DES INSTRUMENTS DE JARDINAGE
Pour les différents ouvrages du jardinage, il faut des charrettes à fumier, des tombereaux, des brouettes, des civières et des fourches à dents en fer et en bois ; des pelles, des bô-
ches, des piques, pioches, piochons; des hottes; des scies et maillets; des échalas et osiers pour les treillages d’espaliers, cabinets et berceaux; des serpes et planes pour les couper et polir, etc.; des échelles de toutes sortes, simples, doubles, et à trois pieds; des jalons ou bâtons de bois bien droits, qu’on fiche en terre pour prendre les alignements des allées et des compartiments du jardin, et pour servir aussi de jauges pour mesurer ou égaler les tranchées, quand on fouille; des traçons, qui sont des outils en fer, pointus, garnis d’un manche de 1 mètre 25 à 1 mètre 50 cent, de long, dont on se sert pour tracer les compartiments, etc.; une ou deux charrues pour ratisser les allées; des battes pour battre la terre, l’unir et empêcher les herbes d’y croître; des ratissoires, dont les unes ont le tranchant renversé comme des houes, pour couper l’herbe en tirant à soi; les autres ratissent en avant; des rateaux, dont les uns sont à dents en fer, pour dresser les planches et compartiments, et les allées ; les autres à dents en bois, pour ramasser les foins; des rabots, qui sont des espèces de douves, rondes par-dessus, plates par le bas, et emmanchées par le milieu, qui servent, ainsi que le cylindre, pour unir et affermir les allées, après que la charrue ou le rateau y ont passé; une serfouette, qui est un petit outil en 1er qui a deux branches pointues, avec un manche de 1 mètre 25 centimètres de long, pour donner un petit labour autour des petites plantes, comme laitues, chicorées, pois, etc.; une pince, des plantoirs, qui ne sont que des morceaux de bois ronds et pointus par le bas, qui servent à faire des trous en terre pour y planter les poireaux, choux, laitues, chicorées et autres plantes potagères qui ont peu de racines : il y a le plantoir des planteurs de buis, qui est plus grand et plus gros, plus long d’en bas d’environ 10 centimètres, et ferré pour mieux entrer.
Il faut aussi au jardinier une scie à main et des serpettes bien affilées : il doit toujours en avoir sur lui une, fermante, pour tailler tout ce qu’il trouvera de mauvais ou de disgracieux à scs arbres; les autres, qui ne se ferment pas, et ne sont point portatives, servent principalement pour habiller les arbres et couper les racines de ce qu’on transplante. Il faut encore les greffoirs ou entoirs, qui sont de petits couteaux
faits exprès pour greffer, dont le manche doit être eu ivoire ou en bois bien dur, et l’extrémité plate, mince et arrondie, pour détacher aisément l'écorce d’avec le bois des plus petits arbres, et y insérer l’écusson sans rien rompre; pour greffer en fente, on se sert d’un outil en fer, qu’on appelle fendoir, et de petits coins en bois de la longueur d’environ 10 centimètres. 11 faut des ciseaux de jardinier, pour tondre les buis des parterres et les arbres d’ornement, comme ifs, ormes, etc. ; un croissant, pour tondre les charmilles et les haies; un ou plusieurs sarcloirs, un échenilloir, c’est-à-dire une espèce de ciseaux, dont une des branches est montée sur un manche en bois d’environ 1 mètre 25 centimètres , et l’autre branche a le fer plus épais et plus large par le haut, afin que son poids, entraînant ce côté-là, les ciseaux soient toujours ouverts naturellement; ces ciseaux ont aussi, le long de la douille qui tient au manche, une languette en fer qui empêche qu’ils ne se ferment d’eux-mêmes. Pour faire agir ces ciseaux, ou les lève en l’air quand on est vis-à-vis de la branche où le toupet de chenille est fixé, on ferme les ciseaux en tirant à soi une corde qui y est attachée, et, par consé-
quent, on coupe la branche.
Le jardin doit être fourni aussi d’arrosoirs grands et petits, à pomme percée, ou à simple goulot; de pots à fleurs, de caisses, de mannes et mannequins qui sont utiles tant pour le transport que pour y planter des arbres; de baquets qui servent aux arrosements et à semer des graines particulières; de corbeilles à fleurs et à fruits; de cribles pour passer la terre, principalement pour les fleurs ; de claies pour épierrer les terres et les passer grossièrement.
On passe à la claie les terres pierreuses, parce qu’elles ne pourraient pas faire un bon jardin. On a donc une claie de 2 mètres de haut sur 1 mètre 75 centimètres de large. Pour passer ces terres, on pose la claie un peu en pente sur le bord d’une tranchée, ou bien on la soutient par derrière avec
quelques échalas; le jardinier jette des pellées de terre sur le haut de la claie, et la bonne passe au travers, pendant que les pierres roulent en bas. Le jardinier ôte ces pierres, et continue ainsi à passer toute la terre.
On fait usage, dans les jardins, de deux sortes d’outils pour déplanter : la truelle et la houlette. La truelle sert à lever en mottes les petites plantes, surtout les fleurs; la houlette sert particulièrement pour les plantes qui n’ont pas beaucoup de racines, comme fraisiers, tulipes, anémones, etc. Les jardiniers ont, pour les terres dures et pierreuses, des houlettes tout à fait pointues, comme la feuille de la sauge, aussi les appelle-t-on feuilles desauge; ils en ont d’autres qui sont coupées carrément et un peu rondes par le bas, pour les terres meubles et légères.
Enfin on doit être muni de pièges de plusieurs sortes, de petits assommoirs qu’on met sur le chapiteau des murs, pour prendre les loirs, et, à terre, pour prendre les mulots; d'autres plus grands, ou des quatre-de-chiffrcs pour prendre les rats; d’autres pièges à ressort, qu’on met dans les arbres, pour prendre encore les loirs, et des boîtes ou des pinces en fer, à ressort, pour prendre les taupes.
Le cabestan horizontal est encore un instrument nécessaire, pour redresser les arbres renversés par le vent, ou bien pour faire tomber où l'on veut ceux que l’on abat.