SYNONYMIE. — DÉFINITION. — DIVISION
« Sinuncimponendaessent nomina, non dubito quin plura excogitari possint meliora et cum verô magis congruentia ; sed praestat, opinor, verum posleà animadversum docere, vetera autein et usitata nomina retinere. » (Morgagni.)
L'hystérie est peut-être, après la fièvre typhoïde, l'affection qui a reçu le plus de noms différents , en raison même de l'indécision qui règne parmi les pathologistes sur son siège et sur sa nature intime.
Voici les principales dénominations sous lesquelles on la trouve désignée dans les auteurs.
Chez les Grecs : T(7Z£piiiu>v , TTaôvî varspixa , ttvjI
m £V yaazpi , cnc/.a^j.oç,^ etc.
Chez les Latins : Hysteria , hystralgia , hysteralgia , hysteris , hystericismus , hysterergia medica , affectio hysterica , malum hystericum , malum hysterico-hypochondriacum , clonus hysteria, dyspnœa hysterica,
hyperkinesishysteria, syspasia hysteria, strangulatiohysterica,morbus strangulatorius,mobilitasnervosa,melancholia nervea , nervorum distensio , spasmus , vapores uterini , spasma uteri, asthma uteri, dolor uteri, epilepsia ab utero, melancholia virginum et viduarum , ablatio spirationis ob uterum , ascensus uteri , vulvae straugulatus , prsefocatio uteri , elc , etc.
Chez les Français : Hystérie , hystéricie , hystéricisme , bystéralgie , spasme hystérique , passion hystérique , spasmes , maux de nerfs, attaques de nerfs, vapeurs , l'amarry , asthme des femmes, mélancolie des vierges et des veuves , suffocation utérine , suffocation de matrice , épilepsie utérine , étranglement utérin , vapeurs utérines , névrose utérine, métro-nervie, névrose métrique , métralgie, ovairalgieCO, utéro-céphalie, encéphalie-spasmodique , etc, etc.
Chez les Anglais : Splenn and vapours, hystéries vapours, hysterick passion , fits of the mother, rising of Ihe mother , hystérie fits , etc.
Chez les Italiens : Isterismo , maldi matrice, etc. (2).
Chez les Espagnols : Hysterico , mal de madré, etc.
Chez les Danois : Modersyge, dampesyge, moderdampe , etc.
(1) M. le professeur Piorry {Traité de diagnostic), classant l'hystérie parmi les poly-névralgies progressives , lui donne les noms de mdtralgie tt d'ovairalgie chczlsi femme, et de didymalgie , orchialgie chez l'homme. Nous aurons plus loin occasion de revenir sur ces distinctions, et particulièrement sur l'hystérie chez l'homme.
(2) DuDOis, d'Amiens, loc. cit., p. 13 ; Compendium de mé' decinc pratique, tome v, p. C8.
Chez les Hollandais : Mœder , mœderziekte , mœderpynftn,etc.
Chez les Suédois : Modersjuka, raoderplûgor, etc.
Chez les Allemands : Hysterisches uebel , die hystérie , mutler , aufseigen der mutter , mutterkrankheit , muttervveh, mutterbeschwerden, rauterkrampfe,etc. (0.
De cette nombreuse synonymie nous conservons le terme le plus ancien et le plus généralement adopté (2);
(1) Dubois, d'Amiens, loc. cit. , p. 13; Compendium de méd. pro<. , tome V, p. 68.
(2) Dans son Traité de nosographie médicale que je reçois à l'instant, M. le professeur Bouillaud conserve à l'hystérie son nom primitif, et la range dans la Première Classe de maladies, — fièvres et inflammations oupyrexies ; Ordre deuxième , — Irritations proprement dites ou névroses actives ; Chapitre ii , — Névroses actives ou iri'itations du système nerveux cérébro-spinal ;S]iCTioîi deuxième, — Groupe des irritations du bulbe rachidien , du mésocépfiàle , des tubercules quadrijumeaux et du cervelet.
Il ne manquera sans doute pas de critiques qui attaqueront cette classification en particulier , et qui se refuseront à ranger dans la classe des pyrexies une affection essentiellement apyrétiqxie. Pour nous, qui ne voyons là qu'une faute de détail que l'auteur eût facilement évitée, s'il eût partagé en deux sa première classe de maladies, nous applaudissons sans réserve aux efforts tentés par M. Bouillaud, pour faire rentrer dans un ordre systématique des affections jusqu'ici séparées de tous les types auxquels on peut rattacher les groupes analogues. Au milieu des imperfections que l'auteur signale luimême dans sa classification nosographiquc, il y a , en définitive , un immensepasde fait, et ceux-là seuls demanderont davantage qui ne savent pas se contenter du possible.
Le mot irritation , applique par le professeur Bouillaud à l'hystérie comme à plusieurs autres névroses , lui attirera aussi, nous n'en doutons pas, plus d'un reproche ; mais pour quiconque aura médité, avec l'attention qu'ils méritent, les développements donnés tome m,
p. /»02 et suivantes , on sera convaincu que , jusqu'à ce qu'on ait découvert dans le tissu nerveux toutes les altérations correspondantes
d'une part, à cause de son ancienneté même et de sa vulgarité; d'une autre part, parce que préjugeant, dans son acception étymologique, l'origine des accidents, il exprime en très-grande partie l'idée que l'observation raisonnée nous donnera, dans les chapitres suivants, de la nature de la maladie.
Pour nous , en effet , comme pour la plupart des pathologistes anciens et modernes , l'hystérie consiste en une névrose de l'appareil générateur de la femme , revenant par accès apyrétiques , et offrant pour symptômes principaux un sentiment pénible de strangulation , la sensation d'une boule qui remonte de l'hypogastre ou de l'épigastre à la gorge , et , souvent , des convulsions accompagnées ou non de troubles sensoriaux ou intellectuels (0.
La discussion de cette définition, ou plutôt de cette description sommaire , nous entrahierait trop loin ; elle ressortira des différentes parties de ce travail.
aux troubles fonctionnels dont il est l'origine, il sera difficile de remplacer par d'autres, les mots irritation, surexcitation , hypernewie, etc., auxquels on est réduit aujourd'hui.
(l) « Quidam putant non posseunara delinitioncm huic affectui dari ob varietatem symptomatura , nam interdùm lœditur respiratio , interdùm adest syncope , vertigo , delirium, convulsio, sensùs molùsque lœsio ; undè malè quidam dicunt esse convulsionem , cùm plurimae hystericae miuimè convellanlur. Verumtamen diximus hysterici nomen sumi posse generaliter pro omnibus affectibus quibus utérus dat originem , indè enim varia in variis partibus pullulant symptomata, quibus sanè unica definitio convenire nequit : at specialiter hoc symptomata complectitur quod k-voikv Galenus vocat, nos suffocationem. Quod si plura interdùm symptomata simul ab càdem causâ proficiscuntur , corumquc adest complicatio , nou sequilur tamen non posse dari unius unam dcfinitionem. » Primerose, De sujyochys. lib. !U, p. 195.
Nous n'avons pas d'ailleurs prétendu faire une chose impossible , c'est-a-dire, une définition d'une rigueuf inattaquable , et nous nous bornons à croire que celleci indique suffisamment les caractères essentiels de l'hystérie et qu'elle ne peut s'appliquer qu'à elle (iv