‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 98 sur 425 · NÉCESSITÉ D’AVOIR PÉPINIÈRE · texte numérisé non relu

NÉCESSITÉ D’AVOIR PÉPINIÈRE

Les amateurs qui veulent avoir de beaux plants et en quantité, doivent d’abord se créer des pépinières, pour y élever des arbres dont ils puissent garnir leurs jardins, vergers et autres terrains ; car il est à remarquer que les arbres tirés d’une pépinière que l’on a formée réussissent bien mieux que ceux que l’on prend hors de chez soi, parce qu’étant replantés aussitôt qu’on les a arrachés, et se trouvant en même sol et en meme climat, ils reprennent plus facilement; tandis que ceux qu’on apporte de loin se fatiguent toujours par le transport; leurs racines se meurtrissent et se gâtent; la gelée les altère; ils reprennent avec plus de peine, et il en meurt un grand nombre.

bailleurs, c’est un grand avantage, lorsqu’on plante, que d’ètre sûr de la qualité des plants et de l’espèce de leur fruit; on évite par-là le déplaisir qu’ont souvent ceux qui en achètent, d’être obligés d’en replanter de nouveaux, ou de les regreffer quand ils devraient commencer à donner du fruit.

De plus, on ne peut faire de grandes plantations qu’avec beaucoup de dépense, si l’on n’entretient pas chez soi une pépinière abondante. Il est bon même d’en avoir deux, qui se succèdent, et de les renouveler à mesure qu’elles commencent à être sur leur fin. Quand ces pépinières sont un peu amples, il faut encore observer de les faire à plusieurs reprises, et en différentes années, afin qu’on ait du plant de tous les âges.

Un fonds propre à faire toujours des pépinières est inestimable, et d’un produit très-considérable pour celui qui en veut faire spéculation.

Pour former une bonne pépinière, on doit avoir trois choses principales en vue : choisir de bon plant, le planter dans une bonne terre, et le bien cultiver.

On fait des pépinières, ou de semences, ou de plants enracinés.

Pour avoir des pépinières en peu de temps, il faut les planter tout d’un coup, de plants enracinés, et un peu forts s'il se peut : la dépense n’en est pas grande; on gagne les deux années que les graines mettent à lever et à former de pareil plant, et on n’est pas obligé de le relever au bout de deux ans, pour le replanter ailleurs, ou d’avoir la peine de l’éclaircir.

Bien des jardiniers se contentent de planter des pépinières de poiriers et de pommiers sauvages, qu’ils vont chercher dans les bois. On peut s’en procurer de la sorte dans le commerce, si l’on veut.

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