‹ Traité complet de l'hypochondrieChapitre 22 sur 40 · SIEGE ET NATURE · texte numérisé non relu

SIEGE ET NATURE

L'organe de l'intelligence , le système nerveux cérébral et celui de la vie organique en sont le siège spécial ; le caractère de la maladie est un désordre,beaucoupplusqu'une irritation, dans l'exécution des actes auxquels président les organes de la vie : désordre dans l'imagination , désordre dans les sensations , désordre dans les actes de la

L'organe seul dr l'intelligence en est le siège. Lorsqu'un autre organe est en même temps affecté , c'est une complication , ou il l'est devenu par réaction. C'est une vésanie , par conséquent un trouble spécial dans un ordre des actes de l'intelligence , et inappréciable dans l'état des

L'encéphale en est le siège exclusif. C'est i passion , mais uni' passion malheureuse.

Rarement fâcheux , excepté dans l'bvpochondrie conslilutionnelW et surtout lorsqu ui'ie altération organique vient s'y joindre.

Il faut diriger les moyens thérapeutiques à la fois contre le moral , contre les nerfs malades et contre les organes plus spécialement affectés.

Fâcheux à cause de la durée de la maladie , et (fuelquefois à cause du suicide auquel elle conduit.

Fâcheux si le malade ne peut pa^ entrevoir la possibilité et l'espérance de retourner dans sa patrie ; favorable lorsque cette possibilité lui permet d'en espérer la réalisation.

Ce n'est que sur le moral qu'il faut agir , soit directement , soit le plus souvent indirectement pour les moyens hygiéniques.

Consolations. Promesses de faire revoir les pê nates et surtout retour sous le toit paternel.

Irritation physique ou nerveuse de plusieurs

organes , mais surtout de l'utérus ; suppression

du flux menstruel ; passion vive contrariée ; nou-

y velle brusque et surtout fâcheuse, émotion subite

S el vive.

"■^ I Elle est presque exclusive à la femme.

Crise brusque plus ou moins forte , avec contraction musculaire spasmodique ou convulsivc plus ou moins étendue ; spasmes et sensations analogues à un corps globuleux , qui partirait de différents points de l'abdomen et s'élèverait au larynx , pour y produire une sensation de strangulation ; cessation de la crise pour toujours, ou retour par quelque cause morale ou physique. Au lieu de s'affaiblir, les facultés i niellée luelles semblent prendre plus de développement et une activité qui tient presque de la dèvination.

Invasion brusque et subite ; durée de quelques instants ou de quelques heures de la crise, quelquefois retour des crises pour la cause la plus légère. Tantôt elle disparait complètement, d'autrefois elle laisse un état nerveux très-grand. Elle ne se termine jamais d'une manière fâcheuse , excepté lorsqu'une attaque d'apoplexie vient compliquer une crise.

Le système nerveux cérébral en est seul le siège , et le nerf pneumogastrique est plus spécialement affecté. La maladie consiste dans des spasmes ou contractions con\'ulsives , dans un resserrement violent du larynx, beaucoup plus que dans les douleurs ou viciations des sensations.

Fâcheux seulement lorsqu'une congestion cérébrale ou un èpanchement vient compliquer la maladie.

11 faut éviter les émotions brusques , les nouvelles fâcheuses et les contrariétés , et calmer le système nerveux cérébral.

Plus fréquente chez les femmes. Constitution

à éminemment nerveuse, éducation efféminée, niol-

H lesse trop grande , jouissance abusive des plaisirs

2 àe la vie , abus de ceux de la société , envie d'y

fit I briller et quelquefois déceptions à cet égard ,

2 quelquefois une douleur purement locale ou rausée

^ par une affection pbysi(|ue.

Etat nerveux pathologique extraordinaire, la malade éprouve des douleurs ou des sensations variées dans presque toutes les parties du corps ; la moindre émotion, le moindre mouvement la fatiguent excessivement el réveillent ses souffrances. Toutes les autres fonctions pcuvenls'exécuter avec régularité, on bien être un peu troublées.

Invasion lente et déterminée parTactlon persévérante des causes énervantes. Marche lente aussi, laissant quelquefois des intervalles assez grands de hien-ôtrc , cl se reproduisant bien souvent sans cause connue. Beaucoup influencée par les vicissitudes de l'atmosphère , ne se terminant jamais d'une manière fâcheuse , à moins qu'elle ne dégénère en une autre maladie.

Le système nerveux cérébral en est le siège ex clusif. C'est une moililication de l'éréthisme pai faiblesse ; il y a énervalion , mobilité el suscep tibilité nerveuse bien plus qu'irritation.

Il faut agir sur le système nerveux cérébral ( l'aide des moyens hygiéniques et thérapeutique: convenablement dirigés.

Travaux forcés du cabinel surtout après le re- H pas; chagrins prolongés, passions tristes , abus des kJ plaisirs vénériens, el surtout excès de table , in- 2 1 digestions fréquentes, usage des boissons spiri- H lueuses et excitantes ; elle est souvent cause el ^ souvent effet de l'iiypochondrie.

Sensations pèniblesel souvent douloureuses dans la région épigastrique , quelquefois inappétence , d'autrefois appétit soutenu , en général digestions troublées et s'accompagnantde gaz et d'éructations, une alimentation convenable est ordinairement supportée , cet élat amène la tristesse , et bien souvent rhvpocbondrie.

Invasion plus ou moins lente el préparée par les causes indiquées. Marche irrégulière ou alternative de bien-^lre et de rechute ; guérissant souvent , cependant conduisant quelquefois à la mort, lorsque surtout elle fait naître quelque altération organique dans l'estomac ou dans tout autre vis-

Tout se passe dans l'estomac ; c'est cet organe qui est le siège de la maladie. Ce sont les nerfs vagues ou pneumogiislriques qui sont spécialement affectés. Les autres phénomènes ne sont que sympathiques. Il y a inodiQcation de la sensibilité de cet organe et df ses nerfs ; mais il n'y a ni inflamniati(>n ni alU'ration organique.

Pénible et peu grave par elle-même , la gastralgie devient plus fâcheuse lorsqu'elle donne naissance à quelque altération organique de l'estomac ou à l'hypocbondrie.

C'est dans une diététique , tout à la fois tonique, douce et fortifiante ; c'est dans la distraction, et dans un exercice propre à favoriser la digestion , qu'il faut particulièrement faire consister le Irai-

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Un simple coup d'œil sur ce tableau suffît pour faire voir que si ces maladies ont , sous certains rapports , quelques points de contact et d'analogie , elles ont aussi des caractères distincts bien tranchés , qui ne permettent pas de les confondre. Je sais que pour les faire mieux saisir encore , il aurait fallu entrer dans des détails que ne comporte pas ce travail. Il eût fallu faire ressortir toutes les nuances différentielles de chaque maladie , et surtout les nuances qui séparent les symptômes en apparence semblables : car chaque maladie imprime son cachet à chaque phénomène. Aussi nous aurions vu que la tournure d'esprit de l'hypochondrie et celle de la mélancolie ont chacune une physionomie particulière même dans les points de ressemblance les plus grands. Nous aurions vu combien aussi la mobilité nerveuse , la bizarrerie de sensations de l'hypochondrie diffèrent de celle de la névropathie. Nous aurions poursuivi cette différence jusque dans l'appréciation du mode d'action de chaque agent thérapeutique et hygiénique ; et là encore nous aurions trouvé des motifs pour établir de plus en plus cette distinction , et pour diriger le traitement d'une manière spéciale , tout en puisant ses ressources dans la même classe de moyens. Disons pour en finir , qu'un des caractères principaux de l'hypochondrie est d'exister sans fièvre.

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