‹ Traité complet de l'hypochondrieChapitre 6 sur 40 · AVANT-PROPOS. XV · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XV

traire à la sienne,, qu'il croyait la seule vraie^ et sans laquelle il ne pensait pas qu'on pût être médecin. Mais revenons.

La médecine ne se nourrit plus de chimères. Elle veut des faits. C'est sur eux qu'elle veut élever son vaste édifice. C'est donc dans leur étude que nous chercherons la solution de la question. De cette manière seulement nous pourrons atteindre le but que s'est proposé l'Académie. Armé des faits, nous pourrons dire : Voilà ce qui est, voilà la vérité. Tous les raisonnements ne pourront rien contre eux ; ils surgiront toujours : Facta potentiora verbis.

En admettant les faits seuls^ comme base ou point de départ de toute science, nous n'excluons point le raisonnement. Nous voulons des faits, mais des faits bien analysés, bien médités, ohservaùones perpendendœ ; car les faits tout seuls ne peuvent pas former une science. Ils en sont les matériaux indispensables; mais il faut un architecte pour les coordonner, pour en construire l'édifice; et cet architecte, c'est le raisonnement. Il y aurait donc erreur égale à ne vouloir que des faits et à ne vouloir que le raisonnement. Car le raisonnement qui ne s'appuie pas sur les faits bâtit, comme on dit, sur le sable, et il sera bien vite renversé par un autre raisonnement, ou infirmé par un simple fait. Pourquoi la doctrine d'Hippocrate survit-elle à toutes les doctrines, qui, en croyant la renverser, n'ont fait que l'obscurcir un moment ? C'est précisément parce qu'elle est appuyée sur l'observation des faits et

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