplier.

Les tubercules sont ordinairement fixés aux racines, et semblent remplacer dans celles-ci les fleurs et les fruits qui se développent à l’autre extrémité de la tige ; ex. la pomme de terre, les orchis; d’autres fois ils croissent à l’aisselle des feuilles, tels que le lis bulbifère, ou bien ils se trouvent à la place des fleurs, tels que diverses espèces d’aulx; enfin, ils remplacent quelquefois les graines dans les péricarpes, comme cela a lieu dans la crinole d’Asie. Les épithètes, axillaires, floraux etpéricarpiens désignent ces trois dernières situations des tubercules.

Un grand nombre de plantes sont privées de ces organes, mais souvent ils sont remplacés, ou plutôt représentés, par les

ramifications des rhizômes ou par des racines charnues, susceptibles de se diviser et de reproduire l’espèce.

4° Les bulbilles sont de petits bourgeons solides ou écailleux, naissant dans l’aisselle des feuilles ou a la place des fleurs, et qui, détachés de la plante-mère, s’enracinent, se développent et deviennent des végétaux parfaits. On nomme vivipares les plantes qui sont munies de bulbilles.

5° On donne le nom de caïeux aux bourgeons qui naissent sur les racines bulbeuses.

G0 Lorsque les liges sont rabougries et donnent naissance à des branches qui périssent tous les ans, comme les plantes vivaces, les bourgeons sont placés à la surface de la terre et semblent même quelquefois en sortir ; ils prennent le nom particulier de turions.

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