‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 97 sur 425 · CULTURE DES PLANTES POTAGÈRES · texte numérisé non relu

CULTURE DES PLANTES POTAGÈRES

RANGEES PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE, avec l’indication des procédés en usage pour obtenir des primeurs.

Absinthe. Plante vivace, qu’on ne cultive que dans quelque endroit dérobé du jardin, et seulement pour n’en point manquer dans le besoin, parce que cette plante a des propriétés médicinales. On la sème en mars ou en avril, et on la lève au mois d’octobre, pour la replanter en bonne terre, au cordeau, les pieds à 8 ou 10 centimètres de distance les uns des autres, et à 5 ou 6 centimètres de profondeur. Ün recueille la graine au mois d’août; elle est de forme bizarre, jaunâtre par le gros bout, et tirant un peu sur le noir par l’autre bout. On tond cette plante tous les ans, au printemps, et on la renouvelle tous les deux ans.

Ache. Plante annuelle, espèce de céleri sauvage ; elle ne se multiplie que par la graine, qui est roussâtre, ovale et rayée, plus élevée d’un côté que de l’autre, très-pleine et aromatique. Cette plante aime les lieux ombragés et humides. On lui attribue des propriétés médicinales.

A il. Plante vivace, cultivée pour ses bulles, dont l'odeur et la saveur fortes sont assez connues. On plante les caïeux ou gousses en février et mars, à 0 ou 7 centimètres de profondeur, et a 15 ou 18 centimètres de distance, en planche ou en bordure, et dans une terre fraîche, légère et substantielle. On sort les bulles de terre vers la Gu de juillet, et on les met sécher pour les garder ensuite d’une année à l’autre, dans un lieu qui ne soit pas humide. L’odeur de l’ail, si redoutée de nos petites maîtresses, est pourtant l’un des remèdes les plus puissants qu’il y ait contre les vapeurs et les maux de nerfs auxquels elles sont si sujettes. L’ail est considéré comme anti-putride, ainsi que les autres plantes qui ont son odeur, telles que le scordium ou germandréc aquatique, etc.

L’ail d’Orient est encore trop peu connu pour que nous nous décidions a donner ici des préceptes sur sa culture. ;

Âlliékenye. Voyez Coqueret.

Alléluia. Espèce de trèfle qu'on trouve dans les bois, et qu’on cultive dans

les jardins, pour ses feuilles; plus on les arrache, plus il en revient. Cette plante aime l’ombre et le nord; elle fleurit jaune et ne graine que difficilement, mais on la multiplie en séparant ses touffes, au bout de trois ou quatre ans, et en les replantant au mois de mars ou d’avril.

Ananas. Voyez Cultures spéciales.

Angélique. Plante bisannuelle, dont les tiges ou côtes se mangent confites au sucre. On la sème au printemps, en couvrant peu la graine ; on repique en place au mois de juin.

Anis. Plante vivace, qui donne une petite semence de couleur verdâtre, que l’on emploie pour faire la liqueur qui porle son nom. L’anis se sème en mars, par rayons, en bordure, et monte en graines vers le mois d’août. Les tiges en étant coupées repoussent l’année suivante. Il faut renouveler cette plante de deux en deux ans. On en cultive aussi une espèce qui est annuelle.

Arrochc. Voyez Bonne-Dame.

Artichaut. Voyez Cultures spéciales.

Asperge. Voyez Cultures spéciales.

Aubergine. Voyez Mélongcne.

Barbe-de-capucin. Voyez Chicorée sauvage.

Iiaselle, épinard du Malabar. Plante bisannuelle, à tiges grimpantes. Les feuilles se mangent préparées comme les épinards. On sème en mars, sur couche chaude et sous châssis Apiés les froids, on repique en pleine terre, contre un mur treillage, exposé au midi. On en cultive deux variétés, l’une rouge et l’autre blanche.

Basilic. Plante annuelle et odoriférante, qu'on met dans les salades et dans les ragoûts. 11 y en a de plusieurs espèces. Le grand basilic est haut d’environ cinquante centimètres, branchu et garni de grandes feuilles approchant de celles du citronnier; elles sont quelquefois boissclées et à bord contourné, d’autres fois dentelées profondément, ce qui le fait appeler basilic à feuilles de chêne. La grande espèce est ordinairement verte, quelquefois teinte d’un vert noirâtre ou de violet. Les épis sont longs dans certaines variétés, courts et ramassés dans d’autres. Leur odeur varie ; les uns donnent une odeur très-forte qui se rapproche de celle du clou de girofle, d’autres tiennent du florax liquide, et quelques-uns ont une odeur mêlée et désagréable.

Le basilic moyen a toutes scs parties plus petites que le précédent, les feuilles arrondies, velues ou glabres, vertes ou entièrement teintes de pourpre, à l’exception du basilic tricolore, qui les a mêlées de pourpre, de jaune et de vert.

Le petit basilic et plus petit et plus branebu ; ses feuilles ressemblent à celles de la marjolaine. C’est celte espèce qu’on met sur les fenêtres, et qui s’arrondit si bien.

II y a encore une autre espèce p'us basse et plus menue, dont les feuilles approchent de celles du serpolet.

De toutes ces différentes sortes de basilics, on estime celui qui a les feuilles très-petites, et encore plus celui qui les a grandes, surtout quand elles tirent au violet; mais pour celui qui a les feuilles médiocres, il est réputé être le commun.

La graine de basilic est d’un minime obscur, fort menue, un peu ovale et lisse. On n’en sèrnc guère que sur couche, en plein champ ; on commence dès le mois de février, et on peut continuer toute l’année. Le basilic aime l'humidité et une terre un peu légère; il lève vite et veut être arrosé dans

les chaleurs, sarclé cl serfoui avec soin. On recueille sa graine dans le mois d août; et, d’ordinaire, pour le faire grainer, on en replante au mois de mai, en pots ou en planches. Au mois de septembre on en coupe les pieds tout près de terre.

I.es Icuiilcs tendres se mettent en petite quantité dans les fournitures de salade, ou bien on les tait sécher au soleil, et on les pulvérise pour mettre dans les ragoûts On en garde aussi en paquets pour différents usages de cuisine.

Baume ou menthe des jardins . C est une plante vivace qui sert, quand elle est jeune, en fourniture de salade; elle a les feuilles oblongues assez étroites, pointues, à bords dentelés, d’un vert foncé, et un peu velues. Le baume étant une fois planté, n’a besoin d’autre culture particulière que d'être coupé ras de terre tous les ans, à la fin de l’automne, afin qu’au printemps suivant il pousse beaucoup de jets. On peut en renouveler quelques pieds tous les trois ans, et les mettre en bonne terre.

Cette plante se multiplie aisément de stolons ou traînasses et de boutures. Scs branches prennent racine à l'endroit où elles sont couvertes de terre; parce moyen, d’une grosse touffe on en fait facilement plusieurs, qu’on plante à 35 centimètres les unes des autres. On cri plante aussi quelques touffes sur couches pour les salades d’hiver, en ayant soin de les couvrir de cloches; elles y poussent fort bien pendant une quinzaine de jours, et périssent ensuite. Quant à la graine du baume, il la produit sur des tiges qui s’élèvent à la hauteur d’un mètre, et qui sont partagées en plusieurs autres rameaux portant des fleurs de couleur blanche mêlée d’un peu de rouge. Après la chute de ces fleurs, il paraît un petit calice contenant quatre semences menues et oblongues. On cultive encore la menthe poivrée, la verte la ronde, la crépue, etc.

Bette. Voyez Poirée.

Betterave. Plante bisannuelle, dont on connaît beaucoup de variétés : la betterave champêtre ou disette, préférée pour la grande culture fourragère ; la jaune à chair blanche, recommandée pour l’extraction du sucre; la blanche; la jaune, 1a plus sucrée de toutes; la rouge ronde, précoce; la petite rouge de Caslelnaudarv, qui est la plus estimée pour la salade; la grosse rouge, dont la culture est plus répandue, etc.

Le feuillage des betteraves participe de la couleur de la racine. Elles ne se multiplient que de graine. Les betteraves demandent une bonne terre, bien meuble, bien amendée, et profonde de 75 centimètres; autrement elles deviennent dures, chétives, pleines de filets, et les variétés rouges perdent beaucoup de leur couleur, par laquelle on les estime.

On sème les betteraves en mars, fort clair, sur une planche bien labourée, et on les sarcle au besoin. Il est nécessaire de tirer les betteraves de terre à la fin de l’automne, avant que la terre soit gelée.

Pour conserver les betteraves pendant l’hiver, après qu’elles sont arrachées, il faut les mettre dans une serre ou une caec, en faire une planche d’un mètre 25 centimètres de large, les poser sur le côté, et, sur chaque lit de betteraves, mettre un lit de sable. On peut monter la planche jusqu’à un mètre 50 centimètres de haut. On fait de même pour toutes les autres racines qu’on veut garder, comme panais, carottes, salsifis et navels. Si on n’a ni serre, ni cave, ni autres lieux fermés pour mettre ainsi les racines à couvert, on fait, dans le potager, des trous grands comme des innids, et plus, si l’on veut. On place les racines dans ces trous ou silo', en couvrant d’un peu de

terre sur chaque lit; et, après les avoir ainsi remplis, on met, par-dessus, une couche de terre de îO centimètres de hauteur, que l’on couvre de 15 à 1S centimètres d’épaisseur de grand fumier, pour arrêter l’humidité des eaux et garantir de l’action du froid. Ce procédé a été mis à l'épreuve.

11 y a certaines terres où les betteraves d’espèces rouges dégénèrent dans leur couleur et deviennent blanchâtres; mais elles n’en sont pas plus mauvaises pour cela. Pour leur redonner la couleur rouge, avant de les manger, il n’y a qu’à les mettre cuire dans de l’eau avec du foin.

La graine de betteraves est ronde, graveleuse et noirâtre; elle ressemble à celle de la poirée, excepté qu’elle est d’une couleur plus brune; elle est bonne pendant quatre ou cinq ans. Pour en avoir, on replante, au mois de mars, quelques betteraves de l’année précédente, qu’on a conservées dans la serre, et on les met dans un endroit du jardin où l’on puisse soutenir et arrêter leurs montants, que les vents renverseraient à cause de leur hauteur et de leur charge. La graine se recueille au mois d’aoùt ou de septembre. On coupe les montants de la plante, puis on les met sécher, on les froisse, et on vanne la graine.

Blé de Turquie. Voyez Maïs.

Bonne-Dame , ou Àr roche des jardins. C’est une herbe potagère annuelle, et qui dure peu ; elle ne vient que par la graine, qui est extrêmement plate et mince, ronde et roussâlre , et ne se conserve que deux ans. On la sème des premières, au printemps, en ravons, sur planche, où elle ne reste guère de temps , parce qu’elle lève fort vite et qu elle monte en graine dès le mois de juin.

La feuille est fort agréable à manger en farce , et se mêle à l’oseille pour en adoucir l’acidité. On s’en sert presque aussitôt qu’elle est sortie de terre, parce qu’elle passe vite, comme nous venons de le dire.

Pour en avoir dans la primeur, il faut en semer sur un bout de couche ; elle vient en toute sorte de terre, mais toujours plus belle dans les bonnes terres que dans les médiocres.

Bonnet de prêtre. Voyez Citrouille.

Bourrache et Buglose. Ces deux plantes, qui sont annuelles, ne demandent aucune culture ; elles viennent et se ressèment d’elles-mêmcs. Leur usage est de garnir les salades de leurs fleurs violettes. Leurs feuilles ne sont bonnes , en tisane, que pendant qu’elles sont tendres et nouvelles. La bourrache et la buglose se multiplient de graines, dont l’une est si semblable à l’autre qu’on ne saurait les distinguer; elles sont noires, tant soit peu ovales, crénelées dans leur longueur, et ayant, pour l’ordinaire, un petit bord blanc du côté de leur base. On laisse monter quelques-unes des plus belles de ces plantes.

Boursette. Voyez Mâche.

Brède. Voyez Morelle.

Brocoli. Voyez Chou-fleur.

Calebasse. Voyez Courge.

Câprier. C’est un arbrisseau que l'on cultive en plein champ, dans le midi de la France. A Paris on l’élève comme plante d’ornement , dans des niches faites exprès, au pied des murs bien exposés, cl qu’on a remplies de terre pour la nourriture du pied. Tous les ans, au printemps, on en taille les branches, qui poussent ensuite des boutons que l’on cueille, et qu’on fait confire dans du vinaigre pour s’en servir au besoin. Le plant du câprier dure de vingt-cinq à trente ans. On multiplie celte plante par la graine,

qu'on sème séparément dans des pois que l’on rentre en serre pendant l’hiver, ou bien par marcottes, qu’on mot en pots et sur couche tiède, et a l’ombre.

Capucine, cresson d’Inde, ou cresson d’eau du Pérou. Plante annuelle, qui se sème, au printemps, sur couche ou sur quelque bout de planche couvert de terreau. Lorsque le plant est assez fort, ce qui arrive environ vers le commencement de mai, on le transplante en pleine terre, le long de quelque mur où il y ait un treillage pour en soutenir les montants. Il faut l’arroser en été, et avoir soin d’en ramasser la graine qui tombe a terre dès qu’elle est mure.

On fait des palissades fort agréables de capucines, et on en met même dans des cours pavées, pour les faire ramper le long des murs. II n’y a qu’à lever quelques pavés, à 25 centimètres de distance les uns des autres, mettre de bonne terre à potager dans le trou des pavés, placer dans chaque trou , a quatre doigts l’un de l’autre, deux grains de capucine, jeter un doigt de terre par-dessus, et, à mesure qu'ils montent, les arroser et en palisser les montants.

Les fleurs de la capucine entrent dans les salades, et on en prend les boutons, avant qu’ils viennent à s’épanouir, pour les mettre confire au vinaigre, comme les câpres et les cornichons. 11 y a la grande et la petite espèce ; cette dernière, qui est panachée, est la plus estimée pour confire au vinaigre.

Carde d'artichaut. Voyez Artichaut.

Carde poirée. Voyez Poirée.

Cardon d’Espagne. Voyez Cultures spéciales ( Artichaut ).

Carotte. Plante bisannuelle , dont on cultive plusieurs variétés, et entre autres la jaune longue, la jaune courte, la blanche ordinaire, la hlanch de Brcteuil , la rouge longue, la violette, la rouge pâle de Flandre, la rouge courte de Hollande, qui est la plus précoce de toutes. On préfère les rouges et la violette aux blanches et aux jaunes.

La carotte ne se multiplie que par la graine, qui est couleur de feuille morte, petite, ovale, ayant les bords tout garnis de pointes très-menues, un côté de la graine un peu plus élevé que l’autre, et tous les deux rayés en longueur. Cette graine se conserve trois ans; celle d’un an est sujette à monter. On sème les carottes au mois de mars, il plein champ, sur planches, et un peu clair , en terre bien amendée et meuble. Lorsqu'elles sont levées à la hauteur de 15 centimètres ou environ, on les éclaircit si elles sont trop drues, afin que les racines grossissent. Pour en obtenir de trèsgrosses, il faut les éclaircir jusqu’à ce que les pieds soient à la distance de 25 à 30 centimètres les uns des autres. Il est nécessaire de les sarcler avec exactitude , surtout dans les commencements, sinon elles s étiolent. Pour les faire profiter en terre , il faut, vers le 15 août, en couper les montants à la hauteur de trois centimètres. Pour les conserver l’hiver, on les lève de terre, on coupe la racine un peu au-dessous du collet, afin d’arrêlerla pousse dujetou des feuilles, cton les transplante très-près les unes des autres, dans une serre ou dans un cellier.

Pour obtenir des carottes au printemps, on sème en septembre la carotte rouge hâtive de Hollande , et on couvre, si l’hiver est rude. On est plus sur d’obtenir des primeurs, si l’on sème sur couche et sous châssis.

Si l’on veut avoir de la graine de carottes, on replante, au mois de mars, quelques-unes de celles de l’année précédente, qu’on avait préservées de la gelée. La graine s’en recueille au mois d’août ou de septembre.

Céleri. Plante bisannuelle, pour salade. Le céleri n’est bon qu’à la lin de l’automne et pendant l’hiver, car il n’est tendre et de bon goût qu’après quelques gelées. On en cultive plusieurs variétés qui sont : le petit céleri ou céleri à couper, qui s’emploie comme fourniture de salade; le plein blanc; le céleri turc ou de Prusse; le plein rose; le nain frisé; le gros violet de Tours, qui est le plus gros des céleris, et le céleri-rave qui se mange cuit.

Le céleri se multiplie par la graine, qui est très-petite, ovale, un peu bossue , jaunâtre et rayée dans sa longueur. On la sème sur couche , dans le mois d’avril , ou sur une planche couverte de quatre centimètres de terreau, à la fin de mai. Il est même à propos d’en semer ainsi à deux fois, pour en avoir plus longtemps; car le vieux semé monte en graine et durcit.

11 faut le semer à plein champ et toujours à claire voie, parce que la graine étant petite tombe toujours plus dru qu’on ne veut. Il est près de deux mois à lever en pleine terre : il parait un peu plus vite sur couche.

On a soin de l’éclaircir de bonne heure et de le rogner un peu , pour le faire fortifier, avant de le repiquer, autrement il s’étiole trop et demeure faible et peu garni de feuilles.

Quand il est parvenu à la hauteur de quatre ou cinq doigts, ce qui arrive au commencement de juin, pour celui qu'on a semé sur couche au commencement d’avril, on le lève de dessus la couche, et on le replante en pleine terre, sur une planche d’un mètre *25 centimètres de large, qui a été bien labourée et amendée. On doit mettre, autant qu'on le peut, le céleri dans les carrés défoncés; car la terre neuve lui donne un goût plus exquis.

Avant de placer le céleri en planches, le plus sur est de le repiquer en pépinière. en mettant les pieds à 7 ou 8 centimètres les uns des autres. 11 suffît pour cela de faire des trous avec le doigt. Lorsque le tout est ainsi planté, il est nécessaire d’arroser fortement , sans quoi cette plante jaunit et ne prospère pas. Après que le céleri s’est fortifié dans cet endroit, on l’arrache pour le replanter dans la place où il doit demeurer jusqu'à ce qu’il soit bon a manger. Il y a cependant des jardiniers qui se dépensent de cette seconde transplantation, et qui, levant le céleri bois de l’endroit où il a été semé , le plantent tout d’un coup à demeure.

On met le céleri à quatre rangs sur chaque planche, cl on plante les pieds a trente centimètres de distance les uns des autres sur chaque rang. Ou laisse une planche vide entre deux pleines, pour en prendre la terre lorsqu’il faudra butter le céleri. En attendant qu'il soit en étal de recevoir celte façon, pour ne point perdre de terrain, on plante sur la planche vide, de même qu’entre les rangs de céleri, de petits légumes, comme laitues, pourpier, chicorée, raves et autres plantes qui puissent être enlevées quand le céleri sera assez fort pour être butté. On ne doit point épargner l'eau au céleri pendant l’été, c’est ce qui le rend blanc, tendre cl fort.

Le procédé qui consiste a creuser les planches pour butter le céleri, n'est bon que dans les terres sèches et légères ; mais , pour les terres humides, on doit le replanter sur une planche non creusée, l’espacer, comme il est dit, et arroser toujours amplement.

Pour faire blanchir le céleri, quand il est assez fort, on le lie de trois liens de paille, par un temps sec , puis on le butte entièrement; on se sert pour cela de la terre de la planche d’entre- doux qu'on a laissée vide exprès. On bulle aussi le céleri avec do grand fumier sec; mais ce procédé lui

retire son goût; il est bien meilleur, butté de terre. Dans les endroits où on le butte avec du fumier, on n’a qu’à le planter sur toutes les planches, car il est inutile d’en laisser de vides.

Le céleri étant butté, et garni jusqu’au haut de ses feuilles, on en coupe l’extrémité, afin qu’il n’y monte plus de sève, et il blanchit en moins d un mois ; mais étant blanchi, il pourrit sur pied, si on ne le mange pas : il ne faut donc en butter qu’à mesure qu’on en consomme.

A l’approche de l’hiver, pour garantir le céleri de la gelée, il faut bien le couvrir de fumier sec, après l’avoir lié d*e deux ou trois liens, ou bien l’arracher en motte, pour le porter dans une serre. Il y en a qui se contentent de le replanter ainsi en pleine terre, dans une autre planche, en pressant les pieds aussi près les uns des autres qu’il est possible, et les couvrant de grande paille, ou de fumier sec de l’épaisseur de 30 centimètres.

Mais cette manière de lui faire passer l'hiver en pleine terre ne réussit bien que dans celles qui sont sèches et sablonneuses; elle ne vaut rien poulies fonds d’un tempérament humide, où le céleri est très-sujet à pourrir, même avant qu’il blanchisse. Ainsi, dans de semblables terres, il vaut mieux le couvrir de fumier, quinze jours seulement avant le lroid, et, après ce temps, le lever en motte et le porter dans une cave ou dans une serre, pour qu'il y acquière sa dernière perfection, qui est la blancheur; il s’y conserve longtemps, pourvu qu’on le prive de la lumière.

Le céleri tardif, qui demeure petit, a l’avantage de se conserver fort bien en pleine terre, même sans être très-couvert; ainsi il faut avoir le soin d’en cultiver. Pour cela, on en sème en pleine terre, à la fin de mai ou au commencement de juin, et même en plus grande quantité qu’on n’a semé de l’autre. On lui donne les mêmes soins qu’au premier, et il sert pour les mois de février et de mars.

La graine de céleri se recueille sur quelques vieux pieds, qu’on replante à l’écart après l’hiver; ils montent au mois de juin ou de juillet, et la graine en est mûre sur la fin de juillet ou au mois d’août. On en fait de petites dragées d’un goût très-agréable.

Cerfeuil. Plante annuelle, employée comme fourniture ; elle vient si aisément, qu’il n’importe en quel endroit on la mette. On en sème tous les mois, pour en avoir toute l’année, soit sur planches, en rayons éloignés de 12 centimètres les uns des autres, soit en bordure.

Pour en avoir de bonne heure, on en sème sur couche dès le mois de janvier. Quand le cerfeuil est assez grand , on lui coupe les feuilles pour lui en faire pousser de nouvelles. Il monte fort aisément en graine ; et, pour en obtenir de bonne, il faut semer du cerfeuil à la fin de l’automne; on ne le coupera point, et l’on aura de la graine bien mûre vers la mi-juin. On coupe les montants dès qu’ils commencent à jaunir, et on les bat comme les autres plantes, pour en faire sortir la graine, qui est noire, fort menue, allongée et rayée dans sa couleur. Cette graine se garde trois ans.

Cerfeuil musqué ou cerfeuil d'Espagne. Vivace, plus grand que le précédent, ayant la saveur de l’anis. La graine est à peu près semblable à celle du cerfeuil commun, excepté qu’elle est plus grosse. La feuille ressemble à celle de la ciguë; c’est une fourniture de salade fort agréable, tant que ses feuilles sont tendres et jaunes.

Le cerfeuil musqué reste plusieurs années en place sans se détruire, et forme un gros pied. Il monte en graine vers le mois de juin, et c’est par la qu’on le multiplie. Quand il repousse au printemps, on doit le couvrir de

terreau. Il faut le semer aussitôt qu'on en a recueilli la graine; car elle esi quelquefois une année sans lever.

Champignons. Voyez Cultures spéciales.

Châtaigne d'eau. Voyez Macre.

Chervis. Plante vivace, à racine sucrée et charnue, qui se mange particulièrement en hiver. On la multiplie par la graine, qui se seine au mois de mars, et demande un fonds humide, meuble, et qui ait été fume 1 année précédente, de fumier de vache, comme serait celui qui aurait porté *dcs choux ou des fèves de marais.

On sème le chervis et on le cultive comme la betterave, si ce n est qu on le sème et qu'on le plante plus dru, parce qu’il ne vient pas si gios à beaucoup près. 11 a la graine ovale, allongée, assez menue et étroite, rayée dans sa longueur, d'une couleur de feuille morte ou d’un blanc grisâtre, et plate par une de ses extrémités. Le chervis vient aussi de plant.

Chicon. Voyez Laitue romaine.

Chicorée. Plante annuelle. On ne la multiplie que par la graine, qui se conserve quatre à cinq ans. Il y a la chicorée ordinaire ou franche, et la chicorée sauvage, dont nous parlerons à l’article suivant 11 y a même plusiems sortes de chicorées ordinaires; la grande blanche, qui est la plus tendre et la plus délicate ; la verte, qui est la plus rustique et qui résiste mieux au froid, et la petite, tant celle qui est frisée que celle qui ne 1 est pas; il y a encore la scarole grande, la scarole ronde et la scarole blonde. Toutes ces variétés se cultivent de la même manière, et viennent assez bien en toutes sortes de terres. On en sème sur couche et en pleine terre.

Pour avoir des premières, il faut en semer fort clair sur couche, en avril et mai. Lorsqu’elles ont six feuilles, et qu elles sont grosses comme le doigt, on les lève de dessus la couche, on leur rogne le pivot, et on les replante sur une planche d’un mètre 25 centimètres de large, qu on a bien labourée et terrolée, et sur laquelle on fait au cordeau cinq rayons, où on les plante à 25 ou 30 centimètres de distance les unes des autres, en échiquier ; ensuite on arrose légèrement : mais dans la suite la chicorée demande de grands et de fréquents arrosements.

Quand le coeur commence à blanchir, on doit, par un beau temps, lier chaque plante de trois liens de paille de seigle trompée dans de 1 eau; le lien d’en bas doit être serré, celui du milieu doit retenir seulement la touffe, qui se crèverait si elle était trop serrée ou trop lâche, et celui d’en haut doit serrer suffisamment la plante pour que l’eau n’y puisse entrer, ce qui la ferait pourrir.

On ne lie d’abord que les plus fortes, afin de donner le temps aux plus faibles de se fortifier; mais comme ces premières chicorées sont très-sujettes à monter en graine et à se passer aussitôt qu elles sont liées, il faut les bâter de blanchir, et pour cela les couvrir de fumier sec, ou bien mettre par-dessus chaque plante un pot de terre étroit du fond, comme un creuset d'orfèvre, et les couvrir de fumier bien chaud : cela les fait blanchir en fort peu de temps.

Au mois de mai, lorsque la terre commence à s’échauffer, on peut semer de la chicorée en pleine terre, pour la replanter ensuite et la cultiver comme nous venons de le dire, excepté qu’il n’est pas besoin de la couvrir de fumier sec pour la faire blanchir, parce que la chaleur de la saison suffit pour cela, à moins qu’on ne soit pressé d'en avoir de blanche.

Ou peut même, des premières semées en mai, en faire blanchir en place

sans les transplanter, pourvu qu'on les éclaircisse et qu’on les arrose bien; mais on en sème peu dans la primeur, parce qu’elles montent en graine trop aisément. La grande saison pour semer de la chicorée est en juin et juillet, pour en avoir en septembre, r.’est au mois d’août que l’on sème pour l’automne, et en septembre pour l’hiver. On la sème sur couche en pleine terre, sur laquelle on a jeté 3 centimètres d’épaisseur de terreau. On en fait ordinairement de grandes planches d’un mètre 50 centimètres à deux mètres de large, et on suit pour le reste les indications que nous venons de donner.

Les chicorées qu’on replante sur la fin de septembre doivent avoir moins de distance entre elles que celles que l'on replante en été, parce qu’elles ne s’étendent pas autant, et qu’il est plus facile de les couvrir, pour les garantir du froid qu’elles craignent extrêmement C’est pourquoi, dès que l’hiver approcht , il faut les couvrir de grand fumier sec; qu’elles aient été liées ou non, elles blanchissent également ; et même, quand les chicorées ne sont pas bien grosses on néglige de les lier.

Voici encore deux autres manières de les faire blanchir pour l’hiver. Lorsque les gelées surviennent, on les lie comme à l’ordinaire. Au bout de huit ou dix jours, on les arrache, et on les enterre dans la couche qui a servi à élever les semences, faisant de petits rayons en travers de la couche, de la hauteur de la plante, et en commençant par un bout. On couche dans ces rayons les plantes côte à côte, se touchant les unes les autres, mais sans être pressées; puis on les couvre de petit terreau de la même couche, en faisant un autre rayon pour une seconde rangée, dans lequel on couche les plantes comme on a fait pour le premier, et ainsi de suite. On couvre le tout d’environ la hauteur de quatre doigts de bon fumier sortant de l’écurie, et en peu de temps elles blanchissent. Si on prend le soin de les couvrir de quelques paillassons en forme de toit, pour les préserver des grandes pluies, elles durent fort longtemps sans se pourrir. Quand on en veut prendre pour son u.'age, on commence par les dernières qu’on a enterrées, et, prenant tout en main, sans distinction, on les lire du rang.

La manière de les conserver encore plus longtemps est de les enterrer comme ci-dessus, dans du sablon, dans la serre ou à la cave.

La bonne chicorée pour 1 hiver, si on la cultive en terre sablonneuse, doit avoir été semée depuis la mi-août jusqu’à la mi-septembre dans le climat de Paris; et si c’est en terre forte, elle doit avoir été semée dès la fin de juillet, et être replantée sans rien couper à la racine, qui aura fait un peu de motte. La chicorée qui a été semée plus tôt ne se conserve pas si bien. On 1a plante dans une serre ou une cave, à quatre ou cinq doigts de profondeur dans le sable. On conserve encore la chicorée en la mettant , sans la planter, dans un lieu où il ne gèle pas. Il suffit, à cet effet, de dresser bien proprement les pieds de chicorée les uns contre les autres. Quand on n’a point de serre, il faut, après avoir arraché la chicorée, la planter en pépinière, un pied contre l’autre, dans une planche de jardin, et à 12 centimètres de profondeur dans la terre. On la couvre, avant qu'il gèle, de grand fumier sec, cl lorsqu’il fait beau on la découvre pour lui donner de l’air, de crainte qu’elle ne pourrisse. Ou aura, de cette sorte, de la chicorée jusqu'au mois de mars. Pour en obtenir en avril, mai et juin, on doit semer sous châssis, en novembre et décembre, et repiquer en place lorsque le plant est assez fort. On a ainsi de la chicorée toulc l’année, si on en sème un peu tous les quinze jours, depuis le commencement de mai jusqu’à la lin de décembre.

Pour avoir de la graine de chicorée, il est. bon de replanter au printemps quelques-uns des pieds qu’on a sauvés de l’hiver. Quelques jardiniers sèment sur couche, dès le mois de février, une pincée de graine de chicorée, qu ils replantent à quelque endroit perdu du jardin, où le soleil néanmoins donne beaucoup ; ces chicorées, bien arrosées, montent vite en graine, et la donnent très-bonne.

La graine de chicorée est allongée, d’un gris blanchâtre, plate par un de ses bouts, et un peu ronde par l’autre; on a de la peine à la tirer des capsules qui la renferment, à moins qu’on ne la batte à grands coups de fiéau, ou qu’on ne la laisse longtemps sécher sur pied.

Chicorée sauvage. Plante qui se mange en salade, surtout quand elle est jeune et tendre. Bien des gens n’attendent pas pour cela qu’elle soit blanche ; ils la mangent toute verte, quelque amère qu’elle soit; la racine de cette plante est aussi des plus estimées. Elle se multiplie par la graine, qu’on sème assez dru dès le mois de mars, sur planches, dans une terre bien préparée et amendée. On ne la transplante point ; mais si on la sème avec l’intention de la couvrir en hiver, pour la faire blanchir, on ne doit pas la semer avant la fin du mois de mai, parce que, semée plus lot, 1 oeil d< 1 n plante monterait trop haut, et on ne pourrait la couper qu’une fois lorsqu’elle serait blanche; tandis qu’en la semant sur la fin de mai seulement, l’œil restant enfermé en terre, on peut la couper jusqu’à trois ou quatre fois, à mesure qu'elle repousse, sans attaquer l’œil. 11 faut l’arroser souvent en été et la couper le plus près qu’on peut, pour la faire fortifier en pied, et afin qu’elle soit bonne à blanchir pour l’hiver suivant.

On en a tout l’hiver, et on la fait blanchir de deux manières. Premièrement, on en coupe toutes les feuilles ras de terre, et on la couvre de 20 centimètres de grand fumier; elle repousse sous ce fumier et devient blanche comme de la neige; à mesure qu’on en coupe, on la recouvre du même fumier, que l’on maintient en place à l’aide d’échalas posés dessus et on travers.

L’autre manière est d’arracher ce qu’on veut de cette chicorée, avant l’hiver : on la porte dans une serre, ou bien on la met dans de la terre ou du sable, et là elle fait le même effet que sur la planche.

Pour avoir ce qu’on appelle de la barbe de capucin, on sème plus clair, d’avril en mai. En novembre et décembre, on établit en cave des couches de terre légère et sablonneuse, ou de fumier bien consommé, de 6 à 8 centimètres d’épaisseur et de 50 centimètres de largeur, sur lesquelles on étend, la tête en dehors, les racines de chicorée, qu’on recouvre d une couche de même terre et de même épaisseur; puis, au-dessus, on place un nouveau lit de racines, qu’on recouvre de même, et ainsi de suite, jusqu'à la hauteur convenable. Il ne tarde pas à pousser, de ces racines, de longues feuilles étiolées et jaunâtres, qu’on récolte à mesure, en les coupant ou en arrachant les racines.

Pour avoir de la graine de chicorée sauvage, on laisse quelques pieds en place, parce que la gelée ne la gâte pas quand elle est verte; et, à la fin de mai, elle monte et donne une graine noirâtre, semblable du reste à celle de la chicorée ordinaire, et qui se conserve pendant quatre ou cinq ans.

Chou. Plante bisannuelle, dont les variétés sont très-nombreuses; nous Citerons seulement les principales.

Parmi les choux cabus ou pommés, on distingue, dans l’ordre de leur précocité : les choux d’York (gros, superfin, hâtif ou cabage, nain hâtif), très-esti-

més; le chou hâtif (pain de sucre) ; le cœur de bœuf (gros, petit et moyen), très-cultivé; les gros choux cabus blancs ou pommés (chou de Saint ems, blanc de Bonneuil, cabus d'Alsace), deuxième saison; gros chou d’Allemagne ou quintal ; de Hollande, à pied court (gros cabus de Hollande, trapu de Brunswick) ; le chou pommé rouge (gros et petit), liès-bon, on peu manger ce dernier en salade et le confire au vinaigre.

Parmi les choux de Milan ou pommés-frisés, on remarque : le Milan très-hâtif d’UIm; le Milan court ou nain ; le Tancalier de Touraine ; le Milan gros ou ordinaire ; le Milan à tète longue; le Milan doré ; le Milan des Vertus, ou gros chou pommé-frisé d’Allemagne; le chou rosette ou de Bruxelles, tous recherchés et très-cultivés.

Dans les choux verts, on peut nommer : le chou cavalier; le caulet de Flandre; le chou vert branchu du Poitou ; le chou vivace de Daubenton; le grand frisé vert du Nord (chou frangé, frisé d’Écosse) ; le grand frisé rouge, etc Aucune de ces variétés ne forme de pommes; on en mange les feuilles, et, au printemps, les pousses nouvelles, avant le développement des fleurs : c’est ce qu’on nomme brocolis-asperges.

On cultive encore le chou-palmier et le chou de Naples; les choux a grosses côtes (vert, blond et a bord frange), très estimés.

Parmi les choux à racine ou lige charnue, on distingue le chou-rave ou de Sia ni (blanc, violet et nain hâtif) ; le chou-navet, ou turneps de Laponie, (ordinaire, hâtif, à collet rouge) ; le chou rutabaga ou navet de Suède, etc.

En général, les choux, surtout les grosses variétés, veulent être replantés en bonne terre substantielle, bien fumée et naturellement un pou humide. Pour les semis, il faut une terre légère plutôt que forte, bien ameublie, et un peu ombragée, surtout pour les semis d été; en temps sec, on deua nassiner régulièrement. On sèmera le matin, à la rosée, et l’on mettra un peu de cendresur le jeune plant, pour écarterlc tiquet. Lorsqu’on replante, on doit s’assurer si la racine n’est pas attaquée, et, dans ce cas, on enlève de suite le ver avec la tumeur qu’il produit : on arrose après la plantation, et aussi souvent que la saison l’exige Les choux cabus se sèment de la mi-aoùt à septembre, les variétés bùtives,» à la fin d’aoùt seulement, pour étie mises en place en octobre; les grosses espèces- sont replantées a la même époque, ou repiquées en pépinière pour être mises en place en février et mars, à la distance de 40 centimètres à un mètre, suivant la grosseur : traités ainsi, les choux d’York pomment depuis la mi-avril jusqu’en mai, et les auties successivement jusqu’en septembre. On sème encore en février, sur couche, et a la fin du même mois, ou au commencement de mars, sur plate-bande lerrautée, au pied d’un mur au midi ; on replante fin de mars et courant d avril; et le produit qui succède ci celui des semis d’automne se prolonge jusqu’en décembre. Celte culture réussit d autant mieux, quelle est faite en terre franche, légère, chaude, riche en humus, et que le plant est cultivé avec soin.

Les choux-milans peuvent se semer, comme les choux cabus, en août et septembre; mais plus ordinairement depuis la fin de février jusqu’en mai, excepté celui des Vertus, qu’on ne sème point passé mars; la distance entre chaque pied est de 50 à 00 centimètres, ou de 80 centimètres à un mètre, suivant la grosseur. Les variétés hâtives de Milan pomment en juin, les autres au commencement de l’hiver, et se conservent jusqu’en mars; quelquefois on les incline au nord, en enlevant de ce côté un peu de terre qu’on reporte sur les racines; ou bien on les enterre à demi, et on les couvre de feuilles

pour ies garantir des gclces. Les choux-verts se sèment d'ordinaire en mars et avril, pour donner en hiver et au premier printemps ; en juillet et août, pour les produits d’été; distance de 65 centimètres à un mètre, suivant les variétés : il en est dont les tiges, renflées au sommet, ont plus de deux mètres de hauteur. Les choux à grosses côtes sont semés de la mi-mai à la fin de juin, et plantés en juillet et août; les choux-raves de même, le nain hâtif jusqu’en juillet.

Pour faire porter graines, on réserve les pieds les plus vigoureux de chaque espèce, et on les abiitc soigneusement l’hiver avec de la litière et des paillassons. La graine se conserve six à sept ans.

Si l’on veut conserver des choux pommés et des choux de Milan pour l’hiver, après les avoir arrachés, il faut les pendre, la racine en haut, dans un lieu sec, ou bien on les met sur des planches en bois bien sec, dans un endroit où il ne gèle pas. On peut encore en planter dans les serres, le pied dans le sable, sans les arroser : ils se gardent ainsi tout l’hiver.

Après qu’on a coupé les tètes des choux, si on n’en arrache pas les tiges, elles repoussent au printemps, et donnent de petits rejetons qu'on appelle des bloques; c’est une imitation du chou-brocoli.

Chou- brocoli. Voyez f allures spéciales.

Cliou-fleur. Voyez Cultures spéciales.

Chou-marin ou crambé maritime Voyez Cultures spéciales.

Chou navet de Laponie ou turneps. Vovez Chou, ci-dessus.

Chou navet de Suède ou rutabaga. Voyez Chou, ci-dessus.

Chou rave ou chou de Siarn. Voyez Chou, ci-dessus.

Chou-rosette ou de Bruxelles. Voyez Chou, ci-dessus.

Ciboule. Plante vivace bulbeuse, mais que l’on traite dans les jardins comme plante annuelle. On la multiplie parla graine, qui ne dure que deux ans. Cette graine est grosse comme de la poudre à canon, un peu plate d’un côté, à demi ronde de l’autre, el cependant un peu longue ou ovale et blanche en dedans. On la sème en plein champ, sur planche, en terre bien labourée et bien amendée. Quand les ciboules sont levées, on les éclaircit, on les sarcle et on les arrose dans les gratides chaleurs. Lorsqu’elles sont assez fortes pour être transplantées, on les arrache pour les mettre dans d’autres planches, sur des lignes tirées au cordeau, a dix-huit centimètres de distance les unes des autres. On en sème tous les mois de l’année, à moins qu’il ne fasse grand froid.

Ciboulette on civette ou appétits. Plante vivace, comme la précédente, se multipliant de caïeux qu’on plante en mars ou en automne, et trois ou quatre dans le même trou, soit en planche, soit en bordure. On relève tous les trois ans, pour éclaircir les touffes et renouveler la terre, qhi doit être légère et substantielle. Exposition au midi ; arrosements bien ménagés, en été. On coupe les feuilles en automne, et on couvre avec un ou deux doigts de terreau. Si l’on veut ne point en manquer en hiver, il faut en planter sur le bout d’une couche abritée par un châssis.

Citrouille ou courge de Turquie. Fruit de terre annuel, produit par des liges rampantes qui s'étendent fort loin: c’est pourquoi on n’en peut pas cultiver à moins d’avoir un grand terrain pour les mettre en pleine terre. Elles viennent à toute exposition, mais elles mûrissent plutôt au midi et au sud-est.

On sème la citrouille sur couche, vers la mi-mars, ou un peu plus lard si on veut.

A la fin d'avril, on transplante dans des trous laits exprès, de bO à *0 centimètres en carré et en profondeur, a la distance de (juatic nicties entri chaque pied, afin que les tiges aient un espace suffisant pour se ( eve oppcr. Dans les terres froides, il faut remplir ces trous moitié de grand lnniier de cheval tout chaud et moitié de terreau; dans les terres chaudes, le terreau seul suffit. Quand les trous sont ainsi préparés, et que les feudlcs du plant sont larges comme la main, sur la couche, on doit les enlever en motte, en mettre un pied dans chaque trou, et aussitôt les arroser.

On les couvre pendant cinq ou six jours, avec une cloche en paille ou en osier, à moins qu'il ne pleuve, parce que le soleil les fait faner et souvent périr. On continue de les arroser dans les sécheresses, et de les sarcler au

besoin. . . ,

Vers le commencement de juin, lorsque les plants des citrouilles sont allongés d’environ deux mètres, on les charge, dans le milieu de leur longueur, de cinq ou six pelletées de terre. Cette opération a deux motifs, d’abord, d’empêcher le vent de les rompre en les ballottant, ensuite, parce que les tiges-prennent racine partout où elles ont de la terre ; le fruit qui viendra au-delà sera mieux nourri.

On ne taille point les citrouilles comme on fait des melons et des concombres; on leur ôte seulement les petits bras, et on la sse courir la maîtresse branche sans l’arrêter, parce que c’est elle qui produit le beau fruit; on la conduit proprement sur terre, en laissant des sentiers pour bien sar-

cler et arroser.

Il y a des citrouilles de deux couleurs, de vertes et de blanchâtres tirant sur le jaune: elles ne sont bonnes toutes les deux à cueillir que quand elles sont aoûtées, c’est-à-dire lorsqu’elles jaunissent, et que leur écorce est devenue assez dure pour pouvoir résister à l’ongle. On appelle en généial fruits aoûtés, ceux qui, cessant de croître, prennent la consistance qui lcui

convient et qui marque leur parfaite maturité.

Les citrouilles ne se gâteraient pourtant pas sur terre, quand même on les y laisserait plus longtemps; au contraire, elles mûriraient et grossiraient de plus en plus; maison doit craindre les premières fraîcheurs. 11 faut les cueillir le matin, par un temps sec. les exposer au soleil en un monceau, pour qu’elles sèchent, puis les mettre sur des aïs, sans qu elles se tom lient, dans une serre, ou du moins dans quelque endroit tempéré, pour les conserver l'hiver. On en garde jusque vers la mi-mars : la gelée les fait pounii quand elle les atteint.

11 y a une petite espèce de citrouilles qui nouent lcuis nuits pics du pied, sans traîner, et qui en rapportent en quantité; on doit les (hàliei cl ne laisser sur les pieds que les plus gros fruits.

La graine de la citrouille est plate, ovale classez large, de couleur blanchâtre, rebordée proprement tout autour : c est une des quatic si mincis froides, de même que celle de la courge. On en fait une huile qui c.-t blanche, douce et bonne pour adoucir la peau. On ne recueille cette graine qu’à mesure qu’on dépèce les fruits pour lcsmangei,i! faut bien I issu] ci, la laisser sécher à l’air, et l’enfermer, de crainte des souris.

Les potirons, les bonnets de prêtres, Vos giraumonts, les courges, les calebasses cl les coloquintes se multiplient et sc cultivent de la même manière. d’autant mieux que ce sont tous des espèces de citrouilles. Toute la différence qu’il y a dans la culture des bonnets de prêtres, des giraumonls et (les coloquintes, c’est que ces plantes veulent qu’on leur donne des ap-

puis pour monter, au lieu que la citrouille et le potiron se plaisent à ramper sur terre. Toutes les plantes de cette espèce doivent être arrosées trois fois par semaine.

La citrouille a la chair blanche et fade. Le potiron est plus estimé et a meilleur goût; il est rougeâtre en dedans comme en dehors. Il y en a aussi de blancs et de verts, de gros et de petits.

La courge est une plante encore plus rampante que la citrouille, qui a les feuilles comme le lierre, mais grandes et blanchâtres, la fleur blanche et grosse, presque de la ligure d’une étoile et qui tourne peu à fruit. Il y en a de longues, de plates et de rondes, qu'on appelle calebasses parce qu’on les vide et qu’on en fait sécher l’écorce, au soleil ou à la fumée, pour faire des bouteilles, gourdes ou autres vases.

On fait prendre aux courges telle figure que l’on veut. Pour réussira ce petit jeu, il n'y a qu’à enfermer une jeune courge dans une bouteille ou dans un moule de plâtre qui ait au dedans la figure que l’on veut donner au fruit; la courge en grossissant remplira le moule et en prendra la figure.

Cive ou civette. Voyez Ciboulette.

Coloquinte. Voyez Citrouille.

Concombre et cornichon. Voyez Cultures spéciales (Melon).

Coqueret ou alkékenrjc. Cette plante s’élève en touffe, à environ soixantequinze centimètres de hauteur. Ses fruits, enfermés dans le calice qui se renfle à sa maturité, sont très-nombreux, de la grosseur de la cerise et remplis d’un suc acidulé, couleur jaune orange, qui les fait rechercher. Se multiplie de graines, en terre légère, et demande beaucoup d’arrosements.

Corne-de-cerf, coronopc ou plantain. Fourniture de salade, dont la graine est des plus menues, allongée et d’un minime fort obscur. On la sème en mars, le moins dru qu’on peut, à cause de sa petitesse. Cette graine se forme dans une espèce de queue de rat; on la recueille au mois d’août, et elle se conserve pendant quatre ou cinq ans. La corne-de-cerf produit de nouvelles feuilles à la place de celles qu’on coupe, comme l’oseille, le persil et autres.

Courge. Voyez Citrouille.

Crambé. Voyez Chou marin ; Cultures spéciales.

Crépole. Voyez Picridie.

Cresson alénois. Fourniture de salade qui dure fort peu; c’est pourquoi on en sème tous les mois, comme du cerfeuil, pour en avoir toujours de tendre. On le sème fort dru. Sa graine est ovale, allongée, menue et d'un jaune orangé. On commence à la recueillir à la lin de juin; et, dès qu’il en parait, on coupe les pieds pour les faire sécher, les battre et vanner la graine, qui se conserve pendant deux ou trois ans.

Cresson de Para ou du Brésil, ou spilanthe. Plante annuelle, cultivée comme assaisonnement. Semée au printemps sur couche; repiquage au midi ; arrosements fréquents.

Criste-marine. Voyez Passe-pierre.

Echalote. Plante bulbeuse, dont les gousses ou caïeux se mettent en terre en février et mars, en p'anche ou en bordure, et à 18 centimètres de distance. Demande une bonne te ce légère^ni trop fumée, ni trop humide, car l’humidité la ferait pourrir. On lève les bulbes ou caïeux au mois de juin et on les conserve en lieu sec, à l'abri des gelées. Celle qu’on appelle grosse échalote est une variété qui n’est due qu’à la qualité du terrain. Voyez maladies des PLANTES, au mot Pourriture.

Epinard. Cette plante veut une bonne terre ou beaucoup d’amende-

menls. Elle ne se multiplie que par la graine, qui est grisâtre, assez giusse cornue ou triangulaire pardeux côtés qui sont pointus et très-piquants. On la sème en plein champ ou par rayons, dans des planches bien dressées, et on répète cette opération à trois différentes fois, depuis le commencement d’août jusqu’au 15 septembre, pour en avoir en différents temps, meme

dans les premières gelées.

Toute la culture de cette plante est d’être bien sarclée et binée; et si l’automne est sec, on l’arrose quelquefois. Les épinards des premiers semés sont bons à couper vers la mi-octobre, les seconds en mars et les derniers en avril. Quand on les a coupés, ils repoussent comme l’oseille et montent en graine sur la fin de mai ; on recueille la graine vers la mi-juin.

On sème encore des épinards en mars, en avril et en mai ; mais on ne peut alors les couper qu’une fois, car ils montent dès qu’ils sont nés. Il faut, dans ce cas, les semer sur couche de terreau, à l’exposition du levant ou du couchant, après avoir fait gonfier la graine dans l’eau pendant trois ou quatre heures, et on arrose deux fois par jour, jusqu’à ce qu’on les coupe, excepté les jours de pluie.

Épinard du Malabar ou létragone. Plante rampante, dont les teuilles se renouvellent à mesure qu’on les coupe et s’emploient comme épinards d’été. Elle aime la chaleur. On sème sur couche, en petits pots, et on icplonte en place, avec la moite, à la fin d’avril ou au commencement de mai. Cette plante s’étale beaucoup.

Estragon. Plante de fourniture, qui se multiplie de graine, de pieds enracinés et de boutures. L'estragon repousse plusieurs fois après avoir été coupé, et résiste à la gelée. L’été, il a besoin d’être arrosé pendant la grande sécheuse. Le véritable temps de le planter est en mars et avril; il faut l’espacer

de 25 centimètres.

Fenouil. Plante pour fourniture de salades et plusieurs autres usages. Le fenouil ne vient que de graine, et ne se replante guère ; sa graine est assez menue, allongée en ovale, bossue cl rayée, d’un gris verdâtre; on la recueille au mois d’août: elle se sème en planche ou en bordure, et vient assez bien dans toutes sortes de terres. Le fenouil résiste au froid, et repousse après qu’on l’a coupé. Les jets les plus nouveaux sont les plus tendres et les meilleurs. Outre le fenouil ordinaire, qui a les semences d’un goût âcre, il y a encore le fenouil de Florence, quia les graines d’un goût plus doux; il a aussi les tiges plus hautes, les feuilles plus amples et en plus grand nombre. En Italie, on en mange les jeunes pousses blanches.

Fèves. Il y a trois sortes de fèves : 1° celles que l’on nomme fèves de marais, larges, plates et de couleur blonde; 2° d’autres beaucoup plus petites et semblables aux premières, mais plus rondes; 3° d autres encore plus petites, et différentes des précédentes en ce qu elles sont presque rondes et de couleur grise ou rougeâtre. Ces dernières sont nommées févcrol les ; on les donne” aux chevaux, et on les fait moudre pour employer à divers

usages.

Nous ne parlerons ici que des plus grosses, la culture des autres étant la même.

On choisit les mieux conditionnées et les plus saines, c’est-à-dire celles qui n’ont point été rompues par le fléau ; puis on les met tremper pendant un jour dans du jus de fumier ou simplement dans de l’eau ; elles renfleront extrêmement, et s’avanceront plus qu’elles ne feraient en dix ou douze jours eu terre, si elle?, y étaient semées toutes sèches.

Pour les semer, il faut que la terre ait été fumée et préparée par un bon labour. La fève prospère dans une terre légère, pourvu qu'elle ait été convenablement fumée. Aussitôt que les gelées sont passées, on divise le terrain par planches, et on sème les fèves sur des alignements tirés au cordeau et à la main, dans des rayons profonds de deux bons doigts; on les place à environ 20 centimètres les unes des autres. On peut aussi les semer à plein champ. 11 y en a qui sèment les fèves en octobre ou novembre; mais il vaut mieux ne les semer qu’en rayons, et à la lin de l’hiver, pour plus de sûreté. Leur culture ne consiste qu’a les sarcler et à leur donner un léger binage, prenant garde surtout de les endommager. Quand elles sont grandes, et que les pucerons les attaquent par le bout de leur tige, dont ils rongent la partie la plus tendre, on doit rogner toute celle extrémité. De cette manière, outre qu’on emporte les insectes, ce pincement sert encore à empêcher les tiges de monter trop haut, et arrête le fruit qui, sans cela, coulerait . ou aurait peine à se nouer.

11 est bon de destiner quelques planches particulières pour manger des fèves en vert, sans cueillir des gousses dans toutes les planches ; et quand on a entièrement dépouillé quelques plantes, on en coupe les montants près de terre, afin qu’ils donnent des rejetons qui porteront fruit dans l’arrière saison.

Pour celles qu’on veut garder, on les laisse bien sécher sur pied, jusqu’à ce que les gousses et la lige soient toutes noires. Alors on les arrache pendant la grande chaleur du jour, on les bat au fléau a petits coups, et on les vanne à sa commodité. Les fèves séchées ne sont pas d’un si bon goût; on les garde ainsi pour semer.

Fraisier. Plante qui donne le fruit le plus hâtif et le plus délicieux du printemps.

On compte cinq sortes de fraises indigènes, non compris celles des bois, et elles viennent toutes presque en même temps.

1° La fraise rouge, qui est de deux sortes : l’une ronde, l’autre longue ; la dernière est plus sèche et ne mûrit pas aussi aisément que la ronde, qui a plus de suc et un goût plus relevé. 2° La fraise blanche, qui vient ordinairement plus grosse que la rouge : elle n’a pas autant de saveur, mais elle dégénère moins en capron. 3° Le fraisier à fleur double, qui charge beaucoup; mais son fruit n’est pas si gros que celui du fraisier ordinaire. 4U Le fraisier qui ne fait point ou peu de traînasses; celui-la pullule beaucoup du pied ; il est rare et exquis, et donne de beau fruit. 5° Le capron, espèce de fraisier qui donne un fruit fade, mais plus gros que les autres, et qui mûrit en mémo temps : il a la feuille extraordinairement large, velue et d’un vei t noirâtre. Les bons fraisiers dégénèrent souvent en caprons.

Les fraises qui viennent d’elles-niémes dans les bois sont les plus parfumées, et préférables à toutes les autres. La fraise des bois est petite, ronde et ferme; on la transplante jeune dans les jardins, où elle devient plus grosse par la culture.

On cultive en outre dans les jardins plusieurs espèces de fraises étrangères : celles du Chili et du Pérou, ou fraises ananas; celles des Alpes, ou de tous les mois; celles de Suède, qui sont vertes; celles d’Angleterre, qui sont grosses et les meilleures de toutes, etc.

Tous les fraisiers se multiplient de plant enraciné, et demandent une bonne terre de jardin, c'est-à-dire plutôt légère que pesante.

sortant du corps du fraisier, et qui, rampant sur terre, y prennent aisément racine à de certains nœuds ou stolons qui sc forment de 25 à 30 i c ntunetre* les uns des autres. Lorsque ces nœuds ont pris de bonnes racines et que es traînasses sont assez fortes, ce qui arrive au bout de deux ou trois mois, on les transplante ordinairement en avril, ou en septembre, pour les avancer avant l'hiver. 11 faut en placer trois ou quatre dans chaque trou, qu on fera avec le plantoir, pour qu’ils forment une touffe, excepté dans les terres légères, où les pieds viennent plus forts lorsqu’ils sont plantés un à un.

5 on* en met aussi en bordures, et, pour en a\oir de primeur, on les plante sur des ados, contre un mur exposé au midi, les pieds espacés de 25 centimètres; ou,, pour le mieux, dans des pots de terre qu’on cloche et qu’on met l’hiver dans des couches sourdes; ou bien encore on les élève sous des châssis, et là on les couvre et on les réchauffe tant que l’on veut.

Le plant de fraisier n’exige pas d’arrosage trop abondant, quoique ce soit une plante sèche, parce qu’il attire beaucoup l’humidité de la terre, par l’abondance de sou chevelu et de ses traînasses. Si on le met en terre de sable, il faut que les planches ou bordures qu’on lui destine soient un peu plus enfoncées que les sentiers, afin que les eaux des pluies ou des arrosements y soient retenues; tandis que si c est en teirc foi te ou humide, on doit au contraire faire en sorte que ces planches ou bordures soient plus hautes que les sentiers, de crainte que la trop grande humidité ne pourrisse les racines.

Il faut avoir soin de labourer, sarcler et arroser les fraisiers lorsqu’on juge qu’ils en ont besoin. On ne laisse à chaque pied que quatre montants des plus forts, et on coupe les autres ; on ne laisse non plus sur chaque montant que trois ou quatre fleurs, qui sont les premières venues et les plus près du pied; on pince toutes les autres qui viennent, jusqu’à la fin de la queue de celles qui ont déjà fleuri, ou qui sont encore en fleurs, car rarement on voit nouer et venir à bien toutes ces dernières fleurs : il n’y a que les premières qui fassent de belles fraises.

On doit arracher les traînasses pour que les vieux pieds aient plus de vigueur; et, à la fin de juillet ou au commencement d’août, quand il n’y a plus de fruit, on coupe les vieux montants et toutes les vieilles feuilles, afin qu’il en vienne de nouvelles.

11 y a encore les coucous qu’il faut ôter au commencement d’avril : ce sont de certains jets un peu velus et plus verdâtres que les autics. qui tonneraient des caprons.

li faut aussi rechausser le plant tous les ans, en automne, parce que, s clevant toujours, il périt ou dégénère en caprons si on le néglige.

Pour avoir beaucoup de fraises, et qui soient belles, on doit lenouvelei le plant tous les trois ans.

Il est bon de fumer les fraisiers de petit fumier, un peu avant les grandes gelées.

Si l’on veut avoir des fraises dans l’automne, on n’a qu’à couper toutes les premières fleurs qui pousseront, et empêcher ainsi les pieds de fructifier : il repoussera d’autres fleurs qui porteront leur fruit dans 1 arrière saison-

Gombaud. Voyez Ketmie comestible.

Giranmont. Voyez Citrouille.

Haricots. On en cultive deux espèces principales, savoir: la grande espèce et les haricots nains. Ceux de la première espèce sont blancs, bigarrés ou bicolores, noirs ou rouges; les haricots nains sont blancs ou rouges. En

général les blancs, tant de la grande que de la petite espèce, sont les meilleurs, ainsi que ceux des uns ou des autres qui ont la lorme de rognons de coq. Les nains sont les plus délicats et les plus tendres, en vert, en blanc, ou en parfaite maturité; ils joignent a cette qualité l'agrément de dispenser de les ramer, et peuvent se planter partout, jusqu’au pied des arbres, parce qu’ils ne filent pas et ne leur font aucun tort.

Ce légume se multiplie de graine, qu’on sème en mars, sur des planches bien labourées, sur chacune desquelles on met quatre rangées de haricots en droite ligne, éloignées les unes des autres de 30 à 35 centimètres, afin qu’on ait de l’espace pour les ramer. On place les haricots dans de petites cuvettes que l’on fait avec la houe, et à une profondeur de 7 à 8 centimètres. On dépose cinq ou six graines dans chaque cuvette et on les recouvre légèrement de terre.

Dès que la graine est levée, on commence a arroser, d’abord légèrement. Lorsque les plants ont six ou huit feuilles, on les bine pour rabattre la terre dans les cuvettes, et on commence alors à arroser plus abondamment. Quinze jours ou trois semaines après, suivant l’activité de la végétation, on fait un second binage pour détruire les mauvaises herbes et pour rechausser les haricots. C’est alors que l’on rame ceux de la grande espèce. Les haricots préfèrent la terre sablonneuse à la terre forte.

11 est bon d’en destiner quelques pb nches pour en manger en vert, sans en cueillir indistinctement partout ; et, en les cueillant, il faut prendre garde de ne pas rompre la tige, qui en peut produire d autres, jusqu’à ce qu’elle sèche sur pied.

A mesure que les plantes, ou seulement quelques gousses sèchent, on doit arracher ce qu’il y a de mùr, car elles ne mûrissent pas toutes en même temps; si on négligeait de cueillir celles qui sont mûres, elles s’ouvriraient à la chaleur et perdraient leurs fèves; à la moindre pluie, la glu du parchemin se communiquerait aux fèves et les moisirait.

En semant des haricots en septembre et octobre, sur couche et sous châssis, on pourra en cueillir en vert pendant les mois de décembre et de janvier. On continuerait d’en avoir ainsi pendant le reste de 1 hiver et le printemps, en semant à diverses fois sur couche bien chauffée, et en couvrant les châssis de paillassons pendant les grands froids. Ce sont les haricots nains que l’on choisit pour cette culture.

Hysope. Plante aromatique qui fait de belles bordures lorsqu’on a soin de l’entretenir. Elle se multiplie de graine, mais plutôt de rejetons; elle veut une terre qui ne soit ni grasse ni maigre, et bien exposée au soleil. Il faut la déplanter tous les deux ans, parce qu’elle pullule beaucoup. On la plante au printemps et on la coupe en automne,

J Ketmie comestible ou Gombaad. Plante annuelle, cultivée surtout pour ses fruits visqueux avec lesquels on assaisonne les ragoûts. Terre légère et bien fumée, et beaucoup d’arrosements pendant les chaleurs. Dans le climat de Paris on ne peut l’élever que sous cloche ou sous châssis.

Laitue. Plante des pi us communes du potager. 11 y en a de beaucoup de sortes, savoir : les laitues à coquilles, les crêpes blondes, les crêpes vertes, les royales, les rouges ou laitues de la passion, les georges, les mignones, les bellegardes, les courtes, les aubervilliers, les perpignanes, les gènes blondes, les gênes vertes, et les romaines ou chicons, etc. On sème les laitues en différents temps, pour en avoir dans toutes les saisons, d’autant que celles d’une saison ne réussiraient pas dans une autre.

On préfère la laitue crêpe blonde, pour la primeur, à toutes les autres; et pour en avoir des premières, on en sème à la fin de janvier, souvent même dès le mois de novembre ou de décembre.

Pour faire lever la laitue promptement, on fait sur une couche, avec un bâton pointu ou un manche de bêche couché à plat, des rayons enfoncés d’environ 5 centimètres, et on sème la graine dans ces rayons, si épaisse qu’elle en couvre tout le fond, puis on la recouvre de terreau qu’on y épanche légèrement avec la main; on y met aussitôt des cloches pour empêcher que la chaleur de la couche ne s’évapore ; on couvre encore ces couches avec des paillassons, qu’on ôte quand la graine est levée. Au bout de douze jours elle donne des laitues bonnes à manger en salade, pourvu que le froid ne soit pas trop violent.

Les laitues à coquilles, qu’on appelle aussi laitues d’hiver, parce qu’elles ont la feuille ronde comme une coquille et qu’elles résistent mieux aux gelées, se sèment aux mois de février et de mars, sur couches et sous cloches. On les replante lorsqu’elles sont assez fortes pour les faire pommer, toujours sur couches et sous cloches. Elles sont bonnes à manger en avril et en mai. On en sème aussi dès le mois de septembre, qu’on replante en octobre, à quelque ados exposé au midi ou au levant; mais ces laitues sont grossières et ne sont bonnes qu’à faire cuire.

En meme temps que les laitues à coquilles, on a des laitues de la passion, qui sont un peu rouges; elles viennent fort bien dans les terres légères et réussissent rarement dans celles qui sont froides et fortes.

Les laitues georges sont une espèce de crêpes blondes, mais elles sont plus grosses et moins frisées. On en a dans le même temps, aussi bien que des laitues mignones, qui sont plus petites. Ces deux dernières espèces se plaisent dans les terres qu'on appelle bons sables noirs; mais les pommes ne sont pas si fermes que celles des véritables crêpes blondes.

On peut semer des crêpes blondes, des georges et des mignones, sur couches, jusqu’en avril; on les replante sur terre quand elles sont assez fortes pour cela.

Les crêpes vertes, qui sont à peu près de la meme saison que les précédentes, ne sont pas si tendres ni si délicates. On estime davantage les petites rouges, et d’autres qu’on nomme laitues courtes; car elles ont toutes les bonnes qualités, pourvu qu’elles soient dans de bons sables noirs; leur pomme ne vient pourtant pas aussi grosse que celle des crêpes vertes.

Aces laitues, qui fournissent amplement les mois d’avril, de mai et le commencement de juin, succèdent, pour le reste de juin et de juillet, celles qu’on appelle royales, les bcllegardcs, les gênes-blondes, les capucines, les auhervilliers et les perpignanes, dont il y a des vertes et des blondes. Les royales diffèrent des bellegardes en ce qu’elles sont plus vertes, et celles-ci plus blondes. Les capucines sont rougeâtres et délicates, et pomtnent assez aisément , même sans être replantées. Les auhervilliers font des pommes trop dures et quelquefois amères, si bien qu’elles sont meilleures pour le potage que pour les salades. Les perpignanes, tant vertes que blondes, font de très-belles et bonnes pommes, et réussissent assez bien dans les terres fortes, pourvu que l’été ne soit pas trop pluvieux; autrement elles pourrissent, ce qui est aussi le défaut des laitues de la passion, lorsqu'elles sont dans des terres fortes et froides.

Outre ces laitues à pomme, on a, l’été, de celles qui sont à lier, savoir : les laitues romaines, qui sont vertes et qu’on appelle chicons, et les blondes

qu’on appelle alplianges; celles-ci sont plus délicates, tant a élever qu a manger en salade. Les impériales ne sont pas moins délicates, niais elles pourrissent facilement dès qu’elles sont blanches. 11 y a aussi les grands chicons rougeâtres, qui blanchissent presque deux-mêmes sans être liés; ils sont bons dans les terres fortes, et réussissent pour l’ordinaire assez bien en été. Pour les chicons verts, il n’en faut avoir qu’au printemps, parce qu’ils montent trop aisément dans les temps chauds, aussi bien que les premières laitues à pomme dont nous avons p a i lé. La gêne rouge et lu gêne blonde sont sujettes au même inconvénient; il n’y a que celles qu'on nomme simplement laitues de Gênes, principalement les vertes, qui résistent bien aux grandes chaleurs. 11 est donc à propos d’en préparer beaucoup de cette dernière espèce pour le mois d’août et pour les mois suivants, jusqu’aux premières gelées, en y mêlant néanmoins quelques alplianges, quelques perpignanes, tant blondes que vertes, et même quelque peu de gênesblondes et de gênes-rouges, qui, pour mieux réussir, veulent des terres légères.

Toutes les laitues, autres que la crêpe blonde, la coquille et la gène, doivent se semer sur couche en plein champ; et, quand elles sont assez fortes, on doit les transplanter sur couche, en bordure, ou sur une plate-bande à quelque bonne exposition. On les plante au cordeau, dans des trous qu’on fait avec le plantoir, à 28 ou 30 centimètres les uns des autres, pour les laitues qui font de grosses pommes, comme la coquille, la perpignane, la bellegarde i’auberviil iers , l’autriehc, l’impériale et l’alphange, et à 25 centimètres pour celles qui ne deviennent pas si grosses, comme la crêpe blonde, la laitue courte, la petite rouge et les chicons verts.

Les plates-bandes où l’on transplante les laitues doivent être bien labourées et couvertes d’un doigt de terreau. 11 faut les arroser légèrement, dès qu’on a planté, pour faire joindre les racines et faciliter la reprise. On a soin de sarcler, de serfouir et d’arroser fréquemment, surtout quand les laitues commencent a pommer, pour les empêcher de monter en graine.

Les laitues royales et les romaines se sèment en pleine terre bien labourée, bien amendée et en belle exposition.

Lorsqu’on n’a pas une terre telle qu’il la faudrait, que le fonds est sablonneux, ou froid, ou grossier, on doit l'amender beaucoup avec du fumier menu; car ce sont les saisons froides ou pluvieuses qui causent la morve aux laitues, c’est-à-dire qui font pourrir l’extrémité de leurs feuilles.

La laitue de la passion et la laitue coquille, qui sont les plus propres à suppoi ter l’hiver, sc plantent ordinairement au mois d’ociobrc ou do novembre, dans les plates-bandes d’espaliers et à l’abri des mauvais vents; mais il vaut mieux fane, dans un des carrés, des ados d’un mètre de haut, tombant en pente douce par les deux côtés. Sur chaque ados, du côté exposé au midi, on plante quatre ou cinq rangs de laitues, et on n’en met point du côté expose au nord. Les laitues sont bien mieux et avancent beaucoup plus sur ces ados que dans les planches d’espaliers, où la fonte des neiges séjournant, forme souvent un vciglas qui en fait mourir plus de la moitié, au lieu que les ados étant en pente, l’eau de la fonte des neiges coule dans le bas sans endommager les laitues.

Un les avance beaucoup plus encore, elon les mange au milieu de l’hiver, si on les repique sur couche, et sous cloche ou sous châssis. On utilise ordinairement, pour cela, les cloches qui recouvrent le jeune plant de chouxfleurs, auquel elles ne font aucun tort.

Il faut remarquer qu’il y a plusieurs espèces de laitues qui veulent être liées pour blanchir; autrement elles ne seraient ni tendres, ni douces, ni bonnes. Outre les laitues romaines des deux sortes, on lie toutes les laitues longues qui doivent pommer.

Quand on voit que leurs feuilles couvrent toute la terre, on choisit un beau jour, et la rosée du matin étant tombée, on les lie chacune de trois liens de paille, l’un en bas, l'autre au milieu, et le troisième en haut. On serre ces liens suffisamment pour que l’eau ne pénètre pas dans la plante, car elle la ferait pourrir. Il faut lier les plus fortes laitues les premières, pour donner de l’air aux plus faibles.

On ne doit laisser les royales liées que quatre ou cinq jours tout au plus, parce qu’étant extrêmement tendres et délicates, elles se pourrissent fort aisément. Pour les romaines et les chicons, il leur faut huit ou dix jours pour blanchir, parce qu’ils ne sont pas si tendres. Dès que les laitues sont liées, elles ne demandent plus d’eau.

Si l'on veut les faire blanchir plus promptement, on mettra par-dessus chaque plante, quoique liée, un pot de terre semblable aux creusets des orfèvres, et on couvrira ces pots de fumier bien chaud; cela fera blanchir les laitues en fort peu de temps.

11 faut manger les laitues sitôt qu elles sont pommées, autrement elles durcissent et montent en graine.

Le peu de durée des laitues, quand elles sont une fois pommées, doit obliger d’en planter souvent, par exemple, tous les quinze jours, et beaucoup plus qu’on n’en peut consommer, afin d’en avoir sans discontinuer ; car, communément, les laitues des planches qui ont clé replantées en même temps, pomment toutes à la fois. On peut s’attacher particulièrement aux espèces les plus rustiques, qui durent pommées le plus longtemps avant de monter, telles que les coquilles, les perpignanes, les gênes vertes, les aubervilliers, I ’a u triche. Aussi ces dernières sont-elles très-tardives à pommer.

Pour avoir de la graine, il faut être soigneux de n’élever que dos laitues qui pomment très-bien, car elles dégénèrent très-souvent, ce que l’on reconnaît lorsqu’on voit que les feuilles s'allongent en langue de chat, ou (lue leur couleur naturelle change en une autre plus ou moins verte. C’est pourquoi, dans les planches de laitues, on doit marquer avec de petits bâtons celles qui tournent le mieux, pour les laisser graincr dans la même place, ou pour les enlever en motte et les mettre graincr à part ; ce qu’elles font vers le mois de juillet, tant celles qui ont été semées eu printemps que celle; qui ont passé l’hiver. Quand on voit plus de la moitié des fleurs passées, on arrache les pieds, et on les expose debout contre des espaliers qui regardent le midi, pour les y laisser mûrir huit ou dix jours. Lorsqu’ils sont bien secs, ou en froisse la graine entre les mains, on la nettoie et on serre chaque espèce à part, avec chacune sen étiquette.

La graine des laitues tsv allongée, un peu ovale, louie rayée en long, pointue aux extrémités et très-menue; quelques-unes l’ont noire, comme l’auberx illiers ; la plupart l’ont blanche.

On peut semer des raves dans les planches de laitues, parce qu’elles sont bonnes à cueillir avant (juc celles-ci aient pommé. On peut même repiquer des laitues parmi les chicorées, parce que ces dernières sont bien pins longtemps a se perfectionner; ainsi l’on fait double moisson dans une seule planche et en une même saison.

Lavande. Arbuste aromatique, qui demande un terrain sec et bien ex-

posé au soleil; il se multiplie de graines, et de rejetons qu’on plante en bordure. On coupe la lavande en automne, et on la plante au printemps. J1 faut la renouveler tous les deux ans, pour qu’elle vienne belle.

Laurier franc ou aromatique. Arbrisseau qui croît quelquefois jusqu à dix mètres de hauteur, mais qui d’ordinaire ne s’élève pas au-dessus des arbustes, et dont la tige est unie et sans nœuds. Ses feuilles sont connues dans les cuisines. 11 se multiplie de graines et de marcottes.

Avant de semer la graine, il est bon de la faire stratifier pendant quelques jours dans l’eau, sinon elle serait trop longtemps à lever. On la sème en bonne terre, bien préparée et passée au crible, dont on a rempli des caisses. On y dépose les graines une à une, à un doigt de profondeur, cl éloignées les unes des autres de quatre doigts. On répand du terreau pardessus, de l’épaisseur d’un doigt, ensuite on arrose. La seule exposition convenable est celle du midi. Dès la première année, on peut transplanter les jeunes lauriers; mais il vaut mieux ne le faire que lorsqu’ils ont deux ans. On les place contre un mur au midi, ou en caisse. 11 faut les arroser souvent.

Pour multiplier le laurier franc par marcottes, on prend une belle branche, qu’on couche en terre dans un petit rayon, après lui avoir ôté les rameaux et les feuilles d’en bas; on l’arrête avec un petit crochet en bois qu’on fiche en terre; on couvre cette branche de terre, et on l’arrose de temps en temps; au bout de six mois elle a pris racine. Si on ne peut pas coucher la branche en terre, on l’émonde comme on l’a dit; on la fait entrer dans un pot que l’on remplit de bonne terre, puis on attache le pot à quelque chose qui le soutienne en l’air, et on l’arrose de temps en temps. Cette marcotte se fait dans le mois d’avril, et en septembre elle a pris racine; alors on la lève et on la met en place.

Lentille commune ou grosse lentille. Plante annuelle, dont la culture est très-répandue. On sème la graine de la mi-février à la mi-mars, dans une terre sèche et sablonneuse, plutôt que grasse et humide, et en touffes ou en rayons. On cultive aussi la lentille en plein champ, soit en rayons, soit à la volée. Pour le semis comme pour la cuisine, la graine est meilleure quand elle a été gardée dans la cosse; elle dure de 2 à 3 ans. On connaît une variété plus petite, dite petite lentille.

Mâche. Plante annuelle, employée comme salade d’arrière-saison, et qui croît spontanément dans les champs et dans les vignes. On la cultive dans les jardins, parce qu’elle est de secours pendant l’hiver, auquel elle résiste. Hile se multiplie de graine, qu’on sème sur la fin du mois d’août, à plein champ, sur planche bien labourée. Elle se plaît en terre humide et à l’ombre ; elle n'a besoin que d’être sarclée. Au mois de juillet suivant, on en recueille la graine qui est très-mince, orangée, et qui sort aisément de ses enveloppes; on la conserve pendant six ou sept ans. Cette plante se reproduit d’ellc-mcmc, tous les ans, dans les terrains où il y en a déjà eu une fois.

1 yiacre ou châtaigne d'eau. Plante annuelle, aquatique, dont les fruits remplis d’une pulpe blanche, assez agréable au goût, se mangent crus, ou cuits sous la cendre, ou dans l’eau comme des châtaignes, et se conservent dans l’eau tout l’hiver. Pour multiplier la macre, il suffit d’en jeter les fruits dans une pièce d’eau , un étang, etc. La récolte ne doit pas être retardée , lorsque le moment en est venu, car les fruits, après leur entière maturité, se détachent et tombent au fond.

Mais ou blé de Turquie. Plante annuelle, qui est admise quelquefois dans les potagers, à cause de ses jeunes dpis encore tendres, qui se conlisent au xinaigie comme les cornichons. Ce sont les variétés dites maïs quarantain, et mais à poulet qu’on préfère pour cet usage, parce qu’elles ont l’épi plus petit, qu elles sont plus précoces et exigent moins de terrain. Semis de la tin d aviil à la fin de mai ; bonne terre, ou terre médiocre, mais bien fumée.

Marjolaine riante vivace, aromatique. On en fait, dans les potagers, des bord u îcs toit agiéablcs. La marjolaine se plaît dans un terrain sec et bien exposé. On la multiplie de semences, en avril, de plants enracinés et de boutures. Mlle est très-sensible a la gelée; c’est pourquoi il est bon d'en lever plusieurs plantes en motte, pour les conserver l'hiver dans les serres • étant mises en place, au printemps, elles produisent de la graine de meilleure heure. La graine est d'un minime obscur, très- petite, pointue et lavée de blanc.

Outre la marjolaine ordinaire, tant grande que petite, il y a la marjolaine gentille, qui se cultive dans des pots et qui aime l’ombre, et la marjolaine d’Angleterre. On les multiplie, en avril, de boutures, de marcottes et de semences; mms les plantes provenant de semences dégénèrent ordinairement.

Mélisse. Autre plante vivace, aromatique, qu’on met aussi en bordures. On en fait une eau que tout le monde connaît. On la sème en terre grasse et bien amendée', dans des endroits où le soleil donne peu. On la multiplie aussi de plants enracinés.

Melon. Voyez Cultures spéciales.

Melon d’eau ou pastèque. Idem.

Melongène ou aubergine. Celte plante est cultivée pour ses fruits que l’on mange dans le midi, soit frits, soit grillés. On la sème en février et mars sur couche, et sous cloche ou châssis; on repique chaque pied en pots séparés, qu on tient sur couche de chaleur modérée, jusqu'à ce que les froids aient cessé; enfin on dépote, pour mettre en place au pied d’un mur, à bonne exposition. En septembre, on recueille les fruits qui sont ronds, ovales ou allongés, suivant la variété; celle qu’on nomme vulgairement poule pondeuse ou plante aux œufs, donne des fruits petits, ovales, d’un blanc brillant, assez semblables à des œufs, mais qui passent pour un aliment mal sain. Celle plante n’est cultivée dans le nord que pour l’agrément. Toutes les variétés de melongène aiment l’eau et la chaleur.

Menthe des jardins. Voyez Baume.

Morel le. Plante annuelle, commune dans les jardins et les endroits culti\e>, qu on a proposé d utiliser en l’employant à la manière des épinards. On lait grand usage de cette espèce, ou du moins d’une variété qui en est très-voisine, aux îles de Maurice et de Bourbon, où elle est connue sous le nom de brède. Semis en place, aux mois de mars, avril et mai.

Moutarde noire ou sénevé. Plante annuelle, cultivée en grand pour ses graines, avec lesquelles on fait la moutarde de table; admise dans les jardins, ainsique la moutarde blanche, parce que ses jeunes feuilles entrent dans les salades. Semis épais, au printemps.

A'avei. Racine potagère, bisannuelle, qu’on cultive dans les grands jardins et dans les champs; elle demande une lejre légère sablonneuse, un peu humide. Le navet se multiplie par la graine, qui ressemble assez a celle du chou; on la sème en trois d, Hercules saisons, au printemps, pour en avoir dans la primeur, dans les terres qui y sont propres; au mois de juillet, dans les terres froides, ou même ou commencement d’aoùi, dans

colles qui le sont moins, pour on avoir en automne ; on seine a la lin d août ou au commencement de septembre, pour l’hiver et le commencement du printemps. Pour cela il raut labourer légèrement la terre, choisir un beau Jour, qui ne soit ni trop sec ni trop pluvieux, et semer en plein champ, sur planche, et un peu clair, afin que 1 es navets deviennent plus gros.

Si la semaine manque par trop de sécheresse ou par trop d’humidité, ou encore par l’abondance des pucerons, il faut semer une seconde fois , après avoir fait un nouveau labour; et, pour ne pas semer trop dru, on devra mêler la graine avec du sable, de la cendre ou du son. Quand le plant est levé , s’il est encore trop épais, il faut l’éclaircir, mais ce travail est long; il faut tâcher de l’épargner, en prenant, lorsqu’on sème, toutes les précautions convenables.

Deux mois après que la graine a été semée , les navets sont en état d’être cueillis, et on ne doit pas les laisser en terre plus longtemps, car ils courraient risque de devenir véreux. Pour que les navels viennent très-blancs» et qu’ils ne soient pas véreux , il est bon de les semer dans une terre bien défoncée, et amendée plutôt avec du terreau qu’avec du lumicr neuf.

On les conserve l’hiver dans une serre ou dans une cave, an les enterrant dans du sable ou dans la terre, par botte ou en tas : ils se gardent fort longtemps.

Pour en avoir de la graine, on choisit les pieds les plus beaux et les plus clairs , et on les remet en terre au mois de mars. Cette graine est bonne à cueillir en juillet et août, quand les premières gousses s’ouvrent. La graine, vieille de trois ans, ne lève plus.

La culture a multiplié les variétés de navets, qui sont très-nombreuses. Les petits sont les meilleurs et les plus agréables.

Nigelle, ou quatre épices. Plante annuelle, dont les graines s’emploient comme assaisonnement. Semis au printemps; terre ordinaire.

Oignon. Plante vivace , cultivée comme bisannuelle. Il y en a de trois couleurs : les blancs, les pâles rouges et les pourprés rouges; ce n’est pourtant qu’une même espèce. Ils ne se multiplient que par la graine, qui ressemble si fort à celle de la ciboule , qu’on ne saurait les distinguer l’une de l’autre. L’oignon demande une terre bien amendée et fort ameublie ; on le sème depuis la fin de janvier jusqu’à la fin d’avril, au plus tard, à plein champ, un peu clair, et on recouvre la graine de terre avec le râteau. Lorsque les oignons lèvent trop dru, il faillies éclaircir vers le mois de mai, dès qu’on en peut arracher, afin que ceux qui restent viennent plus beaux: on replante les autres. Si on veut avoir des oignons bien gros, on doit les arracher quand ils sont de la grosseur d’un tuyau de plume, et les replanter en rayons, au plantoir; car si on les laisse sur la planche où on les a semés, ils seront plus petits, et se montreront plus tôt hors de terre lorsque approchera la maturité. On peut encore en semer en septembre, pour les repiquer, l’année d’après, au mois de mars; par ce moyen on en a de tout formés dès le mois de juillet, et on peut les cueillir dès lors.

Les oignons blancs sont plus doux que les ronges , mais ils ne se gardent pas si longtemps, et sont plus tendres ci la gelée, en hiver; on les sème en août , pour en avoir des premiers au printemps de l’année suivante, car ils sont les plus hâtifs.

Les oignons d’Espagne se plantent très au large, parce qu’ils grossissent beaucoup : ce sont les plus doux de tous, et ils se mangent en salade.

Tous les oignons doivent être bien sarclés.

Au mois de septembre, on ùle les oignons de terre, pour les faire sécher. On peut les laisser quelques jours en monceaux sur la planche. Quand ils sont secs on les serre dans un endroit qui soit à l’abri de l’humidité et de la gelée.

Comme on est souvent trompé à la graine d’oignon , il faut en recueillir soi-même : pour cela on choisit les plus gros de ceux qu’on a réservés, et, les gelées étant passées, on les replante en bonne terre bien fumée et bien ameublie, en rayons assez profonds, faits en travers de la planche. On pose les oignons au fond du premier rayon, à 20 centimètres les uns des autres et on les recouvre en faisant un second rayon, et ainsi de suite, continuant jusqu’au bout de la planche. C’est le véritable moyen d’avoir quantité de bonne graine. Si on n’en a besoin que pour la fourniture de la maison , six oignons suffisent. Quand ils montent en graine, il est bon de les soutenir avec des échalas debout et des traverses, pour empêcher que les vents n’en brisent les montants avant que la graine soit mûre. Lorsque la tige est sèche et que la graine parait à découvert , celle-ci est mure. Alors on coupe les montants et on les met sécher sur du papier ou sur du linge, puis on les broie dans les mains et l’on vanne, pour nettoyer la graine, que l'on scrr*e ensuite dans un sac et en un lieu sec. 11 ne faut pas attendre que la graine sèche sur pied; c’est assez qu’elle y mûrisse. Cette graine ne dure que deux ans.

On ne doit rien mettre dans la terre où il y a eu des oignons, qu’après l’avoir bien amendée avec du fumier gras, parce que l’oignon use beaucoup la terre, et y laisse une trace dangereuse pour les autres plantes.

Orpin blanc. Vovcz Tripe-madame.

Oseille. Plante vivace, dont on connaît plusieurs variétés : l’oseille ordinaire, qui a la feuille d’un vert luisant, oblongue et pointue; l’oseille ronde, qui l’a presque ronde et d’un vert pale ; l’oseille vierge, qui ne produit pas de graine, quoiqu’elle pousse des tiges comme l’autre : c’est la meilleure.

L’oseille se sème un peu dru , à plein champ ou en rayons, sur planche, ou encore en bordure. Elle demande une terre bien labourée et bien amendée. On peut en semer pendant les mois de mars, avril, mai , juin, juillet, août et même au commencement de septembre, pourvu que le froid ne survienne pas avant qu’elle soit assez forte.

Cette plante se multiplie encore de touffes éclatées ; elle croît plus vite de celte manière que par graine. On plante ces petites touffes au plantoir, sur une planche bien labourée et bien fumée, dans des alignements tirés au cordeau et espacés de 35 centimètres ; ou bien on la plante en bordure.

Toute la culture de l’oseille consiste à la bien sarcler. Après qu'on l'aura coupée bien ras de terre, une ou deux fois l’an, il faudra lui donner un léger labour, et la couvrir d’un peu de terreau : cela lui fera reprendre vigueur ; mais on ne doit pas mettre plus de 2 ou 3 centimètres de terreau, de peur qu’elle ne pourrisse. On la couvre aussi un peu avec de la terre, pendant les mois de chaleur, pour l’en garantir; et, durant les gelées, on la couvre de grand fumier sec ou de grande paille. Une planche d’oseille peut durer cinq ou six ans, après lequel temps on doit la renouveler.

Comme t’oscille dépérit bien vite dès qu’elle a les racines découvertes, il faut avoir soin de les tenir toujours garnies jusqu’au collet : on peut se servir pour cela de la terre des sentiers mêlés avec du terreau.

La graine d’oseille est très-menue, lisse, triangulaire, ovale, ayant les ex-

trérnités pointues et d’une couleur brune trcs-foncéc. On la recueille dan, les mois de juillet et d’août; elle se conserve pendant quatre ou cinq ans.

Oseille-épinard ou patience. C'est une variété de la plante dont la racine est connue depuis longtemps en médecine. Dans certaines contrées de la France, les feuilles en sontemployées en guise d’oseille ou d’épinards; on en fait usage sous le nom d’épinards immortels; on la cultive encore en Angleterre et aux États-Unis; elle est plus précoce que l’oseille, ce qui peut la faire admettre plus volontiers dans la culture ordinaire.

File se multiplie de semis, au printemps, ou par éclats des pieds; elle n’est pas difficile sur la qualité du terrain; mais, dans les petits jardins surtout, on devra être en garde contre la facilité avec laquelle la graine se

répand et multiplie la plante.

Panais. Cette plante, qui est bisannuelle, se sème au mois de mars, en rayons, sur planche ou en bordures.

La graine de panais est plate, d’un rond un peu ovale et comme bordée, cannelée tout du long, et de couleur de paille un peu brune.; elle sc conserve pendant trois ans. 11 faut semer les panais à claire-voie , et toujours en bonne terre bien ameublie. Si cette plante lève trop dru, on l'éclaircit dès le mois de mai, afin que ce qui reste sur la planche soit mjeux nourri cl devienne plus beau. On doit traiter le panais de la même manière que les carottes, pour les faire grossir, cl les mettre dans une serre pour les conserver pendant l'hiver.

On en cultive deux variétés : les blancs et les jaunes.

Pastèque. Voyez Cultures spéciales ( melon d’eau).

Patate. Voyez Cultures spéciales.

Patience. Voyez Oseille-epinard.

Passe-pierre ou criste marine. Plante vivace, fort délicate, qui est employée en fourniture de salade, et qu’on mange confite dans le vinaigre comme les cornichons. Le plein air et le grand froid lui sont tiès-contraires. On la sème sur couche, ou dans un pot ou baquet plein de terreau, au mois de mars ou d’avril. Elle est ordinairement deux mois à lever; et, quand elle est assez forte, on la replante au pied des murs exposés au midi ou au levant, et en bonne terre. On ne la replante quelquefois que la seconde année. Plus on la coupe, plus elle repousse. Ou la multiplie aussi de plant enraciné. La graine est plus longue que ronde, assez grosse, grise, verdâtre et rayée.

Persil ordinaire et persil frisé. Plante bisannuelle, qui se multiplie par la graine, qu’on sème assez dru, au mois de mars ou d avril, et même plus tard ; c’est ordinairement sur planche, en rayons tirés au cordeau et éloignés les uns des autres de quatre doigts. On en sème aussi en bordures. On coupe les feuilles ras de terre, quand on en a besoin, sans que la plante en souffre, parce qu’il en repousse de nouvelles. 11 est bon cependant de ne pas toucher aux pieds que l’on veut conserver pour avoir de grosses racines, car ils pourraient avorter. Il faut avoir soin d’éclaircir le plant, le sarcler quand il en est besoin, et quelquefois le biner. Pendant le grand froid, on le couvre de long fumier sec.

On ne doit pas manquer d’en semer touS les ans. La graine en est petite, très-menue, d’un gris verdâtre, allongée, un peu courbe d’un côté, et toute marquée de petites raies éminentes d’un bout à l’autre. Elle se recueille au mois d’août ou de septembre; pour cela, on laisse monter en graine quelque, bout de planche. On ne doit arracher les pieds que lorsque la graine est

im'irc : il est bon de la laisse» bien sécher avant de la serrer. La graine de persil ne se conserve que pendant deux ans.

Le persil est d’un grand usage, non-seulement par ses feuilles, mais aussi par ses racines, qu'on mange en potage; el'es grossissent toujours en terre, même pendant l'hiver; c’est pourquoi il ne faut ni couper, ni replanter, ni porter à la serre les pieds de persil qu’on veut faire servir en racines.

Persil de Macédoine. Cette plante, qui est assez rustique et qui fait beaucoup de feuillage, se sème sur planche, au printemps, et à claire-voie. Toute sa culture est de la sarcler au besoin, car elle croit aisément, pour peu que la terre soit bonne et meuble, et demande peu d’arrosements : elle résiste très-bien à la sécheresse. On recueille la graine à la tin de l’été; elle est assez grosse, disposée en ovale, et un peu plus renflée d’un côté que de l’autre.

Le persil de Macédoine est une fourniture de salade d’hiver. On le fait blanchir de la même manière que la chicorée sauvage, c’est-à-dire qu’à la fin de l’automne on en coupe toutes les feuilles, et qu’ensuite on couvre la planche où il est de grand fumier sec ou de paillassons, afin que la gelée n’y puisse pénétrer. Far ce moyen, il repousse de nouveau, et les feuilles sont d’un blanc jaunâtre et tendre.

Picridie, terre crépie ou crépole. Plante annuelle du Midi qui se coupe deux ou trois fois l’an et s’emploie en petite salade verte, comme la chicorée sauvage. Semis en rayons, depuis mars jusqu’en automne; à demi-ombre en été, et arrosements fréquents.

Piment annuel, poivre long on poivre de Guinée, riante cultivée comme assaisonnement. Semis sur couche, en février ou mars, ou sur terreau, à la lin d’avril; repiquage en mai, sur plate-bande, au midi, ou en pots enterrés à la même exposition, ou sur couche. Les variétés sont le piment violet, le rond, le gros doux d’Espagne , le piment tomate , etc. ; elles se cultivent toutes de la même manière.

Pimprenellc Plante vivace, employée comme fourniture de salade ,qui se sème au printemps, à plein champ et fort dru. On ne la sème jamais que sur terre, en planche ou en bordure. Elle repousse plusieurs fois après être coupée. La pointe de la pousse est ce qu’il y a de meilleur, les autres feuilles étant trop dures. Elle doit être arrosée dans les chaleurs. Sa graine se recueille comme les autres, à la fin de l’été. Elle est assez grosse, un peu ovale, à quatre côtés, et toute gravée dans l’entre-deux de scs quatre faces; elle dure deux ans. La pimprenellc donne un goût assez agréable au vin, quand on en met dans le verre en buvant 11 y a la grande et la petite pimprenelle, qui ne sont différentes que par la forme des feuilles : celles de la grande sont longues, et celles de la petite sont presque rondes.

Plantain. Voyez Corne-de-cerf.

Poireau ou Porreau. Plante bisannuelle, qui se sème à clairc-voie, au commencement de mars (s’il n’y a plus de gelée à craindre), en terre bien préparée et à plein champ. Quand les plants sont assez forts, ce qui arrive a la fin de mai ou dans le mois de juin , on les arrache proprement et on les replante en planche bien labourée, sur des alignements tirés au cordeau et espacés de 15 centimètres; on y fait des trous d’environ IS centimètres de profondeur, a proportion de la longueur de la lige, et à la distance de 15 a Üü centimètres; on y met les poireaux un à un, après qu’on leur a rogné l’extrémité des racines et des feuilles; on les arrose aussitôt qu’ils sont plantés. Il n’y a plus alors qu’à les serfouir de temps en temps, et les arro-

scr convenablement pendant la sécheresse afin que leur lige giossissa et devienne blanche.

Lorsque les gelées commencent, il faut les couvrir de grand fumier sec, ou bien les replanter en terre, dans la serre, et près à près. Si l’on ne veut pas les mettre dans la serre, il est toujours bon de les enlever de l’endroit où ils sont plantés un peu au large, pour les remettre très-près les uns des autres dans une autre planche, les couvrir de grand fumier sec, et n’en tirer qu’à mesure qu’on en a besoin.

Pour en avoir de la graine, on doiten conserver quelques pieds qu’on aura laissés en place, et qu’on replantera à l’écart. La graine est mûre au mois d’août; elle ressemble à celle des ciboules, et se forme de même dans une grosse capsule blanche et ronde, qui vient en haut d’une tige assez longue.

On en cultive deux variétés, la longue et la courte; cette dernière est beaucoup plus grosse.

Poirée ou Dette. Plante bisannuelle, dont les feuilles se mêlent avec l’oseille, pour en adoucir l’àcreté. On la sème au mois de février ou de mars, à plein champ ou sur couche, pour en avoir de bonne heure à replanter. Quand le plant a six feuilles, on l’arrache de dessus la couche, on lui rogne le pivot, et on le replante sur planches , en terre bien préparée et bien amendée, à la distance d’environ 50 centimètres d’un pied a l’autre, et sur des alignements espacés de la même manière. On ne choisit pour cela que les plus blondes; les vertes ne sont pas si tendres ni si délicates.

Il faut biner, sarcler et arroser suivant le besoin. On peut couper fort souvent la poirée, pendant l’été, parce qu’elle repousse aisément, comme j’oscille et le persil.

La poirée à cardes est une variété particulière, qui compte plusieurs sous-variétés, distinguées par la couleur des côtes, qui est rouge, blanche ou jaune; la plus estimée est la blanche. Il faut les conserver pendant l’hiver, en les couvrant de grand fumier sec. On les découvre au mois de mars, on les laboure et on les soigne comme auparavant, et elles poussent de très-belles cardes pour les mois de mai et de juin.

Pour avoir de la graine, on en laisse monter des plus blanches et des plus larges, sans leur arracher aucune feuille, et on leur attache la tige à quelque perche fichée en terre, de peur que le vent ne la rompe. Deux plantes suffisent pour en fournir. Quand on juge que la graine est mûre, par la couleur jaune qu’elle prend, on la cueille par un beau temps et on la laisse sécher, puis on la froisse avec les mains sur une nappe; on la nettoie et on la fait encore bien sécher, de crainte qu elle ne moisisse, car cette graine est spongieuse. On ne la recueille que la seconde année, au mois d’août ou de septembre; elle ressemble à celle de la betterave, excepté qu’elle est d’une couleur un peu plus terne. Celte graine se conserve cinq ou six ans.

Pois. Plante annuelle, dont on cultive un grand nombre de variétés.

On distingue les pois à écosser, dont on ne mange que le grain, et les pois sans parchemin, mange-tout ou gourmands, dont le grain et la cosse se mangent; les uns cl les autres ont leurs variétés naines, que leur peu de hauteur rend propres a être cultivées sous châssis, et celles à rames, qu'on soutient avec des échulas.

Parmi les pois à écosser nains, on distingue : le nain hâtif, de 40 à fit) centimètres de hauteur, qui prend fleur au deuxième ou au troisième nœud ; le

nain de Hollande, plus petit, de moyenne saison; le nain de Bretagne, do •20 à 25 centimètres, le plus petit de tous; le gros nain sucré, tardif; le nain vert, petit, et le nain vert de Prusse.

Parmi les variétés à rames, nous citerons : le pois michaux de Hollande, délicat, et le plus hâtif; semé fin février ou commencement de mars, il devance le michaux de Paris , qu’on sème fin novembre , au pied des murs au midi ; on cultive, de ce dernier, une sous-variété dite, pois de ituelle; le michaux à œil noir, presque aussi hâtif que les deux précédents; le hâtif à la moelle, plus tardif de huit jours; le dominé; le pois d’Auvergne; celui de Marly, tardif; de Clamait ou carré fin, tardif, réservé pour l’arrièresaison ; carré blanc et à œil noir, encore plus tardif; le sans-pareil ; le pois fève et le pois géant, peu sucrés ; le gros vert normand, tardif, bon en sec, etc.

Les variétés principales des pois sans parchemin, ou mange-tout, sont : le nain sans parchemin et hâtif; le nain sans parchemin, ordinaire; le nain en éventail, de 30 centimètres de haut, tardif; le blanc à grandes cosses, le plus estimé des mange-tout, tardif; on l’appelle aussi cornes de bélier; sans parchemin, à demi-rames, moins tardif que le précédent; à fleurs rouges, très-tardif; le turc ou couronné, très-sucré, et dont les moineaux sont extrêmement friands, etc.

On sème les pois de trois manières : par planches, en faisant plusieurs rayons à chaque planche, suivant l’espèce de pois que l’on y veut semer, par touffe ou bouquet, et à plein champ.

Il faut leur donner une terre assez bonne, et de temps en temps les arroser un peu pour que le fruit soit tendre. Ils demandent aussi à être serfouis, ou binés et rechaussés, quand ils ont quatre doigts de haut; c’est alors que l’on rame les variétés qui en ont besoin. On peut avoir des pois depuis le mois de mai jusqu’au mois d’octobre, si on les sème en différents temps; ils produisent au bout de deux mois et demi. On sème les derniers Vers la fin de juin, pour en avoir encore de bons au commencement de novembre.

Les pois hâtifs, blancs ou verts, sont ceux dont on prend le plus de soin : iis sont d’une médiocre grosseur. On commence à les semer en février, aussitôt après les gelées, qu’ils craignent beaucoup. Ils aiment une terre sablonneuse, et s’ils sont semés sur quelque coteau, ou à l’abri de murs exposés au soleil du midi, cela les avancera beaucoup ; on fait même exprès des à-dos, en élevant la terre en talus. Quelques-uns sèment les pois de primeur sur couche, pour les replanter dans de bonnes expositions; d’autres, après les avoir semés, les couvrent de cloches de verre, de paillassons et de grand fumier pendant les gelées; il y en a même qui les abritent sous des châssis de verre.

Si on sème les pois par rayons, on aura plus de commodité pour les*biner, en passant entre deux rayons, et plus de facilité pour en cueillir les cosses sans endommager la plante. Mais si on veut les semer par touffes, on fera des trous ou pots, avec une petite houe faite exprès, à 35 centimètres les uns des autres, puis on mettra dans chaque trou douze ou quinze semences.

Les pois de la grande espèce veulent être semés, comme nous venons de le dire, en r'ayons, sur planches, quatre rangées à chaque planche, pour avoir la commodité d’y mettre deux rangs de rames, dont chacun servira à appuyer deux rangées de pois. Lorsqu’on rame les pois, ils produisent bien plus que quand on ne les rame pas. Ceux qui sont le mieux exposés sont les meilleurs. Les rames qu’on met aux pois doivent être fortes, et hautes

d’un mètre à un mètre ùO centimètres suivant la hauteur et la forée de ces plantes.

Il ne faut pas établir les planches de pois les unes attenant aux autres, mais laisser une planche entre deux, pour leur donner de l’air, autrement ils s étoufferaient. Dans les planches d’entre-deux, on sèmera quelques racines qui y profileront beaucoup, à cause de la fraîcheur qu'elles recevront par la hauteur des pois.

Les pois cultivés dans les terres sablonneuses sont plus hâtifs, et cuisent mieux que ceux qui sont venus dans les terres fortes.

Pois chiche. Plante annuelle, dont la culture est très-répandue dans les pays méridionaux, où on la sème en automne, pour récolter l’été suivant. Dans nos climats, on sème au printemps pour récolter en automne, un peu avant la maturité, pour que le grain soit moins dur ; le pois chiche est de* digestion difficile, mais fort agréable à manger en purée.

Poivre d' Inde ou de Guinée. Voyez Piment.

Pomme d’amour. Voyez Tomate.

Pomme de terre. Plante tuberculeuse, originaire de l’Amérique : elle fut apportée en Europe au commencement du dix-septième siècle. Les Irlandais furent les premiers qui la cultivèrent; de l’Irlande elle passa en Angleterre, en Flandre, en Hollande et surtout en Bohème cl en Suisse. On la cultive maintenant en France, où elle est aussi répandue que pourrait J être une plante indigène.

Quoique celle plante appartienne plutôt à la grande culture, on peut cependant cultiver dans les jardins les variétés les plus hâtives, comme produits de primeur. Celles qu’on choisit d’ordinaire sont : la naine hâtive, qui mûrit en juin, la truffe d’aoùt, la chave ou shaxv, plus précoce que la précédente, latine hâtive, et, parmi les variétés les plus recherchées pour ia table, la jaune longue de Hollande, la dcscroizille, etc. On plante en mars, dans une terre légère et sablonneuse, médiocrement fumée, en recouvrant d un peu de litière, pour garantir les pousses, en cas de gelées; du reste, on bine, on sarcle et l’on butte comme en grande, culture.

Potiron . Voyez Citrouille.

Pourpier. Plante annuelle. Il y en a de deux sortes, le vert et le doré.

Le pourpier vert est celui qui se sème le premier, parce qu’il craint moins le froid que le doré. On le sème d’abord sur couche, avec des cloches dessus, et dès le mois de février. Outre les cloches, il faut encore le bien (ouvrir avec des paillassons, pour le garantir des frimas qui le feraient périr.

A l’égard du pourpier doré, on ne le sème, sur couche, qu’à la fin du mois d av ril, et en mai, sur planche bien labourée et couverte d’un doigt de terreau. Quand il est un peu grand, on a soin de l’arroser et de le sarcler. Lorsqu’on le sème sur couche, en plein champ, on bat le terrain avec la main ou avec le dos de la pelle; mais quand on le sème en pleine terre, on se contente de herser plusieurs fois légèrement, avec la fourche en fer, pour faire entrer la graine dans la terre.

l.eUe giaine est noire, d un rond aplati et extraordinairement menue; c est pourquoi il faut la semer h* plus clair que l’on peut.

Pour avoir de la graine, on replante des pieds assez forts dans des planches bien préparées, et on les espace de 155 centimètres. Les mois de mai, de juin et de juillet sont propres pour cela. La graine vient dans de pcbtcs capsules qui en contiennent beaucoup. Dès qu’il y en a qui s’ouvrent,

on coupe tous les montants pour les mettre sécher au soleil, sur un linge. Quand la graine^ est bien sèche, on la broie dans les mains et on la nettoie, puis on la met sur quelque autre linge pour la faire sécher parfaitement avant de la serrer. 11 faut prendre garde de ne pas mêler les deux especes. La graine de pourpier se conserve quatre à cinq ans. Les grosses tiges de pourpier replanté pour graine, et qui commencent à fleurir, sont celles que l’on confit dans du vinaigre, pour servir comme les cornichons.

Quatre-épices. Voyez Nigelle.

Radis, rave. Plantes annuelles, dont on cultive un grand nombre île variétés : radis blanc, hâtif; blanc ordinaire, petit rose, saumoné, rose violet, violet hâtif, gris long d’été, petit gris rond, jaune, gros blanc d’Augsbourg, raifort ou gros noir d’hiver, gros violet, également d’hiver ; raves rouge longue, petite hâtive, rose ou saumonée, tortillée, blanche, etc. La plupart de ces variétés, surtout les petits radis ronds, se sèment presque toute l’année, sur couche, pendant l’hiver et au premier printemps, en pleine terre et peu à la fois, dans les autres temps. II leur faut de l’ombre et des arrosements fréquents dans les chaleurs. Plus la terre est tassée et piétinée avant le semis, plus les radis viennent ronds. Le petit gris et le jaune se sèment clair, et principalement en été; le gros blanc, très-clair, depuis mai jusqu’à la fin d'août; il demande beaucoup d’eau; le gros noir et le violet d’hiver se sèment de juin en août; ceux-ci se conservent l’hiver, enterrés dans le sable, en serre, ou bien en rigoles dans la pleine terre, et couverts pendant les gelées. Les petits radis semés fin septembre, replantés en novembre sur ados de terreau, au midi, et couverts durant les gelées, se conservent une partie de l’hiver. La rave hâtive se sème sur couche; la rave rouge longue et les autres se sèment en pleine terre.

II est important d’avoir toujours de la graine des bonnes espèces; c’est-àdire de celles qui donnent peu de feuilles et de belles racines. On en choisit les plus beaux pieds, au mois d’avril, et on les replante tout entiers dans quelque endroit bien préparé, les espaçant de 35 centimètres les uns des autres, et pressant la terre contre les racines ; puis on les arrose, s’il ne pleut pas, et bientôt après ils montent, fleurissent et donnent de la graine qui est trèsbonne à la fin de juillet. Alors on coupe les tiges, on les met sécher quelques jours au soleil, on les bal pour faire sortir la graine des cosses, et on la vanne; elle est ronde, médiocrement grosse et d’un rouge minime. Si les pieds q u i montent a graine allongent trop leurs branches, on peut les pincer a une longueur raisonnable, afin que les premières cosses soient mieux nourries. Les graines durent cinq à six ans.

On appelle rave, dans le midi de la France, une espèce de chou-navet, ou lurneps, qui égale quelquefois la grosseur de la forme d’un chapeau : elle sert pour le potage et pour engraisser les bestiaux. Nous avons classé cette espèce avec les choux. Voyez ce dernier mot.

Raifort ou radis noir. Voyez Radis.

Raifort sauvage. Plante vivace, dont la racine râpée se mange, dans certaines contrées, en guise de moutarde. Multiplication par les racines, en terre humide et ombragée.

Raiponce. Petite herbe bisannuelle, dont les feuilles et la racine servent de salade, en hiver et au printemps. Il y en a deux variétés, l’une glabre, l’autre velue. On n’en cultive guère dans les jardins, parce qu’elle vient sans soins dans les campagnes. Si l’on veut en semer, il faut le faire en juin, sur une terre bien ameublie, et à l’ombre. On recouvre de terreau, et on ar-

rose fréquemment, avec un arrosoir à pomme line. La y raine est fort menue el se conserve trois ans.

Réglisse. Plante vivace, dont la racine est employée pour édulcorer toutes les tisanes rafraîchissantes, et dont on fait un jus noir, excellent pour la toux. Elle se plaît à l’ombre; le sablon gras et noir lui est, très— propice. Elle vient aussi grosse et aussi bonne par toute la France que celle qu’on nous apporte d’Espagne.

Si on veut en mettre dans un jardin, il est essentiel de la placer dans un endroit où elle ne puisse pas nuire, parce qu’elle trace et creuse beaucoup. Cette plante est plus difficile à extirper que le chiendent.

Pour la multiplier, il n’y a qu’à coucher les rejetons à 15 ou 18 centimètres sous terre, sans labourer, ayant soin seulement de biner et de sarcler. Quand on veut récolter la racine, il faut faire un grand trou autour et au-dessous de la plante, pour la tirer promptement sans la tordre; autrement elle noircirait.

Rhubarbe ondulée. Plante reçue en France dans la grande culture (avec deux espèces congénères, la rhubarbe compacte et la rhubarbe palméej pour ses racines, dont la vertu purgative est bien connue. Les côtes de ses feuilles, qui ne partagent pas cette propriété, sont employées en Angleterre en guise de fruits, dans certaines pâtisseries; la rhubarbe-groseille est encore plus estimée comme plante potagère, mais elle est beaucoup plus rare.

La rhubarbe se multiplie de graine, semée après la maturité, en terre légère et profonde ; ou bien de drageons, séparés des racines au printemps, et plantés à un mètre ou un mètre et demi de distance.

Rocambole. Plante vivace, espèce d’ail qu’on appelle aussi ail d’Espagne. Elle se multiplie par la graine, qui est une sorte de petite bulbe, et par la gousse ou bulbe qui est prise en terre. On la cultive comme l’ail.

Romarin. Arbuste qui se multiplie de semence, mais plutôt de bouture et de plants enracinés éclatés de la souche, ou bien de marcottes. Il demande une bonne terre el une exposition chaude ; il prend telle forme qu’on veut lui donner : il n’y a qu’à le conduire. Les grandes gelées lui sont contraires et le font périr.

Roquette. Plante annuelle qu’on mange en salade. Elle se sème au printemps. La feuille est assez semblable à celle des raves. La graine en est très-menue et à peu près comme celle du pourpier; mais la couleur est rougeâtre, ou plutôt d’un minime obscur. Cette graine se conserve trois ou quatre ans.

Rutabaga. Voyez Chou-navet de Suède.

Salsifis. Plante bisannuelle. 11 y en a de deux sortes : les salsifis communs ou blancs, et les salsifis d’Espagne, à écorce noire, autrement dits scorsonères. Celte plante se multiplie par la graine, qui est blanche, menue, oblongue et arrondie; ellcvientau hautde la tige, dans un calice fermé dont la pointe est garnie de barbes, comme le pissenlit, et s’envole de même, si on n’y prend garde en la visitant plusieurs fois le jour; c’est pourquoi, aussitôt que le calice est épanoui, il faut rassembler toutes les barbes, et, les tenant dans les doigts, on arrache la graine, qu'on met à mesure dans quelque pot couvert, de peur qu elle ne s’envole. Celte graine dure deux ans au plus.

On sème le salsifis en deux saisons, au printemps et au mois d’aoùt, en bordures ou en planches, en rayons ou sans rayons, et même en plein champ. 11 suffit qu’on ait soin d’éclaircir le plant quand il est haut de 20 a 25 cen-

i i mètres, afin que les racines grossissent davantage. Il laul l’entretenir bien sarclé. Il passe aisément l’hiver hors de la serre. Le salsifis blanc ne reste en terre que jusqu’à la fin de l’hiver; mais la scorsonère peut y rester jusqu'à la seconde année, et c’est en l’y laissant qu’on en obtient de belles racines. Quoique cette dernière variété dure deux ans, il est bon d’en semer une planche chaque année, pour n’en point manquer.

Le salsifis exige une terre forte, fraîche et profonde, mais bien ameublie par le fumier; il est plus délicat que la scorsonère, qui se contente d’un terrain plus léger et plus sec, pourvu toutefois qu’il ait été bien fumé.

Sarriette. On en cultive deux espèces, l’une vivace et l’autre annuelle. C’est une plante aromatique, dont les feuilles servent en assaisonnement, particulièrement avec les pois et les fèves. La sarriette annuelle ne vient que de graine, qu’on sème tous les ans au printemps, en planches ou en bordures; elle se plaît en terre sèche et en belle exposition. La sarriette vivace se multiplie par graine et par éclat.

Sauge. Plante vivace qui se cultive comme la sarriette. La panachée est plus agréable que la commune, qui est d’un vert blanchâtre. On n’en met guère qu’en bordure. On prend la petite sauge comme le thé.

Scarole. Voyez Chicorée.

Scorsonère. Voyez Salsifis.

Sénevé. Voyez Moutarde.

Souchet comestible ou Amande de terre. Plante à racines garnies de tubercules nombreux, qui servent d’aliment dans le midi de l’Europe et dans quelques départements de la France. On plante par touffes, en mars, a la distance de 35 centimètres, dans une terre légère et humide, trois ou quatre tubercules qu’on a fait auparavant gonfler dans l’eau; on bine, on sarcle et on arrose. En octobre, on récolte les tubercules comme les pommes de terre.

Spilanthe. Vojez Cresson du Para ou du Brésil.

Terre-crépie. Voyez Picridic.

Tétragone. Voyez Épinard du Malabar.

Thym. Arbuste qui aime un terrain sec et une belle exposition. On le multiplie, ou de graine qu’on sème en mars, ou de plant enraciné, en éclatant la touffe en plusieurs brins, qu’on plante aussi en mars, à 8 ou 10 centimètres de distance, avec un plantoir large et pointu, comme on fait pour le buis. On ne met le thym qu’en bordure, et on le replante tous les ans en septembre et octobre, ou bien, on le tond tous les ans ou au moins tous les deux ans. Variétés: à feuilles larges, panaché, citronellc.

Tomate ou Pomme d’amour. Plante annuelle, dont on connaît plusieurs variétés : la tomate eu poire, la tomate grise, la petite jaune, la petite rouge et la grosse rouge, plus généralement cultivée. Semis sur couche et sous châssis; repiquage en pleine terre, au midi, fin d’avril ou commencement de mai, à 60 ou 80 centimètres de distance. On donne un tuteur aux plantes quand elles ont 40 centimètres de hauteur, ou bien on les attache à un treillage ; on les arrête à 60 centimètres environ en pinçant l’extrémité des tiges; on pince également les pousses au-dessous des fleurs. On commence à effeuiller lorsque les fruits sont à moitié grosseur, en retranchant toujours les pousses nouvelles; et enfin, on effeuille complètement à l’arrière-saison, pour faire mûrir le fruit au soleil. Arrosements fréquents en été.

Topinambour. Plante vivace, à tubercules alimentaires qui viennent par nœuds, entre deux terres, et que l’on mange cuits, surtout en hiver. Il ne lui faut pas une grande culture, et il profite extrêmement pourvu qu’il soit en

r»oo

liomio torre. Ou le inul liplie par graine et par plants enracinés; mais il vient mieux de plants que de semence : on le replante en février ou mars. Il porte des Hoirs comme le tournesol, et quantité de graines. Si le potager est petit, on doit le mettre ailleurs, car il trace beaucoup. 11 est bon aussi que les cochons n’en approchent pas, parce qu’ils en sont très-friands. Les tubercules ne s’arrachent qu’au fur et à mesure des besoins; la pomme de terre lui est préférable; le topinambour est mou et fade, quoique ayant quelque rapport pour le goût avec l’artichaut.

Cette plante appartient du reste plutôt à la grande culture qu’à la culture potagère.

Tripe-madame ou trique-rnadame ou orpin blanc. Plante annuelle, employée comme fourniture de salade, et dont on ne se seit qu’au printemps quand elle est tendre. Elle se multiplie de graines et de boutures ou de rejetons. La graine est grise, oblongue, et à peu près semblable à celle du persil. On la sème au printemps, sur un bout de planche; ou bien on en plante des boutures à quelque endroit de la melonnière. Cette plante vient assez aisément.

Trompette d'Allemagne. Voyez Citrouille.

Truffe. On a voulu faire croître à volonté celte plante singulière, à peu près comme on fait pour les champignons, mais jusqu’à présent les essais «tue l’on a faits pour soumettre la truffe à la culture n’ont produit que de faibles résultats.

La graine de truffes paraît êtie détruite par l’action de l’air, au bout d’un quart d’heure, et parcelle du soleil en une minute. Pour les multiplier, il faut les enlever de terre avec soin, les couper par tronçons et les semer avec rapidité, à l’ombre, dans une terre calcaire et ocrcuse, mêlée de terreau, de feuilles de chêne et de charme. La première année, elles sont grosses comme des noisettes et jaunâtres , et ne prospèrent pas beaucoup plus par la suite. 11 parait donc impossible de cultiver les truffes dans un pays où elles ne viennent pas spontanément.

Les truffes sc produisent, d’elles-mémes, dans certaines contrées de la France, principalement dans les terres sablonneuses, sèches, crevassées et couvertes d’arbrisseaux. Celles qui sont récoltées au printemps sont pins tendres que celles d’automne, mais elles sont plus abondantes dans cette dernière saison.

On fouille les truffières depuis le mois d'octobre jusqu’à Ja fin de novembre et quelquefois jusqu’en février et mars ; alors elles sont marbrées; relies qu’on a recueillies en juillet et août sont blanches. On connaît aussi la truffe noire, qui est une variété moins estimée que l’autre.

On dresse des cochons à la fouille des truffes et on les enlève avec une boulette pour ne point les endommager.

Turneps. Voyez Chou-navet de Laponie.

Violettes. Elles servent dans nos potagers, en bordures, surtout les doubles, et on garnit de leurs fleurs le dessus des salades, au printemps. Voyez, pour la culture, jardin d’aguément.

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