MOYENS D’OBTENIR DE BONNES GRAINES. MOYENS DE LES CONSERVER
Il est important, pour un jardinier, de recueillir lui-même toutes ses graines, afin qu’il soit sûr de l'àge et de la qualité de celles qu’il emploie, et qu'il n’ait point à faire de dé-
pense pour se les procurer.
Pour cet effet, il doit laisser monter quelques pieds de toutes les pla tes des plus hâtives et des meilleures; et comme il
n'est pas gracieux à la vue que tous ces plants montés soient épais dans un jardin, le jardinier choisira un des carrés où il sèmera et plantera de tous les végétaux dont il veut avoir de la graine; cela foimera une pépinière de graines, qui sera plus propre, et plus facile à garnir d'épouvantails pour empêcher les oiseaux d en approcher.
11 faut placer, à la plus grande distance que l’on peut, les plantes qui ont ei tre elles des analogies, parce qu’à l’époque de leur lloraison elles confondent leurs étamines, ce qui al-
tèrc leurs qualités et déprave les espèces. Ainsi, les diverses laitues, les radis, les citrouilles et les melons, ne seront pas établis assez près les uns des autres pour que le mélange des espèces puisse avoir lieu.
A mesure que les graines mûrissent, il faut les recueillir pour éviter qu’elles ne se perdent, et mettre chaque espèce séparément dans un sac, sur lequel on écrira le nom de la graine et l’année où on la recueille, attendu que toutes les graines ne se gardent pas pendant un temps égal.
On conserve les graines récoltées en les serrant dans un lieu sec, et autant que possible avec leurs enveloppes naturelles, à l’exception des pépins de melons, courges et concombres, que l’on conserve, lorsqu’ils sont secs, dans des poches de papier. L’humidité, la gelée, ou une chaleur excessive sont également préjudiciables à la qualité et à la conservation des graines. On doit les visiter de temps en temps, pour les soustraire à l’action des insectes. Si l’on ôte les graines de leurs enveloppes, on doit les renfermer dans un sac en papier, que l’on dépose ensuite dans une boîte en bois.
Les bonnes graines se reconnaissent à leur poids, quelques-unes à leur odeur, et toutes à leur grosseur et à leur belle apparence.
On n’emploie guère, dans le jardinage, que des égraines d’un an. On croyait autrefois qu’elles pouvaient rester fécondes jusqu’à quarante ans; mais on est assuré maintenant que leur fécondité ne dure que d'un à dix ans, sui\ant les espèces. 11 est vrai que la manière dont on conserve les semences peut restreindre ou augmenter leur durée. On a vu lever parfaitement, au bout de nombreuses années, des semences retrouvées dans la terre à une grande profondeur, où elles s'étaient conservées à l’abri des influences atmosphériques qui autrement les auraient altérées.