‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 63 sur 425 · I)K L'ORANGERIE 01 SERRE TEMPÉRÉE · texte numérisé non relu

I)K L'ORANGERIE 01 SERRE TEMPÉRÉE

Les orangeries ne sont pas employées pour la production des plantes, mais seulement pour leur conservation. La température ne doit pas y descendre au-dessous de trois à quatre degrés du thermomètre de Réaumur.

Une orangerie doit être exposée de façon à recevoir le soleil le plus longtemps possible, et à n’avoir rien à redouter des vents du nord et de l’ouest. Ces deux prescriptions sont dans l’intérêt des plantes cultivées et dans celui de l’amateur, qui risquerait de perdre tout dans une seule nuit. Quant à la disposition intérieure, le mur du fond, ordinairement exposé au nord, doit être épais, et, autant que possible, abrité par une colline, un tertre, etc.

C’est dans l’orangerie que l’on place en hiver les orangers, grenadiers, myrtes, jasmins, lauriers, ifs et autres végétaux des climats tempérés. L’orangerie doit se présenter d’elle— même, sans se faire chercher, et les caisses doivent y être alignées et rangées au cordeau sur des dés en pierre ou carreaux, pour qu’elles ne s’enfoncent pas. On place une petite caisse entre deux grandes; mais la régularité de la décoration ne doit pas empêcher une agréable confusion, qui fasse paraître les plantes en plus grand nombre qu’elles ne sont effectivement.

On établit, dans l’orangerie, des plates-bandes dans lesquelles on place, en caisse ou en pots, les plus petits arbrisseaux, les arbustes et autres plantes vivaces. Tous ces végétaux doivent également être variés, tant pour la grandeur que pour la forme; par exemple, on met un petit buisson entre deux 'pyramides, un laurier-cerise entre deux orangers, etc. Un autre genre de disposition très-avantageux consiste à placer sur la ligne du centre les plantes les plus hautes, et, sur le devant de ces plantes, celles d’une dimension moindre; la place des plus petites est toujours le long de la façade.

Il est indispensable de ménager deux couloirs dans la longueur d’une orangerie, l’un entre le mur du fond et les plus hautes caisses, qui sont placées au centre, et l’autre entre les rangées du centre et celles qui sont appuyées contre la façade.

Les plantes qui sont renfermées dans l’orangerie n’ayant pas toutes besoin de la même température, il est à propos de placer plus près du foyer de chaleur celles qui sont le plus sensibles à l’action du froid.

Lorsque le froid est rigoureux, on calfeutre les ouvertures, à l’intérieur avec du papier collé, ou cà l’extérieur avec du foin, et l’on couvre les fenêtres de paillassons.

L’époque à laquelle on doit rentrer les plantes d’orangerie est subordonnée à leurs diverses natures : c’est toujours à l’approche du froid, et, en général, à la mi-octobre. 11 en est de même pour leur sortie, qui n’a lieu que vers la fin du printemps, lorsqu’on n’a plus à craindre ni le bêle ni les gelées blanches; mais, dans le courant de l’hiver et du prin-

temps, on a le soin d’ouvrir les fenêtres aussi souvent que la température extérieure le permet.

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