CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES
« Hic morbus , si rectè calculum pono , chronicorum omnium frcquentlssimè occurrit; . . . fœminarum enim paucissimae ab omni horum affectuum specie prorsùs libéras sunt , si istas excipias quae laboribus assuetœ vitara duré tolérant. » (Sydenham. De affeciione hystericd.)
Parmi les névroses, la plus fréquente de toutes, l'hystérie , est assurément la moins connue.
A ceux qui ont lu l'excellent ouvrage de M. F. Dubois, d'Amiens d), sans se tenir au courant des données qu'apportent les travaux de chaque jour h l'histoire des affections nerveuses, cette proposition pourra paraître exagérée 5 mais si l'on considère que le livre du savant académicien est plutôt une œuvre d'érudition et de critiquequ'une œuvre d'analyse et d'observation, une discussion philosophique propre k combattre une ancienne erreur qu'un traité didactique propre à enseigner toutes les notions nouvelles , on comprendra sans peine que l'Académie royale de médecine ait cru devoir mettre au
(1) Histoire philosophiqtœ dcl'hypochondrie et de Vliystérie. IS37 .
concours un ouvrage complet sur l'hystérie 5 un ouvrage complet, c'est-h-dire, un exposé méthodique de la maladie dans son ensemble, dans ses détails , dans ses variétés, dans ses complications , dans ses causes , dans ses accidents concomitants ou consécutifs, dans son diagnostic différentiel, dans les altérations organiques ou fonctionnelles qui peuvent la produire ou en dériver , etc., etc.
Si le livre de M. Dubois est impuissant a résoudre la majeure partie de ces questions , que dire de celui de Louyer-Villermay , aujourd'hui que l'on ne se contente plus des assertions sans preuves , des hypothèses gratuites et de ces vagues descriptions stéréotypées naguère , pour chaque variété du cadre nosologique.
Il fallait, au reste, que le Traité des vapeurs eût laissé bien peu de traces de son action sur la science, pour que, quinze années a peine après sa publication, la Société royale de médecine de Bordeaux trouvât nécessaire de solliciter par un concours la solution du prétendu problème relatif à l'identité ou aux différences qui existent entre l'hystérie et Vhypochondrie (0.
Enfin, il suffit de parcourir les traités de pathologie les
(1) Cette question a été mise au concours en 1784 par la Société royale de médecine de Paris, dans les ter-mes suivants: « Exposer » quels sont les caractères des maladies nerveuses proprement dites, » telles que l'hystéricisme.l'hypochondriacismc, etc.; jusqu'à quel » point elles diflêrentdes maladies analogues, telles que la mélan- » colie ; quelles sont leurs causes principales , et quelle méthode » l'on doit employer en général dans leur traitement. •
Le prix a été décerné à J. Petersen Michell , d'Amsterdam , et l'accessit à M. Moublet-Gras (Hist. de la Soc. roy. de méd. , années 1784 et 1785).
Ces mémoires couronnés n'ont sans doute pas été publiés, car ils ne se trouvent ni dans les mémoires de la Société royale de médecine, ni dans le journal de Vandermonde.
plus récents , et de tous le plus récent et le plus complet, la Nosographie médicale de M . le professeur Bouillaud , où l'auteur se borne a commenter au chapitre de l'hystérie un article de dictionnaire (i), pour s'assurer qu'une monographie spéciale sur cette affection ne saurait être un travail superflu.
En effet , si les lésions anatomiques du système nerveux n'ont jamais été l'objet de méditations aussi nombreuses et aussi fécondes qu'aujourd'hui , il n'en est pas de même des névroses, que les tendances trop exclusives de la nouvelle ère médicale avaient fait depuis longtemps laisser dans l'oubli.
Peut-être, au milieu de cette voie si sûre ouverte k la médecine organique , n'osait-on se hasarder dans les sentiers inconnus de la médecine immatérielle ; peutêtre , au milieu de ces ruines de systèmes de toute nature qui sont venus tomber depuis trente ans devant l'analyse appuyée sur l'anatomie pathologique et la physiologie expérimentale , n'osait-on interroger ces états si complexes, dans lesquels interviennent en même temps les troubles physiques et moraux , sans altérations que le scalpel ait pu jusqu'alors apprécier.
Et cependant, l'étude des névroses ne forme-t-elle pas le complément de la doctrine du médecin , amené de la physiologie a la psychologie, de la pathologie organique à la pathologie mentale , du malade physique au malade moral ? Et n'est-ce pas le véritable point d'union de la médecine et de la philosophie que l'interprétation de ces maladies a la fois organiques , morales et intellectuelles,
(l) Dictionmire de médecine ei de chirurgie pratiques , article hystérie, par Foyille.
pour lesquelles l'analyse anatomique , les procédés physiques ou chimiques nous fournissent si peu de secours, et où, conséquemment, l'observation , cette loi primordiale de toute science naturelle , devient si difficile et si élevée.
Dans la plupart des affections à siège bien déterminé , en effet , le médecin habitué à rapprocher des lésions d'organes constatées après la mort , les lésions de fonctions constatées pendant la vie , acquiert promptement les données suffisantes k la détermination exacte des signes pathognomoniques.
Aussi n'est-il pas besoin, pourtracer l'histoire complète de la pneumonie, de l'emphysème, de l'endocardite , de la néphrite, etc., d'aller chercher des exemples dans tous les temps et dans tous les lieux.
La , bien plus , les symptômes externes ne suffisant jamais à rendre compte de l'affection interne, et ces affections n'ayant pu être bien connues que depuis des méthodes d'exploration entièrement nouvelles, on chercherait en vain des données exactes dans les auteurs qui ont précédé Andral , Bouillaud , Corvisart , Laennec , Louis, Rayer , etc.
Mais pour une affection dont les principaux caractères sont tous extérieurs , et pouvaient être perçus au temps d'Hippocrate presque aussi bien qu'aujourd'hui; pour une affection dont les variétés sont aussi nombreuses que les idiosyncrasies, et dont l'histoire devait, par conséquent, s'enrichir de siècle en siècle , il fallait nécessairement, sous peine de reproduire une solution connue , sans tous les corollaires importants qui en dérivent , comparer tous les tableaux en général , analyser toutes les physionomies en particulier.
C'est là ce que j'appelle l'observation , dans ce qu'ellea de plus sévère et de plus élevé. Non pas cette observation individuelle qui , jugeant , uniquement sur ce qu'elle a vu, les problèmes les plus ardus . ne tient nul compte du travail d'autrui ; mais cette observation généralisée qui, recueillant dans le présent et dans le passé tous les faits identiques , assure l'examen de chacun des éléments de la question , et rend ainsi la synthèse d'autant plus féconde que l'analyse a été plus complète.
Je me serais donc bien gardé de fonder sur mes seules observations personnelles les bases d'un ouvrage sérieux. Outre qu'il s'agit , je le répète , d'une maladie si variée dans son expression extérieure qu'aucun médecin ne peut en avoir constaté par lui-même toutes les formes, je voyais trop, pour ne pas les éviter, les erreurs où ces méditations exclusives ont entraîné les observateurs les plus éminents.
Quelque indépendant que soil, en effet, l'esprit en matière scientifique , il est difficile de se soustraire entièrement, même dans l'examen pur et simple des faits, a certaines idées préconçues qui vous font, malgré vousmême , tantôt trop insister , tantôt passer trop ra-. pidement sur certains points.
Frappé, d'ailleurs, de l'énorme différence qui existe entre les assertions des observateurs et les résultats fournis par la lecture de leurs observations, j'ai pensé que le seul moyen d'avoir le résumé exact de la science sur l'une des parties les plus complexes et les plus controversées de la pathologie , consistait a réunir et k analyser tous les faits qu'elle comporte.
C'était la, sans contredit, un travail immense sous tous les rapports ; mais il était indispensable pour établir l'état véritable de la question ; et nul doulr
qu'après l'analyse attentive de quatre cents observations recueillies par plus de cent cinquante auteurs , dans tous les temps et dans tous les lieux , on n'ait fait l'inventaire complet des données expérimentales qui pouvaient être réunies sur l'hystérie.
Mais s'il sutTit a un auteur connu de conclure d'après des observations qu'il ne donne pas et qu'il assure seulement avoir méditées , il n'en saurait être ainsi de celui dont le nom , devant rester ignoré pendant toute la durée du concours , ne peut garantir la science ou la bonne foi 5 il doit , selon nous , h ses juges les principaux documents sur lesquels son ouvrage est basé. Aussi avonsnous rassemblé tous ces documents en un volume , sous le nom de partie expérimentale , pour être soumis au jury.
Les répandre maintenant dans le texte , c'eût été interrompre trop souvent la discussion ; les supprimer , c'eût été perdre de précieux matériaux amassés à grand 'peine ; mais comme, d'un autre côté, il n'eût pas fallu moins de quatre volumes pour les publier en entier , j'ai cru devoir déposer a l'Académie royale de médecine le manuscrit qui renferme les faits, et en donner le sommaire seul h la fin de mon ouvrage.
Faisant abstraction complète de l'opinion des auteurs pour ne tenir compte que de l'état des malades , nous avons donc uniquement basé sur l'analyse des différents cas rassemblés depuis Hippocrate jusqu'à nos jours les principes de nos convictions.
Sans contredit, beaucoup de ces observations, anciennes ou nouvelles , manquent de valeur, soit par l'insuffisance des détails, soit par l'absence des autres conditions ; mais est-il besoin de dire que nous avons distingué soigneusement entre les simples faits propres îi
servir seulement de documents statistiques , et les observations rigoureuses dont l'ensemble constitue la science proprement dite , et que jamais , dans la discussion, nous ne nous sommes appesanti sur les premiers ?
Ainsi , ne consultons-nous pas au même titre les récits abrégés dont certains pathologistes composaient leurs centuries et les observations si exactes de Forestus et de Morgagni.
Ainsi , n'avons-nous pas confondu les observations si complètes de Zacutus Lusitanus et de Willis avec celles de Bonetet de Rivière , celles de MM. Cerise et Favrot avec celles de Pomme et de M. H. Girard ; celles de Brodie avec celles de Wilston ; celles de MM. Danceet Duvernoy avec celles de Schmidius et de Diemerbroeck , etc. ,etc.
On comprend facilement quelle différence on doit établir entre des faits réputés du même ordre , quand on voit, d'un côté, douze observations suffire à peine à remplir une page (i) , et d'un autre , douze et même trente pages suffire k peine h une seule observation (2).
Nous nous sommes également bien gardé de croire aux observations d'après leur titre. Combien , en effet, n'avons-nous pas rejeté d'observations intitulées hystérie, et dont tous les symptômes se rapportaient exclusivement à l'éclampsie , à l'épilepsie , à la catalepsie, à la gastralgie, à l'angine de poitrine, etc., etc. ; et comment accepter des faits sur la seule foi des noms, même les plus éminents, quand on voit F. Hoffmann, dontl'autorité est si souvent invoquée par ceux qui ont écrit sur
(I) Rivière, pages b'i3 , b'il, etc.
12) Obs. 89 , 104, 205 , 293 , 225 bis, etc.
les névroses, donner, comme observations d'hypochondrie et d'épilepsie , des observations d'hystérie 5 comme observations d'hystérie, des cas évidents de métrorrhagie et de méningite puerpérale (0.
Cette confiance dans les observateurs et ce défaut de recours aux observations expliquent comment les plus graves erreurs se sont accréditées sur la seule foi d'un nom célèbre. C'est ainsi , par exemple , qu'aujourd'hui encore on trouve dans tous les livres, et en particulier dans Louyer-Yillermay (2) et dans Esquirol , l'hypochondrie donnée comme complication fréquente de l'hystérie , tandis que non-seulement cette complication n'a jamais été constatée , car nous n'avons pu en rencontrer un seul exemple probant dans aucun auteur, mais que l'idée d'une de ces deux affections exclut presque nécessairement l'idée de l'autre.
On comprend par ces quelques mots sur l'ouvrage d'Hoffmann, qui passe encore aujourd'hui pour le meilleur traité sur l'hystérie , on comprend quelle différence énorme il peut y avoir entre des travaux dont les uns ont pour base les idées des observateurs , et les autres l'analyse des observations.
Si le savant secrétaire de l'Académie de médecine ,
(1) Les obs. 10 et 11 du chapitre de malo hyslvrico n'appartiennent en aucune façon à l'hystérie ; le chapitre de epilepsid renferme plusieurs faits qui n'appartiennent en rienà l'épilepsie , tandis qu'où trouve, de malo hypochondriaco et de motibus convulsivis, des observations manifestes d'affection hystérique.
(2) Louyer-Villermay accepte sans critique (p. 103 et 34i;> les observations d'Hoffmann, qui , lui-même, écrivait sous l'influence do Sydenham. M. Voisin les enregistre à son tour d'après Louyer-Villermay ; et MM. Fleury et Monneret (p. 79) répètent après eux que l'hypochondrie est au nombre des complications qui se lient d'une maiiièro étroite à l'hystérie !
M. Dubois d' Amiens , a pris le premier mode plutôt que le deuxième dans son traité de l'hystérie et de l'hypochondrie, cela doit tenir uniquement à ce que cette marche lui était rigoureusement imposée par les termes mêmes du programme de Bordeaux , qui prescrivait d'examiner comparalivement les opinions des auteurs , comme s'il n'eût pas été infiniment plus rationnel de prescrire l'examen des faits. « Opinionum commenta delet dies , naturœ judicia confirmât. »
Sans aucun doute, les idées systématiques des auteurs et les doctrines prédominantes de l'époque se font jour aussi dans les faits, et surtout dans les faits les plus éloignés de nous 5 mais l'histoire reste au milieu des divagations qui l'accompagnent , et dans ces observations, même les plus anciennes , il y a , en somme , bien plus à examiner qu'à rejeter
Dans la partie critique , nous avons combattu , non ce qui l'avait déjà été avant nous , mais seulement les erreurs qui subsistaient encore 5 et selon la devise de Newton : Nullius in verba , nous ne nous sommes jamais laissé arrêter par l'autorité des noms , quand elle tombait évidemment devant l'autorité des faits.
Toutefois , l'Académie ne pouvant vouloir qu'on exposât devant elle les lambeaux déchirés de toutes les anciennes opinions , les ruines éparses de tous les anciens systèmes , je me serais bien gardé d'arrêter a chaque pas la marche du sujet par des discussions qui pourraient être nécessaires dans l'histoire des variations médicales, mais qui entraveraient sans intérêt un exposé didactique.
La science doit être prise , en effet , dans son état actuel , sans que chacun se croie obligé de faire connaître
les solutions déjà connues; et je tiens qu'un point, et surtout un point d'érudition une fois traité avec toute la supériorité qu'il comporte , il est plus simple de renvoyer à l'auteur que de s'exposer à faire moins bien , ou de le copier, ce qui n'est que trop fréquent. Combien de volumes se rétréciraient , combien de livres entiers disparaîtraient, au grand profit de la science et de la probité médicales ? combien de noms anciens seraient restés , qui ont disparu sous une enveloppe nouvelle, si un jury scientifique pouvait faire rendre à Hippocrate ce qui est à Hippocrate , et à Galien ce qui est a Galien ?
Loin de moi , du reste , d'avoir donné dans une exagération contraire, et d'avoir fait table rase des œuvres du passé. « Ta twv ixalaïav avàptùv ofxi'kriaa.i ypafxixocat (0. )) Une monographie sérieuse ne saurait ressembler il un manuel d'examen , et lors même que mes prédilections ne m'eussent souvent entraîné , suivant le conseil de Galien , vers les anciens (2) , j'aurais regardé comme un contre-sens d'offrir k l'Académie un travail exclusivement didactique.
Mais la vraie érudition doit être prise aux sources
(1) Epigraphe de la traduction d'Hippocrate par Liltro.
(2) « II ne faut pas que notre respect et notre admiration pour les anciens aillent , en quelque sorte, jusqu'à l'idolâtrie , et nous empêchent de rendre justice aux modernes. Ainsi donc, sans oublier d'honorer les siècles passés , osons louer aussi le grand siècle où nous vivons . ce véritable âge d'or de la médecine et des autres sciences naturelles. Nous proposer aujourd'hui pour type de la médecine, la médecine hippocratique , c'est absolument comme si l'on nous proposait pour type de la phy.sique et de la chimie, la physique et la chimie d'Epicure, d'Aristote ou de Thalès. L'esprit humain ne marche point ainsi à reculons , et nos hippocratistes modernes sont de vingt siècles en arrière de leur époque 1 • (BoLiu.'vun. Traild de nosogruphie i>ip< dicale, tome premier, page 5.)
mêmes , et non point aux citations anciennes prises dans les modernes , et accommodées h toutes les circonstances. On aurait pu , en se bornant k ce procédé si facile et si souvent employé , trouver dans un seul ouvrage, celui de M. Dubois, de quoi défrayer plusieurs traités sur la surexcitation nerveuse 5 mais on ne recon naîtra cbez nous aucune citation qui se trouve chez d'autres, aucun texte qui ne procède de l'original, et on verra de plus que nous avons fait en sorte d'éviter h ceux qui viendront après nous tous les embarras bibliographiques qui nous ont souvent retardé nous-mêmes et qui naissent du défaut d'indications ou des indications vicieuses.
Il est plusieurs points nouveaux et sur lesquels nous appelons l'attention des praticiens 5 ce sont : l'examen des principaux symptômes, pris chacun en particulier ; l'étude négligée jusqu'alors de plusieurs épi-phénomènes d'une haute gravité , tels que les douleurs locales 5 la paralysie générale ou partielle ; l'interprétation des causes j les complications 5 le diagnostic différentiel 5 la discussion de tous les points relatifs à l'hystérie chez l'homme , et surtout le chapitre des lésions organiques , examinées pendant la vie et après la mort, partie d'autant plus importante, qu'elle a été totalement passée sous silence dans les traités les plus complets et les plus modernes.
Quant au traitement , je n'ai pas besoin de dire que , malgré ses difficultés , ou plutôt en raison même de ses difficultés , il a été de ma part l'objet de la plus sérieuse attention ; tout en sachant qu'on ne peut appliquer en médecine le de minimis curât prœtor , j'ai cru néanmoins comprendre le véritable sens des programmes de
l'Académie , en n'attachant d'importance qu'aux, choses importantes, et en omettant pour le traitement, comme, d'ailleurs , pour les autres parties de ce travail , tous les détails qui se trouvent dans les traités spéciaux
« Ce n'est pas assez de compter les expériences , il les » faut peser et assortir , il les faut avoir digérées et » alambiquées pour en tirer les raisons et les. conduit sions. »
Aucun effort ne nous a coûté pour appliquer dans toute sa rigueur ce précepte de Montaigne , si applicable a toutes les œuvres de la médecine , mais surtout a notre sujet j et si, cette fois, comme dans deux précédents concours , le succès a couronné nos efforts, nous serions injustes de ne pas en rapporter l'honneur à la Société médicale d'observation, où nous avons puisé une philosophie médicale plus sévère que la philosophie scholastique , des méthodes cliniques plus rigoureuses , et ces habitudes d'investigation patiente et d'analyse pathologique qui peuvent seules donner a la médecine le haut degré de précision introduit ' depuis Bacon dans les autres sciences naturelles.