‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 119 sur 127 · PLASTIQUE · texte numérisé non relu

PLASTIQUE

réflexion , sans Texpérience , aurait dû faire pressentir : c'est la réduction inégale de la hauteur du modèle , com- ^)arée à celle de sa largeur. Tout corps humide, dont les parties ne sont pas contenues sur leur hauteur par des membranes solides , comme le bois , par exemple , se pose et s'affaise sur lui-même. Ainsi une figure d'argille , en proportion de sa hauteur et du poids de la terre, est sujette à cet inconvénient dont il fallait parler, puisqu'il engage le sculpteur à des précautions particulières , celles , par exemple, de commencer la figure plus longue qu'il ne faut , ou d'en tenir la plinthe assez épaisse pour y retrouver la longueur nécessaire , quand il aura aperçu que sa figure est devenue trop courte. »

Cet inconvénient, ainsi que beaucoup d'autres , parmi lesquels il faut compter l'assujettissement où l'on est de surveiller l'humidité des figures en terre, détermine beaucoup d'artistes dans la préférence pour la cire préparée à cet effet. La cire plastique reste effectivement toujours ductile et à la disposition de l'artiste, qui veut la soumettre à des corrections , et môme à de grands changemens.

On a imaginé , depuis quelque tems, de construire des espèces de petits squelettes mobiles en cuivre , que l'on recouvre de cire; par ce moyen ingénieux, on peut faire jouer à volonté ses figures , et en modeler les formes selon un mouvement déterminé.

Voici une composition assez bonne pour obtenir une cire-plastique , qui ne soit ni trop molle ni trop dure : Cire jaune, 1 livrer poix de Bretagne, 4 onces; saindoux, 2 onces; essence de térébenthine , 1 once. On met toutes ces drogues dans un vase avec un peu d'eau , et on les fait bouilhr en écumant toujours les vilainies qui

s'en échappent : chacun pourra aisément donner à celle composition soit plus de mollesse, soit plus de dureté.

J'ai souvent introduit avec succès dans la cire dft jaune de chromie; cette couleur donne de Téclat et du mat à la cire , et on juge mieux les formes et l'efFet : on hroie ce jaune dans le sain-doux avant de le mêler dans la composition.

Si l'on veut changer le mouvement d'une marquette en cire, il faut la faire tremper un quart-d'heure dans de l'eau tiède entretenue au même degré de chaleur; par ce moyen toute la masse devient souple , sans être trop molle à sa surface.

Un moyen assez commode encore pour avoir des marquettes qui peuvent durer quelques semaines seulement sans se sécher , c'est de mélanger la terre à modeler dans du savon noir ajouté en quantité convenable : de semblables marquettes restent long-tems molles , et ne sont altérables que par l'humidité qu'elles absorbent à la fm et qui finit par les décomposer; mais jusque-là elles ont l'avantage de se conserver molles sans qu'on en entretienne l'humidité.

Du moulage sur nature.

Le peintre doit, sans contredit, tirer avantage de l'art de reproduire par des moules les beaux originaux qu'il rencontre dans la nature ou dans les productions de la sculpture. S'il aperçoit une main , un pied , tels qu'il en a besoin , soit quant à l'action, soit quant à la forme sur un individu modèle qui consent à se prêter au moulage, il doit profiter de cette occasion et se procurer ainsi

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