‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 116 sur 127 · DES PINCEAUX · texte numérisé non relu

DES PINCEAUX

ViHÀQUE procédé de peinture demande des pinceaux particuliers; aussi leurs espèces sont-elles très-variées. L'espèce de poil , la forme du pinceau , et par conséquent la manière de le disposer, de le lier, etc., diffèrent donc.

Il nous a semblé inutile de réunir ici les indications relatives à la fabrication des pinceaux; car bien que beaucoup d'artisans s'occupent de cette fabrication , il n'y en a qu'un petit nombre qui y réussissent. Or comment les peintres , sans une dextérité particulière, réussiraient-ils à faire d'excellens pinceaux, et s'ils possèdent cette dextérité particulière, à quoi leur serviraient nos indications? Ainsi nous nous contenterons ici de quelques observations.

Les Italiens n'ont que le mot penetto pour signifier les pinceaux de soies de porc et ceux de poil de martre , de putois , etc. Les Français emploient les deux mots brosse et pinceau. Ne serait-il pas mieux de caractériser ces distinctions nécessaires au mot pinceau, en ajoutant un autre mot, et en disant, par exemple, pinceau de putois, de martre , de soies de porc, de poils de chèvre, etc. (Voyez le Dictionnaire au mot Brosse.)

Le manche des pinceaux de soies de porc est toujours en bois , les poils de pinceaux de martre, de putois, etc. , sont contenus dans un tube en plume. Pour les gros pinceaux on se sert de la plume de cigne , pour les moyens,

(le plumes d'oie, et pour les petits, de plumes d'alouette. On fait tremper dans Teau tiède ces tubes avant d'y enfiler l'assemblage des poils. Quelquefois on lie et on étrangle en deux places ce tube même, et dans ce cas on emploie un fd de laiton , etc.

La marlre, le petit-gris, le puloi§ de Munich, et, selon Théophile, le poil d'âne, le poil de chien et tant d'autres sont employés pour les pinceaux doux. Celui du blaireau est surtout employé pour parfondre, pour repasser et donner une fusion superficielle aux couleurs; aussi sa forme est-elle rondeetplate. Celui duputois de Munich est ferme et fin tout à la fois. Les Chinois emploient beaucoup le poil de chèvre; ils se servent pour hampe de morceaux de roseau : on a fait usage aussi du poil de chameau , etc. Nous avons déjà donné quelques indications relatives à l'emploi des pinceaux, à la page 47^ de ce même volume.

Lorsqu'un pinceau neuf est très-sec, souvent les poils s'en détachent. Dans ce cas , on le trempe quelque tems dans l'eau ayant de s'en servir. Par ce moyen, I^e bois se renfle, la ficelle se resserre, et il ne s'échappe plus, même lorsque cette humidité est évaporée , les poils se trouvant serrés par le gluten de l'huile ou tout autre, etc.

Il faut beaucoup de précautions pour bien nettoyer les pinceaux appelés brosses , et ne pas les user. Les frottemens fréquens sur le pincelier ou godet qui , à cet effet, est chargé d'une traverse, finissent par les détériorer et par en arracher les poils , surtout si on agit avec force pour enlever de dessus ce pinceau des couleurs déjà devenues visqueuses.

L'huile volatile employée seule pour le nettoiement fait recoquiller les pointes fines des pinceaux. Lorsque le

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