DES ADOS , DES TERRASSES ET DES PETITS MURS
Dans le jardinage, on entend, par le mot ados, une élévation de terrain en dos d'âne, ou encore un talus adossé contre un mur bien exposé. On pratique quelquefois des ados, pour tenir lieu de châssis vitrés et favoriser les primeurs. Les ados doivent avoir une pente de 55 centimètres, sur une largeur de 1 mètre. On les soutient, par le bas, à l’aide de planches assurées avec de bons piquets. Cette pente rapide peut produire deux bons effets : 1° de faire jouir les plantes pendant l’hiver, lorsque le soleil est bas, des moindres de ses rayons; 2° de ne point leur donner, dans le temps des gelées et des frimas, aucune humidité nuisible, car elle tombe au pied de l’ados.
Les ados que 1 on place près des murs se pratiquent au midi, le long d’une plate-bande, et vers la fin d’octobre. On ménage 75 centimètres de sentier, entre le muret l’ados, pour
travailler aux plantes. Au mois de novembre, on y scme des pois; mais, auparavant, il faut laisser quelques jours la terre se plomber un peu; et, après avoir planté, ou garni de terreau, on pratique des rigoles du haut en bas de fados.
Lorsqu’il survient des neiges ou de fortes gelées, on couvre les ados de grande litière, avec des paillassons par-dessus, qu’on ôte et qu’on remet à propos; on se sert aussi de ces ados pour avoir des primeurs de fraisiers, que l’on y transporte, soit en pots, soit en mottes.
Un avantage qui résulte des ados, c’est de pouvoir renouveler tous les ans la terre de la plate-bande. Quand l’ados est vide, on rabat la terre pour y mettre des haricots nains ou d’autres légumes.
Ceux qui ne craignent pas trop la dépense, font des terrasses soutenues par de petits murs, hauts de 1 mètre 125 centimètres, éloignés de 2 mètres au moins des grands murs, et ils remplissent de terre l’intervalle qui reste entre les grands et les petits murs : cela sert admirablement pour avoir de beaux espaliers, et de belles expositions pour les plantes potagères. La vue de ces terrasses est agréable, surtout lorsque les murs en sont orn 's de treillages peints en vert.
Ce n’est pas seulement parce que l’on a un jardin trop long, qu’on le coupe de murs ou de palissades, c’est encore parce qu’on obtient, sous l’abri de ces clôtures, des fruits magnifiques et des légumes précoces et d’un goût exquis. Un jardin coupé de murs est un assemblage de petits jardins carrés, qui se communiquent les uns aux autres par des ouvertures ou portes qui se correspondent, afin de ménager le coup d’œil. Chaque ouverture pourra avoir pour ornement deux pilastres en pierre de taille ou en briques, surmontés chacun d’un vase ou d’un globe. Les murs doivent avoir 5 mètres de hauteur, pour favoriser le développement des espaliers; ils ont pour objet, d’un côté, de préserver du froid les plantes méridionales ou les primeurs, et de l’autre de garantir les plantes alpines contre les ardeurs du soleil. On conçoit dès lors que ces murs doivent s’étendre de l’est à l’ouest.
UKS FAILLIS, PAILLASSONS, PALISSADES, BRISE-VENTS, etc.
On entend par paillis une couche de litière ou de fumier non consommé, épaisse d’un à trois doigts, que l’on répand sur les plantes mises en plates-bandes ou en carrés. Cette méthode est un peu dispendieuse et n’est point agréable à l’œil ; mais elle est utile pour les végétaux, en entretenant toujours la terre humide, en protégeant les jeunes plantes contre les gelées tardives, en s’opposant à l’évaporation trop rapide des pluies, des arrosements, etc. Au lieu de paillis, quelques horticulteurs modernes ont employé avec succès les mousses, qui servent spécialement à couvrir les planches de terre de bruyère exposées au nord, et les petites plantes alpines délicates, ou celles d’uneconservatien difficile hors de leur pays natal.
Nous ne croyons pas devoir parler ici des toiles, qui ont trop peu d’épaisseur pour garantir contre un grand froid, et que les amateurs de jacinthes, de tulipes, de renoncules, d’anémones, emploient presque exclusivement pour mettre leurs plantes favorites à l’abri des intempéries de l’air, et pour prolonger de quelques jours la durée des (leurs. En jardinage, il est très-rare qu’on ait besoin d’employer les toiles, si ce n’est pour garantir quelquefois les bâches et les serres, en été, contre les chaleurs trop vives ou trop subites.
Les jardiniers nomment pléyons la paille de seigle, qui, parce qu’elle est longue et ferme, sert à couvrir les petites salades sur couche, à faire des paillassons, des brise-vents, des cloches, et cà lier la vigne.
Les paillassons servent à abriter sur les couches, par exemple, de petites salades, des raves printanières, et autres plantes qu’on veut conserver contre le froid des nuits, les neiges, la grêle, le \enl, le haie, etc. On pose ces paillassons à plat sur les couches, et, pour empêcher qu’ils n’en approde trop près, on garnit les couches de quelques échalas mis en travers et soutenus par de petits pieux. On se sert aussi de paillassons pour garantir les espaliers des roux-vents et de la grêle.
Une palissade est un assemblage d’arbres ou d’arbrisseaux touffus, chargés de feuilles dès le pied, plantés près à près, d’un seul rang, formant une tapisserie verdoyante, de telle longueur, hauteur, ou figure que l’on désire. Les végétaux que l’on choisit pour faire des palissades sont ordinairement de ceux qui restent toujours verts; on les taille au croissant, ou avec les ciseaux de jardinier. Les palissades sont utiles, soit pour masquer une vue désagréable, soit pour intercepter les regards des curieux, soit enfin pour servir d’abri à d’au-
tres plantes.
Les brise-vents ne sont autre chose que des paillassons qu’on met debout, sur un côté de leur largeur, et en les arrêtant avec des pieux fichés en terre, autour des couches, des carrés, et même des buissons; ils font une espèce de petite muraille qui défend des vents froids tout ce qui y est enfermé, et l’échauffe en même temps par la réflexion des rayons du soleil. Les brise-vents produisent donc deux bons effets dans le jardinage : ils brisent le vent, et ils augmentent la chaleur; aussi s’en sert-on, non-seulement pour mettre à l’abri les couches de melons, de salades, etc., mais encore pour clore tous les endroits où il n’y a point de véritables murailles qui puissent défendre les jardins des ravages de l’exposition du nord.
On appelle palis ou perchis une clôture ou séparation de jardin, formée avec des pieux et des perches, qui soutiennent des paillassons de jonc, de paille, de roseau et meme de genêt. Les palis servent d’abri ou contre le vent et le froid, ou contre l’excès de la chaleur.