GREFFE EX FENTE
Elle se fait au printemps, au moment précis où la végétation commence* mais avant que les boutons soient trèsgonllés.
Après avoir choisi un sujet sain et vigoureux, on prend sur l’arbre que l’on veut multiplier une branche de l’année précédente, dont le bois- sera bien aoûté, c’est-à-dire parfaitement mûr. Il faut qu’elle soit au plus d’une grosseur égale à celle du sujet, ou plus petite. On coupe la tête du sujet à la hauteur déterminée par le besoin, et on fait à sa partie supérieure une fente longitudinale. On taille en biseau, des deux côtés, la partie inférieure de la greffe, que l’on raccourcit de manière à ne lui laisser que deux ou trois yeux; puis on fin-
sère dans la fente, que Ton tient ouverte avec la pointe de la serpette.
La condition indispensable qu’exige la reprise, est que les parties intérieures de l’écorce du sujet et de celle de la greffe coïncident parfaitement. On observera que l’on doit toujours tourner en dehors la partie du rameau dont l’écorce sera bien conservée; et, autant que cela se pourra, il y aura un œil placé au-dessus de la partie serrée dans la fente. Si le sujet était assez gros, on pourrait placer plusieurs greffes dessus, en le fendant de plusieurs côtés. Si la fente ne serre pas assez, on se sert d’écorce d’arbre, qu’on ajuste proprement au-dessus de la fente, entre les greffes. On a le soin de bien serrer avec un osier le sujet nouvellement greffé; puis on l’emmaillotte avec de la cire à greffer ainsi composée :
Poix de Bourgogne. . . . 500 grammes.
Poix noire 125
Cire jaune 65
Suif de mouton 65
Résine 15
On fait fondre le tout, à très-petit feu, dans une marmite de fonte, et l’on fait réchauffer sur un fourneau, quand on veut s’en servir. 11 est essentiel de ne pas employer cette composition trop chaude, car on dessécherait, ou même on * brûlerait l’écorce, et la reprise n’aurait pas lieu.