‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 114 sur 127 · DES PALETTES · texte numérisé non relu

DES PALETTES

ijE bois le plus usité pour les palettes est le bois de noyer^ parce qu'il est léger et d'une couleur assez favorable à la comparaison des teintes. Les bois rougeâtres, tels que le poirier , peuvent influer sur ces comparaisons et affecter trop la vue.

La partie du noyer qui avoisine la racine est préférable pour les palettes , afin qu'elles ne soient pas noueuses et qu'elles ne voilent pas. La palette doit être bien dressée et très-polie à l'aide de la poudre de pierre-ponce employée sans huile d'olive , puis à l'aide du tripoli choisi, il faut faire ce polissage sur une table bien plane et polie elle-même , ou sur un marbre.

Une opération très-importante c'est l'imbibition et la vernissure de la palette. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire de la saturer d'huile, ainsi qu'on le fait ordinairement, car le séjour de l'huile dans l'épaisseur de la palette ne peut être favorable qu'autant que ces couches successives, absorbées par le bois de la palette, se sèchent et durcissent successivement. Or la manière dont on procède ordinairement d'après les livres n'est point propre au but qu'on doit se proposer. Ce but, c'est de boucher les pores à l'aide d'une matière concrète qui , dans l'état liquide , a pénétré jusqu'au centre de la planchette; or l'huile cuite reste trop long-tems molle et ne favorise pas ce

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