GREFFE EN COURONNE
Cette opération ne convient qu’à de gros sujets, auxquels on étronçonne la tète et les bras. Les greffes qu’on met en usage pour la couronne ne doivent être taillées que d’un seul côté; il faut que le haut de cette taille soit incisé très-proche de la moelle, pour se terminer presque à rien par le bas, ce qui donne plus de facilité pour faire entrer la greffe dans l’ouverture où l’on doit la poser.
Les greffes ainsi taillées, et prêtes à placer sur le sujet qui les attend, on se sert d’un petit coin de bois, mince à proportion des greffes, que l’on pose sur l’extrémité du sujet, entre le bois et l’écorce; puis on frappe doucement avec la main,
pour y faire une ouverture juste de la grosseur des greffes. Il faut observer que le côté de l’entaille des greffes doit être posé sur le bois du tronc de l’arbre, et que l’écorce doit regarder celle du sujet.
On peut ranger trois, quatre, ou cinq greffes sur le tronc d’un arbre, à cinq centimètres, les unes des autres, s’il est assez fort, tel qu’un arbre de vingt, trente ou quarante ans, ce qui forme sur cette tète une espèce de couronne.
Les greffes ne sont pas plutôt posées, qu’on les serre bien avec un osier, afin de les empêcher de quitter le lieu où elles sont établies; ensuite on emploie la terre argileuse, mêlée avec du foin ou des étoupes, pour en faire des poupées semblables à celles de la greffe en fente.
La greffe en couronne est sans contredit plus favorable à la reprise que celle en fente; elle donne moins de craintes pour le dépérissement du sujet, parce qu’elle ne fatigue ni le tronc ni les branches, tandis que la greffe en fente exige une incision qui imprime une rude secousse au sujet et lui fait une plaie qui ne réussit pas toujours à se cicatriser.