XIV AVANT-PROPOS
pour le ramener à son état normal en combattant cette modification pathologique. Aussi l'hygiène et la physiologie thérapeutique en font la base essentielle. La question est immense.
Ce qui ajoute encore à l'étendue de ce travail, c'est la nécessité de démolir avant de reconstruire. Je dis de démolir, puisque au moins quatre opinions bien tranchées se partagent le monde médical. N'eût-on combattu qu'un préjugé, une erreur ou une absurdité sans rien édifier, qu'on aurait encore rendu un grand service; car ce qui n'est que faux, mensonger ou ridicule dans les autres sciences, peut devenir meurtrier dans la nôtre. Il nous faudra donc examiner toutes les opinions, et les soumettre toutes au creuset de l'analyse sévère de la physiologie et de la pathologie. Il faudra s'armer de courage, puisque, dans cette analyse, on sera peut-être obligé de critiquer l'œuvre d'hommes assis sur le banc de ses juges. Il faudra du courage pour mettre la vérité dans tout son jour et ne point la sacrifier à la crainte de s'en faire des ennemis. Je me plais cependant à croire que des hommes placés aussi haut que le sont les membres de l'Académie de médecine, sont au-dessus de ces passions basses et jalouses. Quelquefois aussi une opinion arrêtée peut s'être identifiée avec nous, au point de nous faire trouver mal tout ce qui n'est pas elle. J'ai vu, dans un concours, le juge peut-être le plus intègre, le plus roli.jî'icux et le plus instruit placer le dernier le candidat qui s'était montré supérieur, et cela, parce qu'il avait adopté une doctrine con-