‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 103 sur 127 · CRAYONS · texte numérisé non relu

CRAYONS

On emploie encore les crayons des fabricans dont les noms suivent : Middelton, Jacob Levi , Lazard, Lorry, etc. La meilleure mine de plombagine est celle de Borrowdale, en Angleterre; il suffit de scier ce percarbure de fer ou cette graphite pour en obtenir des crayons excellons. Conté est parvenu à triompher de l'état granuleux de la plombagine de France, et ses crayons sont ' aussi fort estimés.

Les crayons noirs artificiels sont très-usités , et ceux de Conté sont presque les seuls qu'on emploie aujourd'hui. Il y en a de ronds, de ronds vernissés; il y en a de carrés. Ceux qui sont ronds sont numérotés. Le n° 1 est le plus dur , puis le n° 2 , et enfin le n"* 5 qui est le plus mou de tous. Il y en a aussi des noirs vernis qui sont uniquement de l'espèce dure. Quant aux crayons noirs veloutés, ils sont très-tendres , et on les écrase sur un papier à part pour fournir des teintes à l'estompe. M. Humblot, gendre de M. Conté, lui a succédé et a imaginé des perfectionnemens industriels dans cette fabrication. Le brevet d'invention qui donnait à M. Conté le droit d'exercer seul cette industrie est expiré depuis long-tems, et les procédés qu'il emploie sont connus et appartiennent au public aujourd'hui. En Hollande , en France on a contrefait ces crayons , ainsi que ceux de Brookmann.

Plusieurs personnes, et entr'autres le général Lomet, ont fait encore des crayons de divers couleurs, et qui diffèrent du pastel en ce qu'ils sont solides et sont con-tenus dans du bois comme le crayon de plombagine.

Les crayons de charbon se font surtout avec des branches de fusain , arbrisseau appelé aussi bonnet de prêtre.

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On met ces baguettes dans un canon de fer bouché aus deux extrémités , et on le place sur le feu. Les traits du fusain s'enlèvent ou s'effacent aisément au moyen d'un morceau de peau plucheuse.

On dessine encore sur des ardoises en traçant avec un crayon d'ardoise très-tendre. Les traits qui en résultent s'effacent très-aisément avec le bout du doigt; on en trouve de fort grandes qui sont employées pour les démonstrations graphiques dans les écoles.

Très-souvent on fait usage du crayon de craie pour tracer sur une toile ou sur un panneau noir. Les peintres surtout tracent à la craie avant de peindre, ou tracent ainsi les corrections de leur tableau. Pour faire ces panneaux noirs, il faut employer le bois de chêne. On le noircit avec du noir de fumée dissous à chaud dans la colle de Flandre. On entretient ce noir en frottant de tems en tems le tableau avec le dépôt qui se fait dans les bouteilles d'encre, ou avec de l'encre réduite et épaissie par l'ébulUtioa , puis on frotte et on lustre par le frottement ces panneaux.

Il y a un choix à faire dans les crayons de craie , qui souvent sont pierreux. Lorsqu'ils sont trop tendres on les durcit facilement au feu en les y exposant sur une pelle.

On fait de bons crayons blancs en prenant quelques morceaux de figure de plâtre, ou à leur défaut en gâchant à l'eau du plâtre vierge qu'on laissera sécher; broyez-le ensuite très-finement sur une glace; ajoutez-y une quatrième partie de terre de pipe également broyée et incorporée au plâtre; laissez un peu sécher la pâte pour lui donner une consistance maniable , ou , bien encore , posez-la sur un morceau de craie qui en boira l'eau ; for-

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mez-en vos crayons en les roulant sur la glace avec la main; lorsqu'ils seront presque secs, roulez-les encore pour les affermir davantage, et laissez-les sécher à fond avant de vous en servir.

Tous les crayons se taillent en présentant la lame du canif à la pointe du crayon soutenu sur l'index, et en commençant par aiguiser cette extrémité , la lame étant dirigée vers le milieu du crayon. On construit avec du papier plié une petite caisse, au-dessus de laquelle se fait celte opération ; par ce moyen les miettes du crayon ne salissent rien. On vient d'inventer une râpe mécanique à cylindre, qui , tournée par une manivelle , use et aiguise à volonté le crayon.

Les dessinateurs emploient aussi la plume pour tracer à l'encre : la plume de corbeau est celle dont on se sert le plus ordinairement; on fait aussi usage volontiers de la plume de canard. Pour les préparer , on passe rapidement leurs tuyaux dans le sable chaud; on ôte avec un couteau la première graisse, puis on les repasse six ou sept fois dans ce sable.

Quant à la résine élastique propre à enlever les traits du crayon de mine de plomb , nous dirons que cette résine , appelée improprement gomme élastique, se nomme caout-chouc, et qu'elle est une substance insipide, blanche et inodore à l'état de pureté , possédant une grande ténacité, fusible à une chaleur modérée, et brûlant en répandant une odeur fétide. Le caout-chouc est insoluble dans l'eau et dans l'alcool , mais non dans l'éther et les huiles volatiles; il est extrait par incision de Vlieveacaout-chouc et de quelques autres arbres, d'où il découle sous la forme d'un suc laiteux : on l'emploie dans les arts

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pour la composition de plusieurs vernis et pour la confection de différons instrumens élastiques.

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