‹ Traité complet de l'hypochondrieChapitre 20 sur 40 · CHAPITRE YII · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII

COMPLICATIONS DE l'hYPOCHONDRIE.

Nous avons décrit l'hypochondrie dans son état de simplicité, et dégagée de toute espèce de complication ; mais elle ne parcourt pas toujours ainsi ses longues périodes. Souvent elle s'associe à quelque autre maladie , et elle se combine avec elle de manière à marcher ensemble. Quoique confondus , leurs phénomènes restent cependant bien distincts , et l'on peut les

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reconDaître toujours et faire à chaque affection la part de ceux qui Ini appartiennent.

Toutes les maladies peuvent compliquer l'hypocliondrie , parce qu'elles peuvent toutes se développer pendant sa longue durée et s'associer à sa marche. Cependant nous ne regarderons pas , comme complications , toutes les maladies qui viennent s'y joindre un instant , alors il n'y aurait pas d'hypochondrie simple. Elle seraittoujours compliquée, au moins d'une maladie, parce qu'il est bien difficile que , pendant sa longue durée , il n'intervienne pas une oujplusieurs affections , ainsi que nous l'avons vu dans l'observation première; mais nous ne regardons point ces maladies intercurrentes comme des complications. Ce sont des maladies qui se développent et qui parcourent leur marche , comme elles le feraient chez toute autre personne , et qui n'ont de commun avec Thypochondrie , qu'une concomitance tout-à-fait fortuite. D'ailleurs quel fruit retirerait-on de la complaisante énumération de toutes les maladies qui peuvent ainsi s'associer avec elle plus ou moins longtemps.

Nous ne devons donner le nom de complications qu'aux maladies qui s'unissent réellement à l'hypochondrie pendant à peu près toute sa durée , qui marchent avec elle en combinant leurs symptômes avec les siens , et qui , en l'influençant , en sont aussi influencées . C'est ainsi que dans les observations XXIIJ, XXIV, XXV et XXVII , nous avons vu rhystérie , la mélancolie et la gastralgie compliquer réellement l'hypochondrie. Nous avons cité ces quatre observations , parce qu'elles sont trois complications de l'hypochondrie avec une autre maladie. Nous n'avons cité que ces trois, parce que ce sont les complications les plus fréquentes , et même si fréquentes , que leur combinaison a souvent été regardée comme ne faisant qu'une maladie. Nous regardons cette manie de généraliser, comme une erreur fâcheuse, parce qu'en confondant ainsi sous la même dénomination des maladies différentes, comme on l'a dit, on embrouille la science, au lieu de la simplilier. Qu'on lise les auteurs qui, avec Sydenham, ont fait de l'hystérie et de rhypochondric une seule et même maladie, qu'on lise ceux qui.

avec quelques anciens et surtout avec Lorry , n'ont vu qu'une seule maladie dans l'hypochondrie , la mélancolie et l'hystérie , et l'on verra , aujourd'hui surtout que l'analyse pathologique est poussée si loin , quelle confusion pénible résulte de ce mélange. Que l'on conipare l'hypochondrie dans son état de simplicité, telle que nous la trouvons dans la plupart de nos observations , avec celles des quatre observations citées , et l'on verra la différence. Qu'on veuille prendre la peine d'analyser ces dernières observations , et l'on verra ressortir les phénomènes propres à chaque maladie, de manière à les distinguer toujours pendant la durée de l'affection.

L'hystérie , la mélancolie et la gastralgie sont les trois maladies avec lesquelles l'hypochondrie se complique le plus souvent et de la manière la plus intime. Elles ne sont pas les seules ; et sans doute la maladie qu'on a appelée manie hypochondriaque n'est qu'une complication des deux maladies, dans laquelle il est toujours facile de faire à chacune la part des phénomènes qui lui appartiennent. Parmi les autres névroses cérébrales, l'épilepsie est celle avec laquelle l'hypochondrie s'est trouvée le plus souvent compliquée." Maisonneuve et Louyer- Villermay en citent des observations.

Les hémorroïdespeuvent exister simultanément avec l'hypochondrie, sans influence de l'une sur l'autre ; mais très-souvent aussi leur association est telle, qu'elles ont une marche commune et qu'elles s'influencent réciproquement , de manière à former une véritable complication, sur laquelle, malgré quelques vérités profondes , Sthal et ses partisans ont eu tort d'insister autant qu'ils l'ont fait.

Quoique nous ne soyions pas disposés à regarder les fièvres et les phlegmasies comme des complications de l'hypochondrie , toutes les fois qu'elles viennent s'associer à elle; cependant il y a des circonstances dans lesquelles la complication est réelle . Ainsi une fièvre nerveuse, une fièvre quarte ou toute autre, et une phlegmasie chronique de l'estomac ou de quelqu'autrc viscère , peuvent non seulement'marcher en même temps que l'hypochondrie, mais combiner leur marche et leurs phénomènes ,

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de manière à n'en faire qu'une maladie dans laquelle tout est commun , dans laquelle tout s'influence. De toutes les complications , les plus fréquentes sont celles de l'appareil digestif, qu'il y ait névrose ou gastro-entérite chronique. L'abus des boissons spiritueuses, des aliments échauffants, ou des remèdes irritants en est la cause ordinaire.

La goutte se combine souvent avec l'hypochondrie. Ordinairement les deux maladies restent isolées et bien indépendantes. Mais dans quelques circonstances , elles se confondent de manière à se prêter une influence mutuelle, et à se montrer toutà-fait dépendantes l'une de l'autre. Ce sont des cas semblables qui ont porté StoU à faire jouer un si grand rôle à l'humeur goutteuse dans l'hypochondrie.

Ce que nous venons de dire de la goutte s'applique entièrement au rhumatisme. On a vu dans quelques circonstances une maladie plus ou moins aiguë venir compliquer momentanément l'hypochondrie et produire un effet avantageux, soit en en diminuant les phénomènes , soit en la guérissant complètement , soit enfin , ce qui est le plus ordinaire , en en suspendant les accidents pendant sa durée , comme cela arriva à Révillon, qui, pendant six mois que dura une fièvre intermittente, ne ressentit aucun symptôme de son hypochondrie, laquelle reparut quinze jours après. On comprend comment , dans ces cas , une modification pathologique nouvelle , imprimée à l'économie et au système nerveux , peut dissiper , diminuer ou suspendre la modification spéciale de l'hypochondrie. On a vu la grossesse produire quelquefois le même effet (Obs. XXV).

Quoique l'hypochondriaque ne soit exempt d'aucune maladie, cependant les auteurs paraissent avoir observé qu'il était moins exposé à contracter les maladies contagieuses et épidémiques. Voici comment Rcil s'exprime à cet égard : Hypochondriaci à niorhis contagiosis et epidemicis rariùs corripiuntur ; nervi ad spasmos efftciendos activi, sensu pro contagio carcnt; si quondam efficiuntur , hypochondria cessât.

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